© AFP / V. AlmeidaLa fête a battu son plein dans la nuit de vendredi à samedi sur la plage de Copacabana, après la désignation de Rio de Janeiro pour organiser les Jeux olympiques en 2016, une première en Amérique du Sud. Sur fond de samba, la célébration a pris des airs de carnaval sur le sable où des milliers de personnes dansaient et criaient leur bonheur devant les écrans qui avaient retransmis en direct le vote organisé à Copenhague. Parés des couleurs vert et jaune traditionnelles, les Brésiliens goûtaient leur plaisir entre les vagues et le mont du Pain de sucre, deux sites célèbres qui ont symbolisé la candidature de Rio. Au son d'une des plus célèbres troupes de samba du carnaval de Rio, les Cariocas ont dévoilé un immense drapeau sur lequel était inscrit "Rio vous aime", à côté d'une image du Christ Rédempteur, dont la statue domine la ville.
Les Brésiliens voient dans cet événement annoncé une opportunité de restaurer l'image à l'étranger d'une ville jadis connue pour ses plages paradisiaques et sa folie du football, puis minée par une flambée de violences liées au trafic de drogue. La ville a su convaincre le CIO de sa capacité à réaliser les investissements nécessaires pour améliorer les transports et construire les enceintes sportives adéquates. Au Brésil, les détracteurs de la candidature de Rio affirmaient que ces investissements massifs seraient mieux venus dans l'éducation ou les hôpitaux et que les plus pauvres risquaient d'être une nouvelle fois les oubliés des retombées économiques attendues. Mais les sondages ont témoigné d'un important soutien populaire, et le comité de candidature a joué pleinement la carte de cette passion du public pour séduire le CIO. Le président Lula a même semblé rallier le CIO à l'idée que les Jeux pourront favoriser son combat contre les difficultés sociales.
"Cette fois-ci, c'est notre tour"
L'implication personnelle de longue date du président brésilien, son charisme, son obstination, auront été payants. Avec un message simple qu'il aura martelé à Copenhague : "cette fois-ci, c'est notre tour", celui des puissances montantes, celui de l'Amérique latine. "Pour avoir été colonisés, nous avons eu le sentiment d'être petits, de ne pas être importants", a rappelé le chef de l'Etat brésilien. Aujourd'hui le géant sud-américain, un pays de 190 millions d'habitants, ne fait plus de complexes. "Le Brésil fait partie des dix plus grandes économies du monde et est le seul parmi ces dix pays à n'avoir jamais organisé les JO", a rappelé à satieté l'ancien ouvrier métallurgiste qui jouit d'une popularité record de 80% après sept ans de pouvoir.
Sous son impulsion, le Brésil s'est déjà imposé dans le cercle restreint des décideurs mondiaux, devenant un acteur incontournable de la réforme des institutions financières internationales, des négociations commerciales ou du débat sur le climat. Pour le moment, seules les portes du Conseil de sécurité de l'ONU - dont le Brésil aspire à devenir un membre permanent - restent obstinément closes. Ami des Etats-Unis comme de l'Iran, du Venezuela ou de la Libye, le Brésil a commencé rapidement vendredi à recevoir les félicitations de ses voisins, alliés et même rivaux dans la compétition, à commencer par le président américain Barack Obama qui a échoué à faire gagner sa ville de Chicago.
"De grandes puissances économiques étaient en compétition pour accueillir les Jeux Olympiques de 2016, entre elles deux des plus industrialisées de la planète : les Etats-Unis et le Japon. C'est néanmoins Rio de Janeiro qui a triomphé", a souligné pour sa part l'ancien leader cubain Fidel Castro. "Qu'on ne dise pas maintenant que cela a été un cadeau des nations riches au Brésil, un pays du Tiers-monde".
D'après agences
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