Un élu qui hurle "Vous mentez !" au président américain en plein discours au Congrès, des manifestants arborant des armes quand il prend la parole... les attaques personnelles visant Barack Obama se multiplient et posent - ou reposent - la question du racisme. A en croire certains observateurs, l'opposition au premier président noir du pays, qui frise l'hystérie ces derniers mois avec le projet de réforme de l'assurance maladie, n'est pas motivée par la politique seule, mais aussi par la couleur de sa peau. "Certains Américains n'arrivent toujours pas à digérer le fait qu'Obama soit président des Etats-Unis. Le soir, ils vont se coucher en se demandant comment une chose pareille a bien pu se produire", avance l'élu démocrate Charles Rangel. La romancière chilienne Isabel Allende, qui vit aux Etats-Unis, discerne un "racisme subliminal, caché, dans l'opposition à Obama".
L'ancien président Jimmy Carter est lui-même monté au créneau, estimant sur NBC qu'une "grande partie de l'animosité passionnément affichée à l'encontre du président Barack Obama s'appuie sur le fait que c'est un homme noir". Selon lui, "le penchant pour le racisme continue d'exister, et je crois qu'il remonte à la surface parce que le sentiment est répandu parmi de nombreux Blancs, pas seulement dans le Sud mais dans tout le pays, que les Afro-Américains ne sont pas qualifiés pour diriger ce grand pays. C'est une situation abominable qui me préoccupe très profondément".
"Les démocrates jouent l'intimidation"
Mis en cause, le camp conservateur rétorque que lorsqu'un démocrate sort l'accusation de racisme, c'est en réalité dans le but de tuer toute critique. Les démocrates "jouent l'intimidation", accuse ainsi Brendan Steinhauser, coordinateur de FreedomWorks, le réseau qui a organisé la première grosse manifestation contre la réforme de la couverture santé le week-end dernier. Pour disqualifier l'opposition, "il suffit de la traiter de raciste ou d'homophobe". Et c'est un Afro-américain, Michael Steele, président du Comité national républicain, l'instance dirigeante de l'appareil du parti, qui a répondu aux accusations de l'ancien président américain : "Le président Carter se trompe complètement. Ce n'est pas une question de race, c'est une question de politique. C'est une tentative pathétique de la part des démocrates de détourner l'attention d'un plan de réforme du système de santé (...) très impopulaire auquel le peuple américain est tout simplement opposé".
Cette accusation de vouloir détourner le débat est vigoureusement combattue par l'entourage d'Obama, plutôt embarrassé par le soutien de Jimmy Carter. Et le porte-parole de l'actuel président a dû publiquement désapprouver les propos de l'ancien chef d'Etat. Face aux journalistes, Robert Gibbs a donc une nouvelle fois asséné mercredi : "Le président ne pense pas que cela soit un problème de couleur de peau". Une ligne de conduite qui est la même du côté de la Maison Blanche depuis que montent ces soupçons de racisme, à l'image de ce que le candidat Obama avait adroitement réussi à faire lors de la campagne présidentielle l'an dernier.
D'après agences








