Attentat déjoué : complot, lien avec Al-Qaïda ? Le FBI cherche

Par D.H. (avec agences), le 27 décembre 2009 à 15h29 , mis à jour le 28 décembre 2009 à 10h25

Dossier : Alerte terroriste

Le Nigérian de 23 ans qui a tenté de faire exploser un avion vendredi a été inculpé samedi soir aux Etats-Unis et présenté à un juge dimanche. Les USA enquêtent pour savoir s'il a agi seul ou pas.

Il commence à parler. Umar Farouk Abdulmutallab, le Nigérian de 23 ans qui a tenté vendredi de provoquer une explosion à bord d'un avion transportant 278 passagers avant d'être maîtrisé par plusieurs d'entre eux, a été inculpé samedi soir aux Etats-Unis de "tentative de destruction d'avion" et présenté à un juge le lendemain. Menotté à un fauteuil roulant, le suspect brûlé au 3e degré portait des bandages aux poignets et sur les mains. 
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Un visa américain valide
Selon des journalistes autorisés à assister à l'audience, Abdulmutallab a déclaré au juge ne pas avoir les moyens de se payer un avocat et s'en est vu commettre un d'office. Selon des témoins et l'ordonnance d'inculpation, Abdulmutallab a avoué avoir injecté à l'aide d'une seringue un liquide chimique dans une poudre qu'il avait cachée sur sa cuisse. Ce qui lui aurait permis de passer sans difficulté les contrôles de l'aéroport d'Amsterdam-Schipol, jugés très sérieux. C'est là qu'il a pris sa correspondance. Il venait de Lagos, au Nigeria, et était en possession d'un visa américain datant de juin 2008. Recensé comme potentiellement dangereux, il n'était toutefois pas sur la "no-fly list" américaine (lire plus bas). Et cette nouvelle information de la ministre nigériane de l'Information : Abdulmutallab est arrivé au Nigeria le 24 décembre et en est reparti le même jour.

Une technique inédite ?
Selon les témoignages des passagers recueillis par le FBI, une quarantaine de minutes avant l'atterrissage, Abdulmutallab s'est rendu aux toilettes où il est resté une vingtaine de minutes. A son retour, il a mis une couverture sur lui, puis les passagers ont ensuite entendu des bruits "semblables à l'explosion de pétards" et vu le feu prendre sur une paroi de l'avion et une jambe de pantalon du suspect. Un touriste néerlandais, Jasper Schuringa, devenu le "héros" du vol 253, s'est alors jeté sur lui, l'a ceinturé, et a entrepris d'éteindre le feu avec l'aide d'autres passagers et de l'équipage (lire notre article).

Entraîné au Yémen ?
Le ministre américain de la Justice a précisé qu'il portait sur son corps un "explosif puissant", du PETN ou penthrite (lire notre article). Il s'agit d'un explosif très sensible et très puissant de la famille de la nitroglycérine. S'il "avait réussi, de nombreuses personnes innocentes auraient été tuées ou blessées", a estimé le ministre. Selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal, Abdulmutallab a dit aux enquêteurs que les produits chimiques lui avaient été donnés par des agents d'Al Qaïda au Yémen, qui lui auraient aussi indiqué comment s'en servir. Le jeune homme aurait également affirmé avoir été entraîné par des membres d'Al-Qaïda au Yémen, où sa famille dit qu'il s'est rendu cet été.

Seul ou pas ?
L'homme se dit donc lié à Al-Qaïda ce dont le FBI a l'air de douter : la manière de faire ne porte pas la marque du réseau terroriste et il ne semble pas avoir été formé dans les camps de la nébuleuse terroriste. Les enquêteurs privilégieraient la piste d'un terroriste ayant agi seul. Ceci étant, le PETN était l'une des substances transportées par Richard Reid, qui avait tenté fin 2001 de mettre le feu à des explosifs dissimulés dans ses chaussures à bord d'un vol transatlantique. Reid, qui se réclamait du chef d'Al Qaïda Oussama ben Laden, purge une peine de prison à vie aux Etats-Unis.
La ministre américaine de la sécurité intérieure, Janet Napolitano, a affirmé dimanche sur CNN qu'il n'y avait "aucune indication" que la tentative d'attentat manqué fasse partie d'un complot "plus large". La ministre a ajouté qu'il était trop tôt pour "spéculer" sur d'éventuels liens entre l'auteur de l'attentat manqué et le réseau Al-Qaïda. "Je ne peux pas vous en dire plus. Laissons le FBI et la justice faire leur travail", a ajouté la ministre sur ABC.

Des études brillantes à Londres
Comme les autorités néerlandaises, les autorités nigérianes ont ouvert une enquête, de même que la Grande Bretagne. Car les premiers éléments laissent penser que l'auteur de la tentative a vécu et étudié au Royaume-Uni. Scotland Yard a mené samedi plusieurs perquisitions à Londres, alors que, selon les médias, le suspect a peut-être étudié dans une prestigieuses université londonienne : UCL (University College London ). L'université britannique University College London a confirmé samedi qu'elle avait bien compté dans ses rangs un Abdulmutallab, prénommé Umar Farouk. Si c'est lui, il a en tous cas "suivi un cursus d'ingénierie mécanique dans notre institution entre septembre 2005 et juin 2008", a précisé UCL.

Sa famille inquiète de sa radicalisation
Abdulmutallab a été décrit par sa famille et ses anciens professeurs comme un jeune homme intelligent, raisonnable et studieux. Il semble qu'il ait adhéré depuis longtemps aux idées islamistes. Il y a quelques mois, il aurait envoyé un SMS à sa famille pour couper tout contact, selon notre correspondant à Washington, Guillaume Debré. Le père du jeune Nigérian, un ancien ministre et dirigeant de banque, avait fait part auprès de l'ambassade américaine au Nigeria de "son inquiétude" à propos de la  radicalisation de son fils le mois dernier.

Sur une liste, mais pas la "no-fly list"
La démarche du père avait suscité son inscription en novembre dans une vaste base de données officielle de 550.000 personnes susceptibles d'avoir un lien avec le terrorisme. Mais le suspect, a indiqué à l'AFP un haut responsable américain, n'était pas classé parmi les 4.000 personnes interdites de vol vers les Etats-Unis, la fameuse "no-fly list". Le porte-parole de la Maison blanche a indiqué sur CNN que la présidence allait revoir la politique concernant la liste des individus suspects candidats à l'entrée sur le territoire américain.

Parallèlement à l'enquête, les mesures de sécurité étaient renforcées samedi dans les grands aéroports d'Europe et d'Amérique du Nord, à la demande des Etats-Unis (lire notre article). 

Par D.H. (avec agences) le 27 décembre 2009 à 15:29
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2 Commentaires

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  • germ32, le 28/12/2009 à 09h53

    Slt je dirais que le jeune nigerian a agit tout seul car un vrai terroriste de al quaida ne se devoil pas aussi facilement ses deplacement dans plusieurs pays en asie c est jute pour attirer l attention des autorites sur l enquete.

  • stephanie49700, le 27/12/2009 à 16h49

    Moi qui croyais que tous les pays étaient maintenant équipés de détecteurs d'explosifs. Décidement ...

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