Barack Obama, le 9 septembre 2009, lors de son discours au Congrès sur la Santé © ReutersDéterminé et le regard grave, Barack Obama a défendu mercredi au Congrès sa réforme du système de santé proche du "point de rupture", et dénoncé les mensonges de ceux qui s'opposent à son projet dans l'espoir d'infliger à sa jeune présidence un échec aux séquelles durables.
Obama tient enfin sa réforme historique de la Santé
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Le Sénat accepte de se pencher sur la Santé d'Obama
Après une bataille acharnée entre républicains et démocrates, le Sénat a voté pour l'ouverture d'un débat sur le projet de réforme historique du système de santé.
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Mettant en jeu son capital politique pour faire adopter cette réforme qui est aujourd'hui sa grande priorité intérieure mais dont le piétinement commence à affecter la présidence, Barack Obama a affirmé l'urgence et l'impératif "moral" d'agir, dramatisant les conséquences du statu quo et fustigeant "le spectacle partisan" offert par ses adversaires républicains. "Le temps des chamailleries est révolu. Le temps des petits jeux est terminé. Le moment est venu d'agir", a-t-il dit, décrivant un système caractérisé par les abus des assureurs, plus cher mais aussi plus impitoyable pour les particuliers que dans aucune autre démocratie développée.
"Vous mentez"
Illustrant les passions suscitées par le débat, Barack Obama, qui a eu droit à une trentaine d'ovations debout, essentiellement de la part de ses amis démocrates, a aussi entendu le représentant républicain Joe Wilson lui crier : "Vous mentez", quand il a assuré que la réforme ne financerait pas la couverture médicale des immigrés clandestins.
En baisse dans les sondages, Barack Obama entend réussir là où ses prédécesseurs ont failli: donner une couverture médicale aux quelque 46 millions d'Américains qui en sont dépourvus, tout en réduisant des déficits records. Il compte faire adopter la réforme d'ici fin 2009, conscient que 2010, année d'élections parlementaires, ne se prête pas à un tel dessein. Depuis des semaines, le Congrès se divise au point de laisser entrevoir un fiasco qu'a déjà subi Bill Clinton. Un tel échec constituerait une hypothèque considérable pour un président qui entend mener un ambitieux programme de "reconstruction" de l'Amérique. Barack Obama s'est longuement employé à démonter les "déclarations bidons" et les "manœuvres d'épouvante" des républicains et à préciser comme jamais auparavant à quoi devait ressembler le projet.
900 milliards de dollars
La réforme mettrait en place des commissions qui décideraient s'il faut ou non continuer à soigner ou laisser mourir certains patients ? "C'est un mensonge pur et simple !", a-t-il tranché. L'argent fédéral ne servirait pas non plus à financer les avortements. La nouvelle loi imposerait aux Américains, sauf rares exceptions, d'avoir une couverture maladie, elle interdirait aux assureurs de refuser une telle couverture à cause d'antécédents médicaux, a-t-il dit. Les républicains s'alarment du coût de la réforme. Ils s'inquiètent aussi d'une socialisation de la médecine, dont une "option publique" (une nouvelle assurance médicale publique qui couvrirait ceux qui n'en ont aucune autre) serait le prélude. Barack Obama s'est redit favorable à cette option pour forcer les assureurs privés à proposer des polices plus abordables. Mais il a signifié qu'elle ne devait pas servir de prétexte aux "batailles idéologiques" et qu'il était ouvert à d'autres idées.
Quant au coût, il l'a chiffré à 900 milliards de dollars sur dix ans. Le projet serait financé en grande partie en économisant dans les dépenses de santé, en combattant la fraude et le gaspillage. Le reste serait payé par les assureurs et les compagnies pharmaceutiques. "Je ne signerai pas un plan qui ajouterait le moindre centime à nos déficits", a-t-il certifié. Barack Obama a besoin de rallier des parlementaires démocrates dit "conservateurs" et certains républicains modérés pour parvenir à ses fins. Mais, dans leur réponse à son allocution, les républicains ont demandé par la voix du représentant Charles Boustany à ce que Barack Obama revoie sa copie.
Ecoutez un extrait du discours de Barack Obama ci-dessous :
D'après agence
Après sa mort, Ted Kennedy soutient Obama |
Le sénateur américain Ted Kennedy appelait, dans une lettre destinée à être lue après son décès survenu fin août, à ce que 2009 soit l'année de la réforme du système de santé aux Etats-Unis, a révélé mercredi le président américain Barack Obama. Le président a expliqué devant les parlementaires des deux chambres qu'il avait reçu la lettre quelques jours après le décès de Ted Kennedy, le 25 août, d'une tumeur au cerveau. Le "lion du Sénat", figure de la gauche américaine, y fait part de sa confiance dans le fait que "ce grand chantier inachevé de notre société", pour lequel il s'est battu pendant près de cinq décennies au Sénat américain, aboutira cette année. "Il rappelait cette vérité selon laquelle la couverture santé est décisive pour notre prospérité future, mais il me rappelait aussi que cela va au-delà des choses matérielles", a poursuivi Barack Obama, en présence de la veuve de Ted Kennedy, Vicki, et de ses fils, Patrick et Teddy Junior. |
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Obama tient enfin sa réforme historique de la Santé
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