Obama pour une version "light" du bouclier antimissile

le 17 septembre 2009 à 16h42 , mis à jour le 18 septembre 2009 à 09h25

Revenant sur ce projet voulu par George W. Bush, qui irritait depuis longtemps la Russie, le président américain a annoncé de profonds changements.

Barack Obama, le 17 septembre 2009Archives : Barack Obama, le 17 septembre 2009 © Reuters

Le dossier empoisonnait depuis plusieurs années les relations entre Washington et Moscou. Le projet de bouclier antimissile, imaginé sous la présidence de George W. Bush, prévoyait l'implantation de missiles d'interception en Pologne et d'une station radar en République tchèque. Objectif affiché : pouvoir agir contre d'éventuels tirs de missile longue portée en provenance de l'Iran. Mais Moscou y voyait une menace directe contre sa propre sécurité.

Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Barack Obama avait joué la détente sur ce dossier sensible en multipliant les gestes de bonne volonté à l'égard de la Russie. Ce jeudi, il a annoncé une profonde inflexion du projet. Officiellement, il s'agit, comme l'avait déjà laissé entendre le porte-parole du Pentagone, "d'un ajustement majeur et d'une amélioration du système de défense antimissile européen". Concrètement, le nouveau système sera plus adapté à des missiles de courte et moyenne portée, comme ceux qu'est supposé développer l'Iran.

Le président américain, lors d'une brève allocution, a ainsi réaffirmé que les Etats-Unis continuaient à voir "une menace importante" dans les activités balistiques iraniennes. Mais, a-t-il souligné, "le meilleur moyen d'améliorer notre sécurité et la sécurité de nos alliés de manière responsable, c'est de déployer un système de défense antimissile qui réponde mieux aux menaces auxquelles nous faisons face et qui utilise des technologies éprouvées que nous paierons le juste prix". La menace de missiles iraniens de longue  portée n'est en effet "pas aussi immédiate qu'imaginé auparavant", a renchéri le secrétaire à la Défense Robert Gates.

République tchèque et Pologne pas écartées du projet

Ce profond changement dans le projet ne signifie pas pour autant que la République tchèque et la Pologne ne vont pas y participer : le président américain a d'ailleurs réaffirmé l'étroitesse des liens entre WashingtonVarsovie et Prague en matière de défense. Et Robert Gates a souligné de son côté que Washington compte déployer en 2015 dans ces deux pays des missiles SM-3, conçus pour détruire des missiles à courte et moyenne portée. Dans l'intervalle, les Etats-Unis déploieront des navires munis du système antimissile Aegis équipés d'intercepteurs pour défendre les alliés des Etats-Unis et les forces américaines en Europe.

Des explications très attendues à la fois en Pologne et en République tchèque, où les premières rumeurs de cette profonde refonte du programme voulu par George W. Bush avaient déjà suscité déception et inquiétude. Aleksander Szczyglo, le chef du bureau pour la sécurité nationale de la présidence polonaise, avait évoqué "un échec de la réflexion à long terme de l'administration américaine dans cette partie de l'Europe". L'ex-Premier ministre tchèque Mirek Topolanek dont le gouvernement de centre-droit avait signé avec Washington un accord sur l'installation dans son pays d'un radar, avait commenté pour sa part : "Ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'Etat tchèque, pour la liberté et l'indépendance de la République tchèque". L'intervention de Barack Obama aura-t-elle su apaiser leurs craintes ?

Aux Etats-Unis même, les rumeurs de ce changement à venir avaient déjà fait bondir les élus républicains du Congrès, à l'image du sénateur John McCain, pour qui cette décision "unilatérale est une grave erreur" qui "remet en question la sécurité et l'engagement diplomatique des Etats-Unis envers la Pologne et la République tchèque et risque de saper la perception du leadership américain en Europe de l'Est". Face aux allégations, la Maison-Blanche est monté au créneau en martelant qu'il n'y avait eu "aucun donnant-donnant" avec le Kremlin.

"Un geste pour la Russie" :
l'analyse de Jean-Dominique Merchet,
spécialiste de la Défense à Libération

 Medvedev salue la décision d'Obama

Le président russe Dmitri Medvedev s'est félicité jeudi de la décision de Barack Obama de renoncer au projet de bouclier antimissile de l'administration Bush. "Nous apprécions l'approche responsable du président américain vers la mise en oeuvre de nos accords", a déclaré le chef du Kremlin dans une allocution télévisée. "Je suis prêt à poursuivre le dialogue."  Medvedev a ajouté qu'il comptait s'entretenir avec Obama de la défense antimissile le 23 septembre à New York.

 

D'après agence

le 17 septembre 2009 à 16:42
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6 Commentaires

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  • Michael, le 22/09/2009 à 04h28

    La vraie raison de ce revirement est que les caisses sont vides pour les USA , le dollar est sur le point d'exploser et les USA sont en quasi-faillite financière , question de quelques mois avant la chute du système monétaire mondial...

  • Terry, le 19/09/2009 à 21h52

    Barbos, Paris: le seul interet des Russes dans cette histoire, c'est qu'avec un bouclier anti-missiles Americain pour proteger l'Europe, les missiles qu'ils vendent a l'Iran ne valent rien.

  • Vincent, le 19/09/2009 à 16h22

    Les russes savaient très bien que le bouclier anti missile ne leurs était pas concerné car ils ont voulu simplement dire que les américains n'ont rien à faire en europe.

  • Vincent1990, le 19/09/2009 à 16h16

    De toute façon les russes savaient très bien que le bouclier anti missile n'avait rien à voir avec eux mais un rapport avec la menace iranienne.Ils ont voulu tout simplement dire que les américains n'ont rien à faire en pologne car le territoire russe était tout près.

  • David, le 18/09/2009 à 05h29

    @Barbos de Paris : meme si cela semble etre une meilleure idee, vous imaginez les americains adopter une idee russe ? Personne ne dicte quoi que ce soit a l Amerique tout puissante. En revanche l inverse n est pas vrai.

  • Barbos, le 17/09/2009 à 23h27

    On a un bon équilibre en Europe depuis de longues années--> pas à la peine de le troubler! Les Russes proposent d'installer leur truc en Azerbaidjan, quasiment à la frontière d'Iran, ce qui est plus intéressant techniquement et moins contrainiant diplomatiquement, d'autant plus qu'il s existent là-bas toute infrastructure nécessaire. Pourquoi ne pas suivre cette voie?

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