Archives © ReutersTraditionnellement, le président américain s'adresse au Congrès fin janvier pour le discours sur l'Etat de l'Union. Ses autres interventions devant les parlementaires sont très rares et ont lieu dans des circonstances jugées importantes, comme par exemple celles de George W. Bush après le 11-Septembre ou avant la guerre en Irak. C'est dire si la décision de Barack Obama de marquer véritablement sa rentrée politique après la période estivale ce mercredi (à 2h du matin, jeudi, heure française) par une adresse au Congrès sur l'assurance-maladie est attendue.
Obama tient enfin sa réforme historique de la Santé
Après environ 10 heures de débat acharné, la Chambre des représentants a validé dimanche aux Etats-Unis la réforme de l'assurance maladie.
Publié le 22/03/2010
Le Sénat accepte de se pencher sur la Santé d'Obama
Après une bataille acharnée entre républicains et démocrates, le Sénat a voté pour l'ouverture d'un débat sur le projet de réforme historique du système de santé.
Publié le 22/11/2009
Lors de la campagne, le nouveau locataire de la Maison-Blanche avait fait de cette réforme l'un des sujets emblématiques de son éventuel mandat. Objectif principal : donner une assurance-maladie aux 46 millions d'Américains qui n'ont pas les moyens de s'en payer une. Comment : avec la création d'une "public option", une assurance publique payante qui ferait concurrence aux assurances privées pour ceux qui ne disposent ni de Medicaid (réservé aux faibles revenus) ni de Medicare (réservé aux personnes âgées). Cela représente environ 7 Américains sur 10. Si les plus riches peuvent se payer leur assurance, les moins riches dépendent souvent de leur employeur qui la leur fournit -d'où la catastrophe en cas de perte d'emploi. Face à la crise, les assureurs ont aussi tendance à exclure de nombreuses garanties.
Choc frontal face aux "Blue dogs" démocrates
L'annonce du projet a immédiatement entraîné une levée de boucliers. Les républicains se sont déchaînés, en affirmant qu'il coûterait plus de 100 milliards de dollars par an au contribuable. Avec un sous-entendu : "nous n'avons pas envie de payer pour les autres". Ils ont également lancé les rumeurs les plus folles. Sarah Palin, l'ex-candidate à la vice-présidence, est ainsi allée jusqu'à laisser penser que le texte permettrait d'euthanasier les personnes âgées pour faire des économies (voir encadré). Les comparaisons malsaines entre Barack Obama à Adolf Hitler ont aussi pullulé.
Si ce conflit contre le parti de l'éléphant, entré plus globalement dans une bataille systématique, était prévisible, Barack Obama a rencontré une opposition plus surprenante : celle de son propre parti. Une quarantaine de parlementaires démocrates conservateurs, surnommés "blue dogs", s'opposent ainsi à plusieurs mesures de la réforme à la fois par conviction et par calcul politique. Ayant bénéficié de l'élan en faveur lors de Barack Obama aux législatives de novembre 2008, beaucoup de nouveaux Représentants (ndlr : députés) du parti de l'âne ont été élus dans des circonscriptions républicaines. Et ont peur de perdre leur siège dès l'année prochaine s'ils votent le texte. Pour tenter de les amadouer, le président semble prêt à lâcher du lest. Mais il se heurte là à un autre problème : l'aile gauche du parti démocrate (celle dite "libérale", au sens américain du terme), qui se mobilise contre toute "amputation".
Sondages en baisse
En s'adressant au Congrès cette nuit, Barack Obama, qui a déjà atteint la cote d'alerte dans les sondages avec à peine 50% d'opinions positives, doit donc donner des gages sur sa gauche et sur sa droite. Et surtout convaincre, alors que sa méthode du consensus à tout prix lasse. Les observateurs prédisent déjà que le reste du mandat est en jeu. Quelle autorité aurait en effet par la suite un président incapable de faire adopter une réforme qui lui tient à cœur alors qu'il dispose d'une large majorité au Sénat et à la Chambre des représentants ? Comment pourrait-il notamment justifier l'envoi de nouveaux renforts en Afghanistan, alors que le conflit devient de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis ?
"Dissiper la bêtise" |
Dans une interview diffusée mercredi matin sur ABC, Barack Obama a annoncé ce qu'il entendait faire passer lors de son intervention. "Le discours est destiné à s'assurer que les Américains savent clairement ce que nous proposons. (...) Et à dissiper certains mythes et -pour être franc- la bêtise qui circule depuis un moment", a-t-il lancé. Il a admis avoir "probablement laissé trop d'ambiguités, qui ont permis aux opposants de la réforme de saturer les ondes en racontant souvent n'importe quoi". Il a réfuté ces critiques du projet : "Tout, depuis l'idée ridicule que nous voulons mettre en place des 'tribunaux de la mort, à l'idée fausse que cette réforme est destinée à fournir une assurance santé aux immigrés clandestins, et jusqu'à la notion plus vaste d'une main-mise gouvernementale sur le système de santé". Le président a annoncé qu'il présenterait "un plan beaucoup plus détaillé" que jusqu'à présent et a répété qu'il voulait à tout prix éviter que la réforme de la santé n'accroisse le déficit, affirmant que "si cela ajoute un centime au déficit, alors je ne soutiendrai pas le projet". |
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