Le "ni-ni" de l'armée américaine sur les gays mis à mal

Par TF1 News (D'après agence), le 10 septembre 2010 à 09h39 , mis à jour le 10 septembre 2010 à 09h44

L'interdiction faite aux militaires américains de vivre ouvertement leur homosexualité est contraire aux droits constitutionnels, a estimé jeudi une juge fédérale de Californie.

"Don't Ask, Don't Tell" ("Ne rien demander, ne rien dire") : ce "ni-ni" est à la base de la doctrine de l'armée américaine sur l'homosexualité. Adoptée sous Bill Clinton en 1993, elle autorise les gays à servir dans l'armée à condition qu'ils n'affichent pas leur orientation sexuelle. Un compromis fragile et désormais remis en cause : jeudi, un tribunal fédéral californien l'a déclaré inconstitutionnel.

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La juge Virginia Phillips, saisie par les Log Cabin Republicans, une organisation politique militant pour les droits des homosexuels, a estimé que cette interdiction faite aux gays servant sous les drapeaux d'aborder le sujet de leur vie intime va à l'encontre du premier amendement de la Constitution, qui protège la liberté d'expression, et du cinquième amendement, qui proscrit toute condamnation sans mise en accusation. La magistrate a en effet souligné que si la règle en vigueur interdit aux homosexuels de parler de leurs relations... elle autorise les hétérosexuels à le faire. Le jugement donne aux Log Cabin Republicans jusqu'au 16 septembre pour soumettre un projet d'injonction, puis une semaine ensuite au gouvernement pour présenter ses objections.

Barack Obama en position difficile

Cette décision place le gouvernement du président Barack Obama dans une position difficile, celle de devoir défendre une loi qu'il s'est engagé à abroger. "Nous savons que forcer les homosexuels et les lesbiennes à vivre une vie de mensonges ou quitter l'armée ne contribue pas à notre sécurité, elle y porte préjudice", avait récemment assuré le président Obama. Il s'est néanmoins engagé à l'abroger en coordination avec les principaux chefs de l'armée et le Congrès, et à l'issue d'une vaste évaluation au sein de l'armée sur les conséquences de cette abrogation sur l'efficacité des troupes.

Le 28 mai, la chambre des Représentants avait voté l'abrogation de la loi "don't ask, don't tell". Mais le débat sur la question promet d'être féroce au Sénat, dont une commission a approuvé l'abrogation de la loi, mais où les opposants à cette mesure sont nombreux. L'abrogation a le soutien du chef d'état-major des armées, l'amiral Mike Mullen, et le ministre de la Défense Robert Gates, s'est dit prêt, quelque peu à contrecoeur, à préparer l'armée à ce changement. Mais d'autres importants chefs militaires estiment que la loi actuelle est le meilleur compromis possible, estimant qu'une modification nuirait au moral des troupes et à leur efficacité.

La juge Phillips a rejeté ces arguments, estimant au contraire la loi nuisible en soi. "Loin d'améliorer l'efficacité de l'armée, le renvoi de ces soldats hommes et femmes a eu un effet direct et néfaste", estime la juge, citant le renvoi de militaires possédant des compétences cruciales dans certaines langues et l'atteinte au moral de militaires ayant vu des camarades compétents mis à la porte de l'armée en raison de leur orientation sexuelle. Elle a également souligné que des militaires suspectés d'être homosexuels avaient poursuivi leur engagement sur des théâtres extérieurs, les enquêtes et les renvois n'intervenant qu'à leur retour, ce qui démontre "que cette règle n'est pas nécessaire".

Par TF1 News (D'après agence) le 10 septembre 2010 à 09:39
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