© AFP 15 jours après le séisme, le président haïtien a donné une conférence de presse, annonçant ce nouveau bilan et que les Français avaient proposé de reconstruire à l'identique le Palais présidentiel écroulé. Un homme de 35 ans a été retiré vivant mardi des décombres d'un immeuble à Port-au-Prince par des soldats américains. Emprisonné lors d'une réplique et non du séisme principal, il a passé 12 jours sous les décombres. <b> Synthèse -</b> Quatorze jours après le séisme, deux secousses de moyenne intensité ont réveillé les Haïtiens mardi matin. <b>Synthèse - </b>Les autorités haïtiennes s'attendent à ce que le bilan atteigne les 150.000 morts lundi et craignent que 200.000 corps ne soient encore enfouis sous les décombres. A Port-au-Prince, les pillages se multiplient. Le bâtiment de la marine française, le Siroco, est arrivé au large de Port-au-Prince avec 2 000 tonnes de matériel dont 200 palettes de fret humanitaire, quatre hélicoptères de l'armée de Terre française.
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Une réunion d'urgence sur l'aide internationale à Haïti s'est tenue lundi à Montréal en présence du Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive. "L'Etat haïtien est au travail dans des conditions précaires mais il est en mesure d'assurer le leadership que la population attend de lui", a affirmé le Premier ministre. Haïti aura besoin d'un soutien international "massif" pour sa reconstruction, mais souhaite prendre en mains ce travail "colossal", a encore dit le dirigeant. Un appel entendu : la réunion d'urgence a arrêté une série de principes généraux qui doivent être appliqués dans l'organisation de l'effort international en faveur d'Haïti, notamment le rôle dirigeant de l'Etat haïtien et une coopération étroite entre les différentes partenaires, a indiqué la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, présente à Montréal. Pour la suite, une conférence internationale sur l'aide se tiendra au siège des Nations unies à New York, a annoncé le chef de la diplomatie canadienne Lawrence Cannon. Egalement présent, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a souligné que l'intervention internationale n'avait pas pour objectif d'"occuper" Haïti. "Ce n'est pas pour les diriger, c'est pour leur donner (...) sous leur direction, suffisamment d'espoir et de transformation et de réalisation et peut-être de gouvernance. Avec eux, pour eux, sous leur direction", a insisté le ministre français.
- La France craint des filières de regroupement familial sauvages
L'ambassadeur de France en Haïti Didier Le Bret a indiqué lundi craindre l'organisation de filières de

regroupement familial sauvages "profitant de la brèche humanitaire", autour des personnes disposant d'un titre de séjour sur le territoire français. "L'information circule qu'en raison des circonstances exceptionnelles, on a ne plus grande tolérance et que les personnes qui auraient essuyé un refus il y a six mois ont plus de chance aujourd'hui. Il y a je pense déjà quelques personnes avec des titres de séjour qui ont pu rentrer avec femmes et enfants, cela s'est su", a-t-il poursuivi. "On risque de devoir se retrouver à gérer des flux migratoires plus importants" d'autant, a-t-il expliqué que "l'ambassade américaine vient d'indiquer quelle donnerait la priorité aux ressortissants américains et aux enfants seuls de nationalité américaine avec une tolérance d'un accompagnateur en ligne directe".
- Submergés, des soldats de l'ONU interrompent une distribution d'aide
Une opération de distribution d'aide quotidienne a viré au chaos lundi à Port-au-Prince devant le palais présidentiel haïtien, alors que 18 Casques Bleus uruguayens tentaient à eux seuls de contenir une foule d'environ 4.000 Haïtiens affamés. "Quoi que nous fassions, cela ne sert à rien", a crié en espagnol l'un des soldats de l'ONU, alors qu'on lui demandait pourquoi les soldats de la paix n'essayaient pas d'expliquer la situation à la population en français ou en créole. Tout en parlant, le soldat, qui a refusé d'être identifié, repoussait la foule avec un bouclier en plexiglas, tandis que ses collègues utilisaient des bombes au poivre contre les Haïtiens les plus proches. Juchés sur un char blanc crasseux, d'autres soldats tiraient des balles de caoutchouc en l'air, dans l'indifférence quasi totale des Haïtiens se bousculant pour les précieux vivres fournis par l'organisation américaine Eagles Wings Foundation.
- 150.000 morts ?
Le ministre de la Santé d'Haïti, Alex Larsen, a dit s'attendre à un bilan final de 150.000 morts, en précisant que 90.000 cadavres avaient déjà été enterrés. Mais d'autres sources craignent que 200.000 autres cadavres ne soient encore enfouis sous les décombres.
- 60 enfants arrivent à Roissy
Un avion transportant une soixantaine d'enfants haïtiens adoptés par des Français s'est posé mardi à 10h45 à l'aéroport d'Orly-Ouest où les attendaient leurs familles adoptives. Les enfants ont été rapatriés sur un vol Air France venant de Pointe-à-Pitre. La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, était présente à l'aéroport pour leur arrivée. Elle devait ensuite s'envoler elle-même pour Pointe-à-Pitre. Elle "souhaite en effet renforcer l'accompagnement des familles adoptives en France et des enfants adoptés lorsqu'ils se trouvent en transit en Guadeloupe".
- 300 gendarmes envoyés par l'UE
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se sont mis d'accord lundi pour envoyer une mission de police en Haïti composée "d'un peu plus de 300 gendarmes", afin d'aider à la distribution de l'aide, a indiqué une source diplomatique. Cette contribution sera essentiellement apportée par la France et l'Italie. Les Pays-Bas, l'Espagne, le Portugal et la Roumanie pourraient également s'y associer. Ces six pays font partie de la Force de gendarmerie européenne, basée en Italie.
- 24 Français tués
Selon le nouveau bilan diffusé lundi midi par le Quai d'Orsay, 24 Français ont été tués dans le séisme. Dix sont encore portés disparus. Le précédent bilan faisait état de 22 morts et 11 disparus.
- Les écrivains se mobilisent pour défendre Haïti
Des écrivains haïtiens ont mis en garde lundi contre toute tentative d'empiéter sur la souveraineté de leur pays. "Il ne faut pas que cet événement serve de prétexte pour qui que soit, institutions, états ou individus pour essayer d'empiéter sur la souveraineté politique haïtienne", a déclaré l'écrivain Lyonel Trouillot. "C'est un tremblement de terre, ce n'est pas l'effondrement de l'Etat haïtien", a lancé l'écrivain qui reconnait que le gouvernement en place avait fait preuve d'une relative incompétence. Il a cependant accueilli favorablement l'aide internationale indispensable pour la reconstruction d'Haïti. Par ailleurs, les écrivains haïtiens préparent un livre de témoignages sur le séisme avec la collaboration de confrères étrangers dont des Français, a encore anoncé Trouillot. Prix Repler-La poste 2009 pour son roman Yanvalou pour Charlie, Lyonel Trouillot président-Haïti du festival littéraire Etonnants-voyageurs a déjà commencé à collecter des textes d'auteurs haïtiens et français pour le livre qui sera publié par les Editions Acte-sud. "L'ouvrage devrait paraitre en mars pour être présenté au Salon du livre de Paris et au festival Etonnants-voyageurs à St-Malot. Les produits de la vente seront versés à des associations dans le domaine culturel", a-t-il indiqué. La communauté des écrivains et intellectuels haïtiens déplorent parmi les victimes d'éminents enseignants, des écrivains et poètes dont le géographe Goerge Anglade. De nombreux établissements universitaires et scolaires ont été détruits lors du séisme coutant la vie à des centaines d'étudiants et des dizaines d'enseignants.
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