Pour Rio, le plus dur commence

le 02 octobre 2009 à 20h33 , mis à jour le 02 octobre 2009 à 20h44

La ville, qui organisera les JO-2016, va devoir régler deux problèmes majeurs : son retard en matière d'infrastructures et la violence quotidienne dans les rues.

Jacques Rogge, le président du CIO, annonçant la ville organisatrice des Jeux 2016Jacques Rogge, le président du CIO, annonçant la ville organisatrice des Jeux 2016 © LCI

  LCI picto cliquez regardez
Quelles conséquences politiques pour Obama

Les images de la joie à Rio

 

Rio de Janeiro a fêté vendredi sa  désignation comme ville hôte des jeux Olympiques 2016, les premiers en Amérique  du sud, mais les défis qui attendent la "cidade maravilhosa" sont immenses. Les atouts de Rio sont connus: un cadre naturel exceptionnel, un peuple  connu pour sa gaieté, le soutien de tout un pays et de ses dirigeants, une  économie qui s'est hissée parmi les dix premières mondiales... Reste que sept années ne paraissent pas de trop pour que Rio rattrape son retard en matière d'infrastructures - son point faible - qu'il s'agisse des transports ou de sa capacité hôtelière. Sans oublier la violence, préoccupation  majeure et quotidienne des Cariocas.

La question des transports est d'autant plus cruciale que de nombreux sites sont distants d'une quarantaine de km du coeur olympique - où sont prévus la  plupart des installations, le village, le centre de presse - situé à Barra da Tijuca, dans l'ouest de la ville. Echaudé par ses précédents échecs aux JO de 2004 et 2012, Rio a présenté un  projet "réaliste", selon le maire Eduardo Paes. Ainsi, plus de promesses de  métro, mais seulement des autobus de grande capacité circulant dans des voies  réservées.

"Changer les bidonvilles en banlieues"

Plus du tiers du budget de Rio, soit quelque 5 milliards de dollars, sera  consacré à améliorer le chaotique système de transport de cette métropole de 11  millions d'habitants, délaissée par les pouvoirs publics depuis qu'elle a perdu  son statut de capitale en 1960 au profit de Brasilia.
Rio va devoir aussi doubler sa capacité hôtelière car il manque quelque  20.000 chambres en hôtels de 2 à 5 étoiles pour répondre aux exigences du CIO. La ville s'est engagée à construire 25.000 chambres dans les quartiers de la zone portuaire au centre ville et des zones nord et ouest. Elle va aussi utiliser des navires de croisière offrant 8.500 cabines. Les dirigeants brésiliens ont fait valoir avec succès que le budget prévu de 14 milliards de dollars servira d'abord à améliorer la vie quotidienne des habitants, dont deux millions vivent dans les favelas, ces quartiers pauvres  démunis de tout. "Nous allons changer les bidonvilles en banlieues, changer nos mentalités,  donner une chance à la jeunesse et les JO seront un accélérateur", a affirmé  récemment le président Luiz Inacio Lula da Silva.

Une étude officielle a estimé que les Jeux pourraient générer 56 milliards  de dollars et deux millions d'emplois d'ici à 2027. "L'espoir de tous est que cela va améliorer les transports et la sécurité  parce que le quotidien des Cariocas a été sacrifié", a affirmé Ricardo Chaves,  un comptable de 47 ans. Cet optimisme n'est toutefois pas partagé par tous. "Qui va croire que tout  cet argent va être investi au profit des gens? Seulement des fous!", a protesté  Vanderlei, un des rares Cariocas ouvertement hostiles aux JO. Beaucoup de Brésiliens s'accordent pour dire que la ville n'a pas profité  des Jeux panaméricains de 2007, pourtant cités en exemple du "savoir-faire" de  Rio, et pointent du doigt la corruption. "Je ne suis pas contre les JO à Rio, mais nous avons vu ce qui est arrivé  aux Pan", a dit l'ancien président de la Commission d'enquête parlementaire sur  les jeux panaméricains, Eliomar Coelho, cité par le quotidien Jornal do Brasil.  "Le résultat a été nul. Nous avons eu des accusations de détournement de fonds et aucun développement du sport", a-t-il ajouté.

le 02 octobre 2009 à 20:33
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Thephalangiste, le 21/10/2009 à 20h19

    On se demande on il vont trouver plus de 8 milliards en pleine crise pour faire les JO.

  • Freereg, le 03/10/2009 à 08h54

    Et pourquoi ne pas organiser ces jeux ( et par conséquent le budget pharaonique qui va avec) dans un de ces nombreux pays sous développés ou en voie............. C'est amusant de voir comme on peut "tout à coup" se remettre de la crise en injectant autant d'argent dans les J;O Mais oui, c'est vrai, que les pauvres restent pauvres........ Ce sont les pays "riches" qui de toute évidence décident de leur avenir.

  • Chauve85, le 03/10/2009 à 06h07

    BRAVO BRESIL! C'est un pays ou j'ai toujours revé d'aller. Si en 2016 j'ai de l'argent, j'irai.

  • Lidole, le 03/10/2009 à 00h02

    Suis pas certain que la vie des chinois ait changé depuis les JO mais bon... Le principal c'est de participer comme disait l'autre...

  • Looky, le 02/10/2009 à 22h41

    Bravo au Brésil, il le mérite, grace au JO la vie de beaucoup de gens va changer, leur destin est entre leur main.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience