Barack Obama, en conférence de presse, le 22 juillet 2009 © ReutersComme il ne l'aurait peut-être pas fait pour défendre une cause diplomatique aussi aléatoire, Barack Obama avait pris le risque d'un aller-retour express à Copenhague afin de plaider pour Chicago devant le Comité international olympique. L'échec de la ville où il a fait ses premières armes politiques, et d'où est originaire sa femme Michelle, est donc aussi un échec personnel. Barack Obama s'est certes montré beau perdant ; il a félicité Rio et le Brésil et vu dans le choix, pour la première fois, d'une ville sud-américaine pour organiser les JO de 2016 "un événement véritablement historique" et un "signe extraordinaire de progrès". Mais à bord d'Air Force One, sur le chemin du retour à Washington, l'ambiance n'était guère à la fête : "Comme vous pouvez l'imaginer, le président est déçu", confiait à la presse Robert Gibbs, porte-parole du président, alors même que Barack Obama avait "plaidé en faveur de Chicago avec son coeur".
Barack Obama a beau être vu à l'étranger comme le président populaire et séduisant de la première puissance mondiale, il ne peut pas tout, et les Américains ont été rappelés à cette réalité par le rejet abrupt de la candidature de Chicago à l'organisation des Jeux Olympiques. Au bout du compte, non seulement c'est Rio de Janeiro qui a été choisie pour accueillir les Jeux de 2016, mais la ville de Barack Obama a été la première des quatre concurrentes à être éliminée, dans ce qui ressemble fort à la première défaite électorale significative essuyée par Barack Obama depuis son investiture.
La Maison Blanche part à la contre-offensive
Confronté à une vague de contestation qui s'est montrée féroce sur son plan de réforme du système de santé, confronté aussi à une crise ressentie de plus en plus durement par l'Américain moyen alors que les derniers chiffres du chômage, annoncés précisément vendredi, jour de la défaite de la candidature de Chicago, sont plus mauvais encore qu'attendu, Barack Obama revient dans une Amérique qui doute. Du coup, la Maison Blanche a dû lancer immédiatement une contre-offensive médiatique. "Je ne vois pas là un désaveu infligé au président ou à la Première dame", dépêchée à Copenhague deux jours avant son mari, a lancé sur CNN l'éminence grise de Barack Obama, David Axelrod.
La Maison Blanche n'était pas assez naïve pour croire que le prestige international et l'autorité personnelle de Barack Obama se livrant à un lobbying intensif de dernière minute provoqueraient un ralliement massif. Si Barack Obama est allé à Copenhague, "c'est parce qu'il savait que la compétition était très serrée", a souligné David Axelrod, "l'idée, c'était de donner encore plus de chances à Chicago". Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le roi d'Espagne Juan Carlos et le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama n'étaient-ils pas annoncés à Copenhague ?
Aussi la Maison Blanche refuse-t-elle d'entendre parler de camouflet pour Barack Obama. Il ne comptait d'ailleurs pas initialement se rendre à Copenhague, mais entendait se faire représenter par son épouse. Il disait alors qu'il serait retenu à Washington par la réforme du système de santé, le grand chantier actuel de sa présidence. Mais il avait fait volte-face lundi. Soumis à une forte pression des défenseurs de la candidature de Chicago, il devait faire un arbitrage difficile : assumer l'éventuel coût pour lui d'une défaite de Chicago malgré son implication, ou encourir le reproche de ne pas avoir tout donné pour sa ville d'adoption. Aussi savait-il que, quel que soit son choix, l'échec de Chicago ne pouvait qu'avoir des implications douloureuses à un moment difficile de sa présidence.
D'après agences
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