A Port-au-Prince, d'autres séismes viendront

Par TF1 News (Avec agence), le 16 janvier 2010 à 08h43 , mis à jour le 16 janvier 2010 à 08h48

Dossier : Séisme en Haïti

Haïti et sa région doivent s'attendre à d'autres tremblements de terre majeurs, prédisent les experts. Or, l'ampleur même des destructions pourrait permettre de reconstruire rapidement des bâtiments plus résistants.

Un blessé en chaise roulante regarde un bâtiment officiel détruit par le séisme.Un blessé en chaise roulante regarde un bâtiment officiel détruit par le séisme. © Ho New / Reuters

Pour Haïti, et tout particulièrement pour la région de Port-au-Prince, le séisme de mardi était le pire en 200 ans. Mais deux siècles, à l'échelle géologique, c'est malheureusement peu de choses. La violence de la secousse vient surtout rappeler cruellement la configuration dangereuse du lieu, et le risque toujours présent de nouveaux séismes majeurs.

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Retrouvez notre sossier sur le séisme en Haïti La ville de Port-au-Prince est en effet située sur une longue ligne de faille. Même s'il n'y a que deux gros foyers de peuplement le long de cette faille, - Port-au-Prince et Kingston, en Jamaïque - une nouvelle catastrophe est à craindre. D'autant que le segment qui a causé le séisme de mardi n'est pas le plus proche de la capitale haïtienne. Par ailleurs, une seconde faille, qui traverse le nord d'Haïti et s'étend jusqu'en République dominicaine voisine, n'a pas connu de rupture depuis 800 ans, et la pression qui s'est accumulée est suffisante pour former un séisme majeur, d'une magnitude de 7,5. "Toute la question est de savoir quand ces ruptures auront lieu", souligne Paul Mann, chercheur à l'Institut de géophysique de l'Université d'Austin au Texas, expliquant qu'il est très difficile de prédire "si ce sera l'an prochain ou dans 100 ans".

Une pression accrue en d'autres points de la faille

Le séisme de mardi pourrait avoir provoqué des déséquilibres accrus le long de la ligne de failles proche de Port-au-Prince, risquant d'entraîner d'autres tremblements de terre à brève échéance. "Cette libération d'énergie dans la région proche de Port-au-Prince pourrait en fait avoir augmenté la pression dans les segments adjacents de la même faille" sismique, estime Paul Mann. Des chercheurs travaillent déjà sur des systèmes de modélisation pour tenter de prévoir de quelle manière les changements de pression résultant du tremblement de terre de magnitude 7,0 enregistré mardi en Haïti ont affecté ces segments. "Cette faille est longue de plusieurs centaines de kilomètres et le segment qui s'est rompu, provoquant ce séisme, ne mesure que 80 km", souligne le chercheur texan. Or, "beaucoup d'autres segments qui n'ont pas connu de séisme depuis des centaines d'années accumulent de la pression" et "n'importe lequel de ces segments pourrait provoquer un séisme similaire à celui qui s'est produit en Haïti".

D'où cette mise en garde lancée par Paul Mann : "Il ne faut pas reconstruire en partant du principe que le danger est passé pour Haïti". Une mise en garde qui n'est malheureusement pas la première. Eric Calais, un géophysicien français qui travaille à l'université Purdue, dans l'Indiana, a commencé à étudier dès 2003 la faille responsable du séisme de mardi. Il a rapidement averti les autorités haïtiennes de l'accumulation dangereuse de pression, mais peu de choses ont été faites pour renforcer les bâtiments dans ce pays très pauvre.

Une succession de catastrophes

"Le gouvernement haïtien n'est pas à blâmer", estime Eric Calais. "Ils nous ont écouté attentivement et ils connaissaient le danger. Ils étaient très préoccupés et avaient commencé à prendre des mesures. Mais c'est arrivé trop tôt". En mars 2008, Paul Mann et lui avaient pronostiqué un séisme de 7,2, sans toutefois pouvoir évaluer à quelle échéance. Or le gouvernement haïtien a dû, la même année, gérer la reconstruction après le passage de quatre ouragans dévastateurs sur l'île. Les autorités haïtiennes avaient tout de même commencé à préparer une réponse d'urgence, mais n'ont pas pu mettre aux normes les bâtiments les plus importants comme les écoles, les hôpitaux, les édifices gouvernementaux.

"C'est un pays pauvre", souligne encore Eric Calais. "Renforcer un bâtiment pour qu'il résiste à un séisme majeur peut être aussi coûteux que de le remplacer". Mais la destruction entraînée par le séisme de mardi pourrait désormais permettre de reconstruire aux normes, souligne ce chercheur, expliquant que des techniques d'ingénierie relativement bon marché seraient applicables.

Par TF1 News (Avec agence) le 16 janvier 2010 à 08:43
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4 Commentaires

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  • north-mandie, le 16/01/2010 à 14h47

    La meilleure réponse aux séismes réside dans une construction ayant pour base une infrastructure en bois (type maison à colombages normande) ou en fer (à condition que les soudures soient de qualité)... En France, un grand constructeur de maisons individuelles utilise un système d'ossature métallique sur lequel viennent se fixer des plaques en béton armé. Ces maisons, sont ce qui se fait de mieux dans le domaine anti-sismique. Leur brevet est utilisé au Japon et aux USA (les fameuses tours jumelles, qui se sont écroulées, non pas à cause du choc causé par l'avion, mais suite à l'incendie. Le feu est l'ennemi du bois et du fer). En Haïti, dés que l'on a un peu de moyens financiers, on a construit en béton, très bon matériaux certes, mais à Haïti, il semble être de très mauvaise qualité (ferraillage mal adapté). Un mauvais béton, c'est la mort assurée... Par contre, les constructions légères, faites de bois et de planches ou de tôles, si elle sont synonymes de pauvreté, sont parfaitement inoffensives en cas de séisme. Pour une fois, les très pauvres auront-ils eu plus de chance que les riches...

  • diktatur, le 16/01/2010 à 14h46

    Effectivement,quand on voit les maisons écroulées et les matériaux friables utilés,on ne peut pas être étonné des dégâts, je pense que le mortier et béton devait être composé d'une faible quantité de ciment qui ne résiste pas

  • tipoussy01, le 16/01/2010 à 12h44

    L'humanité est ainsi faites que les catastrophes naturelles n'empêchent pas que les endroits les plus exposés soient quand même surpeuplé et soient toujours en expansion démographique. Acroire que ces catastrophes sont exceptionnelles, mais elles ne le sont pas. Qu'est-ce que 200 ans aujourd'hui où il n'est pas rare qu'une personne vive plus de 100 ans. On a su colonisé Haïti et en faire ce qu'elle est. Aux Pays concernés de prendre leurs responsabiltés et d'aider sérieusement ces pays plutôt que de continuer à les piller via des gouvernements successifs mis en place par celui des pays qui se montrera le plus influent.

  • marcstdomingue, le 16/01/2010 à 10h04

    Je suis en train de construire de l'autre cote de la frontiere en Rep Dominicaine. Il est vrai que le surcout antisismique n'est pas negligeable mais il ne va pas au dela de 5% du cout total de la construction. Si j'avais eu un probleme de budget, j'aurai construit 5% plus petit mais je n'aurai pas fait l'impasse sur ces normes, et je crois que personne ici, riche ou pauvre, ne s'amuse a les negliger. L'aspect financier n'explique pas tout, surtout pour les constructions publiques. Les deux derniers gros tremblements de terre dans ma region en 2000 et surtout 2003 d'une magnitude de 4,7 ( certe tres loin des 7) n'ont en gros fait d'autres degats que de la vaisselle cassee ou des refrigerateurs renverses...et le seul batiment sur des milliers qui s'est effondre comme un chateau de carte est une ecole a Puerto Plata, encore un marche public ! C'etait en debut de soiree, donc l'ecole etait heureusement vide. Pour les curieux, suivant la nature du sol, la norme ici est un radier de 25 minimum, arme en haut et en bas pour ceux qui en ont les moyens ou pour les plus modestes des semelles filantes ou isolees sous poteau beton 30x30 toutes reliees entre elles par des longrines pour verrouiller leur ecartement et leur rupture lors du passage de l'onde sismique. Des repartisseurs de charge connectent tous les poteaux raidisseurs et un chainage beton est utilise en haut en bas, a chaque etage ainsi que le long du sommet de toutes les fenetres elles memes egalement renforcees verticalement et connectees directement a la fondation. Le but est que l'oeuvre soit solidaire et bouge en meme temps et dans le meme sens . Pas certain que ca resiste a une magnetude de 7 de plusieurs dizaines de secondes, mais au moins ca ne s'effondre pas.

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