Le chercheur voulait jouer les espions

le 20 octobre 2009 à 08h33 , mis à jour le 20 octobre 2009 à 08h41

Un scientifique américain ayant travaillé pour la Maison Blanche, la Nasa et le Pentagone a été arrêté alors qu'il tentait de fournir des informations classées "top secret" à Israël.

TF1/LCI La Maison Blanche.La Maison Blanche © sxc.hu/Skyring

Ce distingué chercheur pouvait sembler au-dessus de tout soupçon. Agé de 52 ans, titulaire d'un doctorat en astronomie au MIT, prestigieuse université technologique du Massachusetts, l'homme a travaillé à la Maison Blanche en 1989 et 1990, puis au ministère de l'Energie entre 1990 et 1999, où il disposait d'une autorisation spéciale lui donnant accès à des documents classés "top secret", notamment concernant les armes nucléaires. Il a ensuite créé une association à but non lucratif au travers de laquelle il travaillait avec la Nasa et a participé entre 2000 et 2006 à plusieurs accords de développement de technologies avancées pour le gouvernement américain.

C'est pourtant ce scientifique américain qui, après avoir collaboré avec la Nasa, le Pentagone et la Maison Blanche, a été arrêté lundi aux Etats-Unis pour tentative d'espionnage, alors qu'il envisageait de travailler pour le compte d'Israël. Selon le ministère de la Justice, l'homme avait été contacté début septembre par un policier du FBI sous couverture, se faisant passer pour un agent du renseignement israélien, et avait accepté de lui fournir des informations classées secret défense et "top secret" en échange d'argent et d'un passeport israélien.

Premiers échanges

Lors du premier contact, le 3 septembre dernier, avec celui qu'il croyait être un agent du Mossad, les services secrets israéliens, le scientifique avait accepté d'emblée de lui fournir "des informations régulières". Dès la deuxième entrevue, il avait expliqué que "bien que ne disposant plus de ses anciens accès à des documents classés (...), il pouvait néanmoins se souvenir de ceux qu'il avait consultés". Deux échanges devaient suivre par le biais de la poste restante, au cours desquels l'homme recevait, en guise d'appât plus conséquent, 2000 puis 9000 dollars, et remplissait deux questionnaires sur des satellites américains.

"Une des réponses fournies émanait de documents classés secret défense", a affirmé le ministère, ajoutant que l'homme aurait de lui-même proposé de fournir des informations sur "l'armement nucléaire, les satellites militaires, et d'autres systèmes d'armement". La deuxième fois, ses réponses comprenaient "des informations classées secret défense et "top secret" sur des satellites américains, des systèmes d'alerte avancés, des moyens de défense ou de représailles contre des attentats à grande échelle et des éléments stratégiques cruciaux". D'où ce commentaire du responsable de la sécurité nationale au ministère de la Justice : "Les faits reprochés sont graves et devraient servir d'avertissement à tous ceux qui envisagent de compromettre les secrets de notre pays par appât du gain".

L'apprenti espion devait être présenté mardi devant un juge à Washington ; il risque la prison à perpétuité s'il est reconnu coupable. Le ministère a précisé que "la plainte n'impliquait ni l'Etat d'Israël ni aucun agent travaillant en son nom" dans les faits reprochés à ce scientifique. Un cas qui rappelle beaucoup celui de Jonathan Pollard : les Etats-Unis ont condamné en 1987 cet analyste de la Navy à la prison à perpétuité pour avoir fourni à Israël, de mai 1984 à son arrestation en novembre 1985, des milliers de documents classés secret défense, sur les activités d'espionnage des Etats-Unis, principalement dans les pays arabes. Les différents chefs de gouvernement israéliens ont en vain demandé sa remise en liberté aux autorités américaines. Ses proches, en Israël et aux Etats-Unis, font campagne pour sa libération, affirmant que les divers gouvernements israéliens l'ont "lâché", alors qu'il a "servi" l'Etat hébreu et a obtenu la nationalité israélienne.

D'après agence

le 20 octobre 2009 à 08:33
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6 Commentaires

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  • FR, le 21/10/2009 à 09h23

    Tom, Paris et Chongtak, Bangkok, il y a des limites à cette tactique. L'agent sous couvert doit faire attention justement de ne pas initier l'acte illégal, sinon, c'est considéré comme "entrapment" Les avocats sont là pour profiter du moindre vice de procédure.

  • Ben, le 20/10/2009 à 14h46

    Ce sont pour des cas comme celui-ci, que l'on peut etre content du systeme francais. Ce ne sont pas les autorites qui vont essaye de vous pieger !!

  • Chongtak, le 20/10/2009 à 11h21

    A Alain de Bruxelles, malheureusement ca ne marche pas comme ca aux USA. Par exemple lorsqu'un officier de police déguisé en prostituée racole un client, il est automatiquement arrêté lorsqu'il accepte les avances de la fausse prostituée. En bref ll va être condamné pour un crime qu'il n'a pas encore commis et vers lequel il a été poussé. C'est beau la justice de l'homme n'est ce pas?

  • Tom, le 20/10/2009 à 11h13

    Alain de Bruxelles , votre analyse est juste , en Droit Français et belge peut etre , mais aus USA ne c'est pas le cas , ils devaient avoir des soupçons contre lui et ont monté ce coup pour vérifier s'ils allait passer a l'acte ou non , et visiblement le type est tombé dans le piege , preuve qu'il était mal intentionné et pret à jouer l'espion.

  • Alain, le 20/10/2009 à 09h36

    Ses avocats vont certainement plaider l'acquittement pour "provocation de crime". A ma connaissance, Il est en effet illégal pour la police de provoquer un crime qui n'aurait pas été commis sinon. C'est un peu trop facile.

  • Vincent, le 20/10/2009 à 09h21

    Mais dans ce cas là, c'était juste un test ou ils avaient déjà des soupçons ? Puis un d'attrapé pour combien qui seront passés... ?

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