La police américaine avait manqué de peu l'apprenti-terroriste

Par TF1 News, le 07 janvier 2010 à 06h51 , mis à jour le 04 octobre 2010 à 18h38

Les policiers auraient pu empêcher Abdulmutallab de monter à bord du vol 253, mais n'ont découvert son nom sur la base de données des Douanes qu'après son embarquement à Amsterdam.

Umar Farouk Abdulmutallab, accusé de tentative d'attentat contre un vol de la Northwest AirlinesUmar Farouk Abdulmutallab, accusé de tentative d'attentat contre un vol de la Northwest Airlines © H. New / Reuters

Le 25 décembre, Umar Farouk Abdulmutallab, un jeune Nigérian de 23 ans, montait dans un avion de la compagnie américaine Northwest Airlines effectuant la liaison entre Amsterdam et Detroit en ayant caché dans ses sous-vêtements de la poudre explosive. L'avion comptait 279 passagers et 11 membres d'équipage à son bord. Alors que l'avion entamait sa descente vers Detroit, le jeune homme tentait de provoquer une explosion. Mais sa bombe artisanale faisait long feu et il était  maîtrisé par des passagers.

Si les services de renseignement ont dysfonctionné et n'ont pu l'empêcher de commettre sa tentative d'attentat, Umar Farouk Abdulmutallab était pourtant suivi. C'est ainsi que la police américaine aux Frontières savait qu'un individu potentiellement dangereux se trouvait à bord du fameux vol Amsterdam-Detroit. Et les policiers l'attendaient à l'aéroport pour l'interroger. Pourquoi ne pas être intervenus avant ? Tout simplement, affirme le Los Angeles Times, parce que des responsables de la police américaine n'ont découvert le nom d'Umar Farouk Abdulmutallab sur la base de données des Douanes et de la Protection des frontières qu'après son embarquement à Amsterdam sur le vol Northwest 253.

Le jeune Nigérian inculpé de tentative de meurtre

La "base de données a signalé les inquiétudes du département d'Etat concernant ce gars, qu'il pourrait avoir fréquenté des éléments extrémistes au Yémen", a assuré un haut responsable des forces de sécurité ayant requis l'anonymat, précisant que si ces données avaient été découvertes plus tôt, les services de sécurité auraient pu "l'empêcher de monter dans l'avion".

Mais le délai pour détecter qu'un passager représente une menace potentielle avant l'embarquement est limité. L'analyse en profondeur de la liste des passagers ne commence qu'une fois le manifeste de vol émis, quelques heures seulement avant le décollage. Une explication en forme de plaidoyer après la grosse colère de Barack Obama, qui a sévèrement critiqué les services américains de renseignement et de sécurité, lesquels avaient selon lui "suffisamment d'informations pour déjouer ce complot et peut-être empêcher l'attaque du jour de Noël".

Pendant que les services de sécurité tentent d'expliquer le "raté" qui a pu permettre à l'apprenti-terroriste de passer entre les mailles du filet jusqu'à commettre sa tentative d'attentat, le principal intéressé a été inculpé mercredi de "tentative de meurtre" et de "tentative d'utilisation d'une arme de destruction massive". C'est un tribunal de droit commun de Detroit qui a notifié au jeune homme les six chefs d'accusation qui pèsent sur lui. Quatre de ces chefs sont passibles de 20 ans de prison chacun, deux autres de 30 ans, mais aucun toutefois n'est passible de la peine de mort. Le jeune homme doit comparaître vendredi devant un tribunal fédéral de Detroit et dire s'il plaide coupable ou non. "Les charges pesant contre Umar Farouk Abdulmutallab pourraient lui valoir la prison à vie", a estimé Eric Holder, le ministre américain de la Justice dans un communiqué. "Cette enquête est rapide, complète et se poursuit et elle a déjà permis d'obtenir des renseignements de valeur que nous allons utiliser où qu'ils mènent".

La Maison Blanche publie jeudi une partie de l'enquête

L'administration américaine doit publier ce jeudi une partie de l'enquête qu'elle a diligentée sur les failles qui ont conduit les services de renseignement à ne pas se rendre compte de l'imminence d'un attentat contre un avion le 25 décembre. Selon le porte-parole de la présidence américaine, le conseiller antiterroriste de Barack Obama devrait d'abord remettre jeudi au président une version classée secret défense du rapport, avant qu'une version destinée au public ne soit publiée.

 

Par TF1 News le 07 janvier 2010 à 06:51
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3 Commentaires

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  • ally0712, le 08/01/2010 à 13h49

    Ah oui? C'est toujours les américains de toute façon?!?!? Les Français font-ils quelque chose contre le terrorisme??

  • djinn66, le 07/01/2010 à 07h45

    Les Français on n'en parle même pas...

  • nino1948, le 07/01/2010 à 07h23

    Les americains sont des pitres.

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