A l'étranger, les communautés haïtiennes cherchent désespérément des nouvelles de leurs proches. "Nous sommes un peuple vaillant, restez debout", a lancé aux Haïtiens, à travers les larmes, la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean, elle-même d'origine haïtienne. Sur le continent nord-américain, la diaspora haïtienne est nombreuse, et beaucoup de ses représentants ont pu percer dans le monde du sport. Ainsi, des sportifs Américano-haïtiens ont fait part mercredi de leurs grandes inquiétudes et de leur désarroi après le séisme qui a dévasté la capitale de leur pays d'origine, confiant aussi leurs difficultés à joindre leurs proches sur place.
Samuel Dalembert, le pivot de la franchise NBA des Philadelphie 76ers, n'a eu que des nouvelles de son père et d'une soeur. "J'imagine facilement ce que les gens traversent, ça me tue... C'est inimaginable. Je vois tous ces gens à l'intérieur et les bâtiments qui s'écroulent...", a-t-il indiqué. Le boxeur André Berto, champion WBC des poids welters, né en Floride de parents Haïtiens, a lui confié avoir perdu des membres de sa famille. "Comme beaucoup d'Américano-haïtiens, ma famille cherche à joindre nos proches. On sait juste que certains sont toujours portés disparus et on sait aussi que certains autres sont décédés dans le tremblement de terre".
Des équipes solidaires
Berto, qui a représenté Haïti aux jeux Olympiques d'Athènes en 2004, doit rencontrer l'Américain Shane Mosley le 30 janvier à Las Vegas pour ce qui s'annonce comme le plus grand combat de sa carrière professionnelle. Le boxeur (toujours invaincu chez les pros en 25 combats) a toutefois dû interrompre son entraînement à l'annonce de la nouvelle.
Pierre Garçon, un receveur de l'équipe de football américain des Indianapolis Colts, qui jouera samedi le premier match de play-off de sa prometteuse carrière, a eu recours aux réseaux sociaux Twitter et Facebook pour sensibiliser ses fans à aider son pays d'origine. "On a besoin de l'armée américaine aussi vite que possible là-bas, on a besoin que les 4 millions d'Haïtiens qui vivent hors d'Haïti agissent tout de suite, on a besoin du monde entier", a-t-il écrit. "Tantes, oncles, nièces, neveux... Nous n'avons toujours pas pu les joindre et ma mère n'arrête pas d'essayer. C'est dur à cause des lignes téléphoniques, témoignait-il mercredi à Indianapolis. On ne sait pas ce qui va se passer. La reconstruction va durer une éternité". Son équipe s'est ralliée à sa cause, donnant 10.000 dollars à la Croix-Rouge américaine. La célèbre franchise de baseball des New York Yankees a vu beaucoup plus grand, promettant 500.000 dollars de dons.
Le cycliste américain Lance Armstrong n'est pas non plus resté insensible à la situation, annonçant un don massif depuis Adélaïde, où il s'apprête à disputer le Tour Down Under, sa première course de la saison. Le septuple lauréat du Tour de France s'est dit "profondément attristé" par le sort des Haïtiens. "Au nom de Livestrong (sa fondation de lutte contre le cancer), nous allons verser 250.000 dollars à différentes organisations présentes sur places, parmi lesquelles la Fondation Clinton", a-t-il déclaré. Créée par l'ancien président américain, la fondation Clinton mène des campagnes de lutte contre la maladie, la pauvreté et le changement climatique. L'ex-chef d'Etat, aujourd'hui envoyé spécial de l'ONU pour Haïti, a lui-même lancé mercredi un appel aux contributions financières, "même un ou deux dollars", pour parer aux urgences. "Vous avez un site, www.clintonfoundation.org/haitiearthquake, qui vous permet d'envoyer rapidement de l'argent", a-t-il précisé.








