Chahuté au Congrès, Obama autoritaire sur sa Santé

le 10 septembre 2009 à 07h23 , mis à jour le 10 septembre 2009 à 10h21

Mettant en jeu son capital politique, le président américain a défendu bec et ongles mercredi soir son projet de réforme de couverture médicale.

obama_congres discours santéBarack Obama, le 9 septembre 2009, lors de son discours au Congrès sur la Santé © Reuters

Déterminé et le regard grave, Barack Obama a défendu mercredi au Congrès sa réforme du système de santé proche du "point de rupture", et dénoncé les mensonges de ceux qui s'opposent à son projet dans l'espoir d'infliger à sa jeune présidence un échec aux séquelles durables.

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Mettant en jeu son capital politique pour faire adopter cette réforme qui est aujourd'hui sa grande priorité intérieure mais dont le piétinement commence à affecter la présidence, Barack Obama a affirmé l'urgence et l'impératif "moral" d'agir, dramatisant les conséquences du statu quo et fustigeant "le spectacle partisan" offert par ses adversaires républicains. "Le temps des chamailleries est révolu. Le temps des petits jeux est  terminé. Le moment est venu d'agir", a-t-il dit, décrivant un système  caractérisé par les abus des assureurs, plus cher mais aussi plus impitoyable  pour les particuliers que dans aucune autre démocratie développée.

"Vous mentez"

Illustrant les passions suscitées par le débat, Barack Obama, qui a eu droit à une trentaine d'ovations debout, essentiellement de la part de ses amis démocrates, a aussi entendu le représentant républicain Joe Wilson lui crier : "Vous mentez", quand il a assuré que la réforme ne financerait pas la couverture  médicale des immigrés clandestins.
 
En baisse dans les sondages, Barack Obama entend réussir là où ses prédécesseurs ont failli: donner une couverture médicale aux quelque 46 millions d'Américains  qui en sont dépourvus, tout en réduisant des déficits records. Il compte faire  adopter la réforme d'ici fin 2009, conscient que 2010, année d'élections parlementaires, ne se prête pas à un tel dessein. Depuis des semaines, le Congrès se divise au point de laisser entrevoir un fiasco qu'a déjà subi Bill Clinton. Un tel échec constituerait une hypothèque considérable pour un président qui entend mener un ambitieux programme de "reconstruction" de l'Amérique. Barack Obama s'est longuement employé à démonter les "déclarations bidons" et  les "manœuvres d'épouvante" des républicains et à préciser comme jamais  auparavant à quoi devait ressembler le projet.     
 
900 milliards de dollars
 
La réforme mettrait en place des commissions qui décideraient s'il faut ou non continuer à soigner ou laisser mourir certains patients ? "C'est un mensonge pur et simple !", a-t-il tranché. L'argent fédéral ne servirait pas non plus à  financer les avortements. La nouvelle loi imposerait aux Américains, sauf rares exceptions, d'avoir  une couverture maladie, elle interdirait aux assureurs de refuser une telle  couverture à cause d'antécédents médicaux, a-t-il dit. Les républicains s'alarment du coût de la réforme. Ils s'inquiètent aussi  d'une socialisation de la médecine, dont une "option publique" (une nouvelle assurance médicale publique qui couvrirait ceux qui n'en ont aucune autre) serait le prélude. Barack Obama s'est redit favorable à cette option pour forcer les assureurs privés à proposer des polices plus abordables. Mais il a signifié qu'elle ne  devait pas servir de prétexte aux "batailles idéologiques" et qu'il était ouvert  à d'autres idées.
 
Quant au coût, il l'a chiffré à 900 milliards de dollars sur dix ans. Le  projet serait financé en grande partie en économisant dans les dépenses de  santé, en combattant la fraude et le gaspillage. Le reste serait payé par les  assureurs et les compagnies pharmaceutiques. "Je ne signerai pas un plan qui  ajouterait le moindre centime à nos déficits", a-t-il certifié. Barack Obama a besoin de rallier des parlementaires démocrates dit "conservateurs" et certains républicains modérés pour parvenir à  ses fins. Mais, dans leur réponse à son allocution, les républicains ont demandé par la voix du représentant Charles Boustany à ce que Barack Obama revoie sa copie. 

Ecoutez un extrait du discours de Barack Obama ci-dessous :


D'après agence

Après sa mort, Ted Kennedy soutient Obama

Le sénateur américain Ted Kennedy appelait, dans une lettre destinée à être lue après son décès survenu fin août, à ce que  2009 soit l'année de la réforme du système de santé aux Etats-Unis, a révélé mercredi le président américain Barack Obama. Le président a expliqué devant les parlementaires des deux chambres qu'il avait reçu la lettre quelques jours après le décès de Ted Kennedy, le 25 août, d'une tumeur au cerveau. Le "lion du Sénat", figure de la gauche américaine, y fait part de sa  confiance dans le fait que "ce grand chantier inachevé de notre société", pour lequel il s'est battu pendant près de cinq décennies au Sénat américain,  aboutira cette année. "Il rappelait cette vérité selon laquelle la couverture santé est décisive pour notre prospérité future, mais il me rappelait aussi que cela va au-delà  des choses matérielles", a poursuivi Barack Obama, en présence de la veuve de Ted  Kennedy, Vicki, et de ses fils, Patrick et Teddy Junior.

le 10 septembre 2009 à 07:23
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10 Commentaires

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  • Tryler, le 14/09/2009 à 16h48

    Peyreyres, Menton: que dis tu ? Les américains ne s'ingèrent pas dans la politique des autres pays. Je n'ai jamais lu quelque d'aussi aberrent ! Ils sont maitre en la matière. On a le droit d'avoir une opinion sur les système social désastreux

  • Roucoucou, le 10/09/2009 à 13h32

    Ben nous en france on est entrain de faire comme les republicains..on y arrive..je trouve moches des humains qui n ont pas le droit d avoir le minimum de soins et qui c est qui peut pas se payer cela les personnes âgées avec leurs petites retraites les pauvres les jeunes aux chomages les etudiants exct....

  • Laure, le 10/09/2009 à 12h46

    Barack Obama est quelqu'un de bien,il se battra pour une Amérique plus juste,plus solidaire envers les démunis;;Il a de grandes valeurs morales,j'espère qu'il gagnera son combat;Certains devraient suivre l'exemple.........

  • Peyreyres, le 10/09/2009 à 10h28

    A BL de Marseille Pas d'ingérence dans les affaires internes d'un pays quel qu'il soit. Les américains sont assez grands pour savoir ce qu'ils doivent faire. Donnent-ils leur avis sur le déficit permanent et grandissant de notre Sécurité Sociale ???????? Alors !!!!!!!!

  • Michel, le 10/09/2009 à 10h08

    Obama aurait du tout de suite dès son arrivée à la Maison blanche attaquer bille en tête des dossiers délicats comme celui-ci. En arrivant la Maison blanche, il disposait non pas de 1 an d'état de grâce mais de moins de 6 mois. La meilleure des attaques c'est la rapidité et la surprise.Sur ce point les républicains ne le râtent pas, la preuve. Mais attention, ne comparer pas un débat sur un projet de loi qui se passe aux Etats-Unis et un débat en France. Beaucoup de commentaires assimillent le président américain à un socialiste, outre atlantique, vous vous trompez lourdement. Rien que le terme politique "socialiste" en Amérique est une injure, qui peut coûter très chère. Culture politique différente.

  • Paul, le 10/09/2009 à 09h58

    La cupidité républicaines est très forte. C'est ce qui perdra les USA si ça ne change pas rapidement. Même leur meilleur allié, le Japon, commence à aller voir ailleurs. C'est pour dire...

  • Lajoieduçon, le 10/09/2009 à 09h56

    Les républicains ont mis obama plus bas que terre;ils l'ont traité de socialiste et pire encore:de français.

  • Cedric, le 10/09/2009 à 08h54

    Plus ca va, plus je meprise ces republicains, qui sont au service de la cupidite du tout puissant complexe pharmaceutique. Ca me degoute!

  • Une personne qui a la sécurité sociale, le 10/09/2009 à 08h52

    Mr OBAMA a totalement raison, il faut bien finir par aider tous ces gens qui n'ont pas de soins appropriés parce que c'est trop onéreux de se faire soigner ! La santé coûte chère que se soit aux Etats-Unis ou ailleurs, mais il faut bien poser les bases d'une solution efficace pour tous, quitte à l'améliorer par la suite si il y a des défauts. Bien sûr que ses détracteurs ne sont pas d'accord avec lui, mais eux aussi n'ont qu'à proposer des solutions au lieu de le critiquer si violemment. Au moins Mr OBAMA à le mérite de tenter quelque chose pour protéger les concitoyens dont il a la charge, il faut qu'il tienne bon.

  • BL, le 10/09/2009 à 08h34

    Il faut que le syst_ème de santé et d'éducation américain change.

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