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Le "Berlusconi chilien" prend une sérieuse option sur la présidence

Edité par
le 14 décembre 2009 à 06h48
Temps de lecture
3min
sebastian pinera victoire 1er tour

Sebastian Pinera, après être arrivé en tête de la présidentielle chilienne (13/12/2009) / Crédits : Reuters

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AmériquesLe multimillionnaire Sebastian Pinera obtient 44% des suffrages au premier tour de la présidentielle, devançant son rival de gauche de 14 points. Le second tour aura lieu le 17 janvier.

C'est donc un multimillionnaire issu de la droite modérée, Sebastian Pinera, et un ex-président soutenu par le centre-gauche, Eduardo Frei, qui s'opposeront au second tour de la présidentielle au Chili. Le premier a dominé le premier tour de la tête et des épaules en obtenant, selon le premier décompte partiel portant sur 60% des suffrages, 44,23% des voix.

Sportif et souriant, homme d'affaires à succès, il a promis de créer "un million de nouveaux emplois" et de renforcer la lutte contre la criminalité, mais sans toucher à l'héritage social de la présidente socialiste Michelle Bachelet, à qui il a rendu un prudent hommage. Cet économiste de formation passé par Harvard a fait fortune dans la monétique en introduisant les cartes bancaires au Chili, et ses affaires se sont étendues à l'immobilier, la pharmacie, les médias, à l'aviation et au football. Des intérêts multiples qui lui ont valu d'être qualifié de "Berlusconi chilien" par la gauche. En 2007, il a été condamné à une amende de 700.000 dollars pour un délit d'initié lié à son entrée au capital de la LAN.

Une droite conquérante, une gauche divisée

 

Il devance de 14 points Eduardo Frei, chef de l'Etat de 1994 à 2000, qui recueille 30,5% des suffrages après avoir en vain tenté de s'inscrire dans la continuité de Michelle Bachelet, qui termine son mandat avec une cote de popularité de 77%, à la tête du pays à l'économie la plus stable de la région. Un second tour départagera les deux hommes le 17 janvier et pourrait voir la droite revenir au pouvoir après vingt ans passés dans l'opposition. Une victoire de Pinera irait à contre-courant de la domination de la gauche en Amérique du Sud.

 

Ce serait aussi une revanche personnelle : en 2005, Pinera avait été battu par Michelle Bachelet, qui ne pouvait briguer un second mandat d'affilée. Et il a bénéficié cette année des divisions de la gauche. Eduardo Frei devait faire face notamment à la candidature de Marco Enriquez-Ominami. Cet ancien producteur de cinéma de 36 ans, fils d'un révolutionnaire de gauche assassiné par la junte de Pinochet qui se présentait sous les couleurs de la "gauche progressiste", obtient 19% des suffrages.

Frei a appelé les électeurs d'Enriquez à reporter leurs suffrages sur son nom, mais ce dernier avait fait savoir avant le scrutin qu'il ne soutiendrait aucun autre candidat au second tour. Jorge Arrate, lui aussi dissident de la Concertation, est crédité lui d'un score de près de 6%. Il a promis pendant la campagne d'appeler à voter pour Frei. L'inconnue du second tour réside donc dans le comportement des électeurs d'Enriquez-Ominami.

Commenter cet article

  • al38240 : C'est marrant, dès que la droite est en passe de reprendre le pouvoir dans un pays, elle est systématiquement descendue en flèche par les médias ! ! ! Et en ce qui concerne le Chili, les noms de Berlusconi et de Pinochet ressortent à la vitesse grand V ! ! ! ! !

    Le 15/12/2009 à 11h06
  • becaud : A croire que les pauvres chiliens ne se souviennent plus de la dictature de Pinochet pour donner la victoire à un milliardaire de droite ! les mémoires sont courtes, comme en France

    Le 14/12/2009 à 14h24
  • a.1.2.c.4 : Plus de voyage au Chili ... pour Marie-Ségolène Royal ...!

    Le 14/12/2009 à 13h25
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