Allongé dans la chambre d'exécution, il a vécu le martyre deux heures durant. Sans mourir, faute de veine apparente où lui administrer l'injection létale. Ce calvaire, c'est celui vécu mardi par Romell Broom, un condamné à la peine capitale dans une prison de l'Ohio, aux Etats-Unis.
Selon l'avocat de cet homme de 53 ans condamné en 1984 pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une adolescente, l'équipe chargée de sa mise à mort a tenté près de 20 fois de trouver une veine utilisable. "Dans le bras, les jambes, partout", a souligné Timothy Sweeney à l'AFP. Le condamné "a essayé de les aider mais c'était incroyablement douloureux, à tel point qu'il s'est effondré et s'est mis à pleurer", a encore raconté le défenseur. La scène s'est déroulée sous le regard de quatre journalistes et de trois membres de la famille de la victime. Romell Broom a ensuite été ramené dans sa cellule.
Il avait survécu à la chaise électrique
Vendredi, un juge fédéral lui a octroyé un sursis de 10 jours. Son avocat compte réclamer qu'il échappe à la peine capitale, car selon lui une deuxième tentative violerait la constitution en lui infligeant un traitement cruel.
La procédure d'injection mortelle de l'Ohio a déjà fait l'objet de critiques à plusieurs reprises. Depuis 2006, deux détenus ont dû attendre plus d'une heure que l'équipe trouve une veine dans laquelle introduire les trois produits conduisant à la mort: un sédatif, un produit paralysant les muscles et un autre arrêtant le coeur. Mais, selon des spécialistes, un seul autre détenu à ce jour est retourné vivant dans sa cellule aux Etats-Unis. C'était en 1946 en Louisiane. Il s'agissait d'un jeune noir, Willie Francis, qui avait survécu à la chaise électrique.








