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Un an après, le changement "obamien" à l'épreuve

Par Fabrice Aubert , le 04 novembre 2009 à 05h45, mis à jour le le 04 novembre 2009 à 09:13

Le 4 novembre 2008, Barack Obama était élu président des Etats-Unis dans un vaste élan d'optimisme. Un an, un Prix Nobel et une défaite électorale plus tard, son changement est plus difficile que prévu.

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Barack Obama président White HouseImage d'archives

Un an après son élection, et surtout neuf mois et demi après sa prise de fonctions effective le 20 janvier dernier, Barack Obama a revu sa formule : "Le changement auquel nous pouvons croire" ("Change we can believe in"), l'un des slogans phares de sa campagne avec le désormais culte "Yes, we can" ("Oui, nous pouvons") est devenu, de l'aveu même du 44e président des Etats-Unis : "Changer les choses est toujours difficile". Comme c'était probable, le vent d'optimisme qui régnait sur l'Amérique le 4 novembre 2008 est bien retombé. Il s'est heurté à la fois à la pire situation économique depuis les années 30 et un conservatisme toujours rampant. 


 
Outre la conjoncture et les données profondes de l'Amérique, une donnée, souvent passée sous silence, explique aussi les difficultés : même si Barack Obama a été bien élu avec environ 53% des voix au niveau national face à John McCain, il reste, du fait d'une abstention assez élevée (grosso modo 40%), un président minoritaire, puisqu'un plus d'un électeur sur deux n'a pas voté en sa faveur. Bien sûr, c'est le lot de presque tous les présidents des démocraties occidentales. Mais quand on a créé autant d'espérances que lui, les déceptions -et donc les critiques- sont proportionnelles. 
 
Rupture symbolique

Pourtant, à peine investi, Barack Obama a montré qu'il entendait, autant que possible, tenir ses promesses : son premier acte à la Maison-Blanche fut en effet de signer la fermeture de la prison de Guantanamo, dans un délai d'un an. Il reste aujourd'hui un peu plus de deux mois pour tenir l'objectif. Or il est fort probable qu'il devra reculer sur le sujet, tout comme sur celui du jugement des membres de l'administration Bush ayant autorisé la torture après le 11-Septembre.

Néanmoins, s'il est bien une chose qu'on ne peut lui reprocher, c'est de persévérer dans cette volonté de marquer la rupture, au moins sur le plan symbolique, avec l'ère George W. Bush. Dernière mesure en date : la fin de l'interdiction d'entrée aux Etats-Unis pour les malades du Sida.

Prix Nobel, oui, mais des "bonnes intentions"
 
Plus concrètement, cette rupture a surtout lieu sur le plan diplomatique. Terminé le cavalier seul de George W. Bush face au reste du monde. Comme il l'avait promis, Barack Obama pratique la politique de la main tendue pour restaurer l'image des Etats-Unis, notamment dans les pays musulmans. Il a accéléré le désengagement d'Irak (avec des effets limités sur la sécurité sur place), abandonné le projet de boucliers anti-missile en Europe de l'Est qui irritait la Russie ou encore détendu les discussions avec la Corée du Nord ou le Venezuela. Cette volonté de dialogue est surtout perceptible dans le dossier du nucléaire iranien.

  • Tout ceci a valu un Nobel de la Paix au président américain, auquel il n'était pas spécialement candidat. Problème : basée essentiellement sur de bonnes intentions qui n'ont pour l'instant rien donné, aussi bien sur l'Iran que dans le processus de paix au Proche-Orient, la distinction a fait jaser. Et elle mettra le locataire de la Maison-Blanche en porte-à-faux s'il décide d'envoyer, contre l'avis de l'opinion américaine, de nouvelles troupes en Afghanistan, comme c'est désormais très probable. 

    Les barrières raciales toujours là 
     
    Pour les Américains, plus que sur le plan extérieur, c'est évidemment sur le plan intérieur que Barack Obama est le plus scruté, aussi bien par ses partisans que par ses adversaires. Là encore, le changement est mis à l'épreuve des faits. Tout d'abord, la conjoncture. Même si ses conseillers s'en vantent, il est encore trop tôt pour affirmer que son pharaonique plan de relance de l'économie, estimé à plus de 800 milliards de dollars, est à l'origine de la fragile reprise constatée au 3e trimestre et du ralentissement du chômage.

Ensuite, le conservatisme social d'une large partie de la population face au plus important programme de réformes mis en place depuis le New Deal de Franklin Roosevelt en 1933 : étendre au plus grand nombre la couverture santé donne lieu à une bataille acharnée, voire malsaine, menée par les républicains,  combattre le réchauffement climatique ou assainir le monde de la finance se heurte à des résistances considérables. Quant à la fin des barrières raciales, on en est encore loin, malgré la présence d'un président noir à la Maison-Blanche.

Les élections de mi-mandat déjà en ligne de mire
 
Conséquence de toutes ces péripéties : la popularité de Barack Obama, à son maximum en janvier avec plus de 70% d'opinions positives, a fondu petit à petit. Au point d'atteindre durant l'été la cote d'alerte d'à peine 50%... moins que George W. Bush au même instant du 1er mandat. Elle est depuis légèrement remontée au-dessus de la barre fatidique. Nul ne doute qu'elle sera scrutée avec attention dans les mois qui viennent.

Plus que les scrutins locaux qui ont eu marqué la défaite des démocrates ce mardi pour les postes de gouverneurs dans le New Jersey et en Virginie (cliquez ici pour lire notre article), elle influera en partie sur les résultats des élections parlementaires de mi-mandat en novembre prochain. Certes, il reste un an. Mais sur le terrain, les candidats ne vont pas tarder à partir en campagne, si ce n'est déjà fait. L'utilisation ou non de Barack Obama par les démocrates sera le meilleur étalon de son succès ou de son échec à la Maison-Blanche.


Que pensent les Américains du bilan d'Obama ?
La réponse ci-dessous avec Guillaume Debré,
notre correspondant permanent aux Etats-Unis

Par Fabrice Aubert le 04 novembre 2009 à 05:45
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