John Allen Muhammad, le sniper de Washington, lors de son procès en 2004 © ReutersIl avait acquis en 2002 une renommée mondiale, bien qu'éphémère, en terrorisant Washington : dissimulé dans un coffre de voiture percé d'un petit trou, John Allen Muhammad tirait au hasard sur des passants à l'extérieur de centres commerciaux. Il avait ainsi fait dix morts en trois semaines. A deux reprises, la police avait retrouvé sur le lieu d'un meurtre, punaisé à un arbre ou dans un sac plastique, des messages du tireur affirmant "Appelez-moi Dieu" ou "Vos enfants ne sont jamais en sécurité nulle part" et réclamant 10 millions de dollars pour arrêter le massacre. Muhammad et son complice, John Lee Malvo, âgé de 17 ans à l'époque, n'avaient été interpellés qu'à l'issue d'une longue et éprouvante chasse à l'homme, avant d'être jugés et condamnés : la peine capitale pour le "sniper", la prison à vie pour son jeune complice.
Le sniper de Washington meurt sans discours et sans remords
John Allen Muhammad, qui avait terrorisé la capitale américaine en tuant au hasard dix personnes, a été exécuté par injection mortelle. Il n'a pas souhaité s'exprimer avant l'exécution.
Publié le 11/11/2009
L'exécution de John Allen Muhammad doit intervenir ce mardi soir. Il a été transféré dans la prison de Greensville, près de Richmond, où se situe la chambre d'exécution. Il devrait recevoir la visite de sa famille proche et de ses avocats. Il peut également, s'il le souhaite, demander à voir un aumônier. Puis, à 21 heures locales (soit 3 heures du matin, heure française), si le gouverneur démocrate de l'Etat de Virginie n'a pas suspendu l'exécution, il recevra l'injection mortelle après avoir prononcé ses dernières paroles.
Tous les recours n'ont pas été épuisés
L'exécution de John Allen Muhammad intervient sept ans après les faits, une date inhabituellement précoce puisqu'un condamné à la peine capitale patiente en moyenne aux Etats-Unis douze ans dans le couloir de la mort. Selon ses avocats, il n'a pas eu le temps d'épuiser tous ses recours. C'est pourquoi ils avaient demandé à la Cour suprême de suspendre l'injection mortelle le temps qu'elle examine sur le fond un appel arguant qu'il n'avait pas été correctement représenté lors de son procès. Mais la plus haute juridiction des Etats-Unis a refusé lundi de reporter l'exécution, contre l'avis de trois de ses juges qui ont protesté dans une déclaration séparée.
Pour les avocats qui le défendent depuis sa condamnation à mort, Muhammad n'aurait pas dû pouvoir se représenter seul pendant une partie de son procès. Son conseil d'alors aurait dû, selon eux, objecter que son client était dans l'incapacité mentale de le faire puisqu'il présentait, sur la foi d'un neurologue, "de graves anomalies" cérébrales. "Sa paranoïa et ses bouffées délirantes étaient évidentes et ont eu un effet dévastateur" sur son comportement au procès, expliquent-ils.
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