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DOSSIER : Séisme en Haïti

Des pillards font régner la terreur alors que l'aide se déploie

Edité par
le 16 janvier 2010 à 07h39
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4min
Un nouveau jour à Port-au-Prince : dans une rue dévastée, un habitant roule ses maigres affaires.

Un nouveau jour à Port-au-Prince : dans une rue dévastée, un habitant roule ses maigres affaires. / Crédits : J. Silva / Reuters

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AmériquesMalgré l'arrivée des troupes américaines censées encadrer la distribution de l'aide, les habitants restent privés de tout depuis mardi. Une situation qui favorise les pillages et l'émergence de gangs armés.

Pillages et braquages ajoutaient à l'angoisse et au désespoir samedi des survivants quatre jours après le séisme qui a ravagé Haïti mardi, ce malgré l'arrivée des troupes américaines censées encadrer la distribution des tonnes d'aide à une population au comble du dénuement.
 
Une avant-garde des quelque 10.000 soldats américains qui doivent être déployés à Haïti, a pris le contrôle de l'aéroport de Port-au-Prince. Quelque 4.200 militaires américains sont arrivés et 6.300 autres doivent les rejoindre d'ici lundi alors que Washington a déjà débloqué une première tranche de 100 millions de dollars d'assistance. Mais, alors que la population se plaint amèrement de la lenteur de l'aide, les pillages, de plus en plus fréquents, augmentent les craintes d'une population déjà terrorisée par la multiplication de gangs armés.

Retrouvez notre sossier sur le séisme en Haïti"Des hommes armés de machettes font éruption pour voler l'argent", témoigne ainsi une jeune femme. "Et ce n'est que le début", ajoute-t-elle. "Les gens sont affamés, assoiffés. Ils sont livrés à eux-mêmes. C'est de plus en plus dangereux. Il n'y a plus de police, les gens font ce qu'ils veulent", déplore un religieux adventiste. Quelque 6.000 détenus se sont évadés des prisons haïtiennes, partiellement détruites et laissées sans surveillance après le séisme. "Tant que les gens auront faim et soif, tant que nous n'auront pas réglé le problème des sans-abri, nous courrons le risque d'émeutes", a averti le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim, après une visite à Port-au-Prince. L'ONU a lancé un appel d'urgence à la communauté internationale pour récolter 562 millions de dollars pour Haïti. Mais les paroles de réconfort en provenance du monde entier ne suffisent pas à apaiser les Haïtiens.

Des cadavres déchargés à la va-vite

Malgré le déploiement progressif des parachutistes américains, les sinistrés déambulent au milieu des ruines et de la puanteur des cadavres, rendue encore plus insoutenable par la chaleur tropicale. Au cimetière de la capitale haïtienne, les camions déchargent à la va-vite des dizaines de cadavres dans une fosse commune creusée par les autorités, sous les yeux d'habitants qui ont renoncé à organiser la moindre cérémonie funèbre. Le Premier ministre, Jean-Max Bellerive, a précisé vendredi après-midi que plus de 15.000 corps avaient été ramassés et ensevelis depuis mardi. Mais c'est plus de 50.000 personnes qui auraient été tuées et 250.000 blessées, selon le ministre haïtien de la Santé publique, Alex Larsen. Et, ajoute-t-il, près de 1,5 million d'Haïtiens sont sans-abri.

Cette évaluation correspond à celle fournie par la Croix-Rouge, qui a évoqué jeudi le chiffre d'environ 50.000 morts. Selon l'ONU, 10% des habitations ont été détruites dans l'agglomération de 2,8 millions d'habitants où des équipes de sauveteurs de nombreux pays sont à pied d'oeuvre. L'Etat haïtien a été décapité par le séisme, qui a détruit de nombreux ministères ainsi que la présidence et le parlement. Le ministre de la Santé a indiqué que le siège du gouvernement avait été transféré dans un commissariat de police.

L'ONU a annoncé vendredi que son chef Ban Ki-moon irait en Haïti dimanche pour évaluer les besoins en aide humanitaire et a lancé un appel à la communauté internationale pour récolter 562 millions de dollars, destinés à venir en aide aux Haïtiens. Les autorités américaines ont déjà investi 48 millions de dollars pour fournir de la nourriture à 2 millions de sinistrés pendant plusieurs mois, a déclaré le directeur de l'Agence gouvernementale américaine d'aide au développement, Rajiv Shah. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a annoncé pour sa part qu'elle se rendrait samedi en Haïti, où les difficultés sur le terrain demeurent immenses. Le port est complètement hors d'usage et les déplacements sont entravés par des routes détruites ou bloquées par des amas de gravats.

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  • patrickhouston : Stelmaria0, raison de plus..... si le pays est le plus pauvre de la planète c'est grâce aux dirigeants successifs qui se sont rempli les poches au détriment de peuple et tout cela avec la "bénédiction" des pays civilises.....

    Le 17/01/2010 à 02h01
  • jjboul : Et bien quand je lis ce genre de commentaire, deux choses me viennent à l'esprit. La première est qu'heureusement que vous n'êtes pas décideur dans ce pays car vous largueriez des parachutistes dans un pays où il n'y a plus rien, même plus de nouriture. Ils auraient l'air fins, nos paras en train de piquer le peu que les populations ont à manger. La seconde, allez apprendre à écrire car si la faute de frappe est possible, autant de fautes dans si peu de lignes fait mal à lire. Et surtout, ne partez pas là bas, vous encombreriez, de la même manière que moi aussi j'irais bien aider, mais je n'irai pas car je ne voudrais pas être un poids dans une organisation pas facile à mettre en place. Votre commentaire part certainement d'un bon sentiment mais réservez vous.

    Le 17/01/2010 à 01h05
  • tcaut : Bonsoir lecteurs et LCI Nous avons eu ces mêmes phénomène de pilage à une échelle beaucoup plus peitite lors des grandes inondations que nous avons eu en France, ces vraiment dégueulasse, de profiter du malheur des autres, mais à Haïti, la majoririté sont dans la misère. Ces pilleurs je crois me souvenir qu'il y avait somation et que l'on tirait, en France. En ce qui concerne Haïti, laissons faire les Américains qui sont plus près géographiquement, et ont énormément d'Haitiens chez eux qui transitent illégalement via la Floride, Haïti vit sous l'influence américaines, nous y avons été sous Colbert au XVIème siècle pour chasser les Espagnol et nous nous somme fait virer. C'est aux Etatx Unis de mettre de l'ordre sur cette ile, et de reconstruire, ils sont déjà sorti une enveloppe de 100 millions de dollards et disposent d'un potentiel logistique et militaire surpuissant, ce n'est pas la peine d'envoyer tous les pays du monde sur une petite ile, tous les dons et gestes sont biens venus, mais ce n'est pas la peine d'aller tous la bas, cela serait la zizanie, sans compter le nombre de morts supplémentaires causé par les milliers de pillards, près à tout, les USA s'en sortiront tous seuls , ils ont des moyens incroyable, et de plus disposent de leur base de la US Navy situé sur l'Ile de Port Rico proche de Haïti, en France BRAVO à tous pour tous les donateurs , mais nous avons de gros problèmes déjà chez nous, alors avant d'aller s'occuper des autres , réglons déjà nos problèmes. C'est triste et catastrophique , mais il ne faut plus à l'avenir contruire en dur sur cette ile qui repose sur des plaques techtoniques instables. Je combattit et suis très ému par tous ces pauvres gens, d'autant que je connais toute cette région des Caraïbes assez bien, Porto Rico, Haïti, Cuba, La Martinique etc etc , en tant qu'ancien Marin, je suis de tout coeur avec ces pauvres gens haïtiens. cordialement. Thierry

    Le 17/01/2010 à 01h00
  • zarker : Tiens un anti americain????

    Le 17/01/2010 à 00h53
  • zarker : Ca va l'anti americain

    Le 17/01/2010 à 00h39
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