Les journalistes libérées par Bill Clinton de retour

Par F.A., le 05 août 2009 à 16h36 , mis à jour le 05 août 2009 à 20h46

Accompagnées de l'ex-président américain, qui a obtenu leur libération auprès de Kim Jong-il, le leader nord-coréen, Laura Ling et Euna Lee ont retrouvé leur famille en Californie.

journalistes américaines corée du nord retour clintonLes deux journalistes américaines libérées par la Corée du Nord, à leur retour en Californie, avec Bill Clinton (g) et Al Gore (d) © Reuters

Cela ressemblait à un retour au pays d'anciens otages. Pourtant, Laura Ling et Euna Lee, les deux journalistes américaines de la chaîne Current TV, fondée par l'ancien vice-président Al Gore, n'étaient officiellement "que" des prisonnières de droit commun en Corée du Nord. Après une escale au Japon, l'avion privé transportant les deux femmes et l'ancien président a donc atterri mercredi matin, heure locale, sur l'aéroport de Burbank, en Californie. Les deux femmes, en très bonne santé, ont alors été accueillies par leur famille, sous les yeux d'environ 200 journalistes. Bill Clinton est quant à lui descendu de l'appareil quelques secondes plus tard, où il a notamment retrouvé Al Gore.
 
En s'adressant à la presse, Laura Ling a exprimé sa "plus profonde gratitude au président Clinton et son équipe 'super cool'", remerciant également Barack Obama, Hillary Clinton et Al Gore. "Quand nous avons passé la porte et que nous avons vu le président Bill Clinton devant nous, nous avons eu un choc mais nous avons su alors à l'instant que le cauchemar de notre vie touchait à sa fin", a-t-elle ajouté. De son côté, Barack Obama, qui s'est dit "soulagé",  a salué  le "travail extraordinaire" effectué par son prédécesseur, et accessoirement mari d'Hillary Clinton, sa ministre des Affaires étrangères.

Découvrez les images du retour des deux femmes ci-dessous :


 
Mission privée
 
Laura Ling et Euna Lee avaient été condamnées à douze ans de travaux forcés pour avoir, selon Pyongyang, pénétré illégalement en Corée du Nord le 17 mars dernier au cours d'un reportage à la frontière chinoise. Après six mois de prison et de tensions avec les Etats-Unis, elles ont donc été graciées mardi par Kim Jong-il, le dictateur nord-coréen, à l'occasion de la visite de Bill Clinton. Officiellement, l'ancien président s'était rendu sur place à titre privé, sans être mandaté expressément par la Maison-Blanche. Les piteuses relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, au plus bas en raison du dossier nucléaire, empêchaient en effet de donner tout caractère formel et diplomatique à l'initiative.
 
La Maison-Blanche a d'ailleurs démenti la version nord-coréenne des conditions de la libération. Selon l'agence officielle KCNA, Kim Jong-il a en effet accordé sa grâce aux deux journalistes après les excuses présentées par Bill Clinton pour leur comportement. Une version démentie par un responsable américain qui a assuré qu'aucune excuse n'avait été présentée. Toujours selon KCNA, une fois la grâce annoncée, Bill Clinton a transmis au leader nord-coréen "un message verbal de Barack Obama exprimant sa profonde gratitude pour cette mesure et évoquant les moyens d'améliorer les relations entre les deux pays". Un point également immédiatement démenti par Washington, qui a une nouvelle fois insisté sur le caractère privé de la mission -ce que personne ne croit outre-Atlantique puisque plusieurs personnes de l'administration Obama en ont d'ailleurs raconté, sous le couvert de l'anonymat, les préparatifs. Robert Gibbs, le porte-parole de la présidence, précise simplement que Bill Clinton relatera les détails de son voyage au Conseil de sécurité national.
 
Rien à voir avec le nucléaire ?
 
Face aux questions posées par la presse américaine sur un éventuel "donnant-donnant", Hillary Clinton assure aussi qu'aucune promesse n'a été faite à Pyongyang pour le "récompenser" de ce geste. Selon elle, la mission de son mari n'avait ainsi aucun lien avec le contentieux nucléaire. "Nous avons toujours estimé qu'il s'agissait d'une question totalement distincte des efforts que nous déployons pour faire revenir les Nord-Coréens à la table des négociations à six en vue d'une dénucléarisation totale et vérifiable de la péninsule. L'avenir de nos relations avec la Corée du Nord dépend vraiment de Pyongyang. Le choix leur appartient", explique-t-elle. Barack Obama a été plus ferme : "La Corée du Nord doit cesser son comportement provocateur", a-t-il prévenu.

Par F.A. le 05 août 2009 à 16:36
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5 Commentaires

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  • Vera, le 06/08/2009 à 07h25

    Quelles concessions ont ete faite par les US pour que ces deux femmes, entrees illegalement en Coree du Nord, puissent eviter la prison. Qu'arrive t'il a un Coreen du Nord qui entre illegalement aux US?

  • Didou54, le 05/08/2009 à 19h21

    Bravo et toutes mes félicitations,pour cette grande solidarité partager..!

  • Terresdusud, le 05/08/2009 à 18h22

    Réponse à Sylvain: encore de l'anti-sarkozysme primaire. Si Clinton avait été un ancien Président non pas américain mais français, crois tu qu'il aurait réussi à les liberer? Ce qui est en question, ce n'est pas le poids de Sarkozy ou de Clinton, mais le poids de la France et des Etats-Unis. Vouloir systématiquement critiquer Sarkozy empèche de prendre de la hauteur et de réfléchir.

  • Juju, le 05/08/2009 à 18h20

    J'aimerai bien entendre les commentaires des republicains ou de la bande a Bush!!Mais vu la position du regime de Pyongyang ces temps-ci...c'etait dans son interet de liberer ces pauvres jeunes femmes, Clinton a cepandant assurer et elles peuvent maintenant ratrapper le temps perdu avec leur famille et se reposer.

  • Sylvain, le 05/08/2009 à 17h15

    Il a plus de poids Clinton comme ancien Président que le notre en fonction !. Et la Corée du Nord n'a rien avoir avec le Mexique.

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