Les partisans du président destitué face à l'armée © REUTERSLe président du Honduras Manuel Zelaya, renversé fin juin par un coup d'Etat militaire, est rentré lundi dans son pays et s'est réfugié à l'ambassade du Brésil pour éviter d'être arrêté, a rapporté un photographe de Reuters. A New York, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a confirmé que Manuel Zelaya se trouvait à l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa avec son épouse et il a formulé l'espoir que son retour au Honduras constituerait une nouvelle étape dans les négociations avec les dirigeants de fait du pays. Edgar Garrido, photographe de Reuters, a vu Zelaya accompagné de collaborateurs et de son épouse dans un bureau à l'intérieur de l'ambassade. Le département d'Etat américain a confirmé que Manuel Zelaya, allié du président vénézuélien Hugo Chavez, avait regagné le Honduras, mais Roberto Micheletti, qui dirige le pays depuis le coup d'Etat du 28 juin, l'a démenti.
"Je suis ici à Tegucigalpa. Je suis ici pour le rétablissement de la démocratie, pour lancer un appel au dialogue", a dit Zelaya à la chaîne de télévision hondurienne Canal 36. Entre 3.000 et 4.000 partisans de Manuel Zelaya se sont rassemblés aux cris de "Oui, on l'a fait !" devant le principal bâtiment des Nations unies dans la capitale après l'annonce par un collaborateur de Zelaya que le président s'y trouvait. Dans des interviews accordées à des stations de radio et de télévision de gauche, Manuel Zelaya n'a lui-même pas voulu préciser où il se trouvait exactement et les Nations unies ont démenti qu'il soit dans leur bâtiment à Tegucigalpa.
Le coup d'Etat du 28 juin a été dénoncé par le président américain Barack Obama, l'Union européenne et les gouvernements d'Amérique latine. Des militaires ont renversé Zelaya et l'ont envoyé en exil en l'accusant d'avoir voulu amender la Constitution pour pouvoir briguer un nouveau mandat. Le gouvernement de facto au pouvoir depuis le coup d'Etat a rejeté les appels internationaux au retour de Zelaya, malgré les sanctions qui l'ont visé, et avait prévenu que le président serait arrêté s'il posait le pied dans son pays.
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