© AFPSteven Ekovich est professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Paris. Déjà en baisse en termes de popularité, le président américain ne serait pas réélu aujourd'hui selon un sondage CNN. Défaite électorale, baisse dans les sondages, stagnation du chômage : le traditionnel discours annuel que prononcent les présidents américains en début d'année s'annonce crucial pour Barack Obama. "Nous appelons les Etats-Unis à reconnaître le caractère très sensible de la question tibétaine et à la gérer de manière appropriée afin d'éviter de porter encore plus atteinte aux relations sino-américaines", a déclaré mercredi le gouvernement chinois. Barack Obama a donné pour la première fois, lundi, une interview réalisée avec les questions des citoyens américains sur le site de partage de vidéos Youtube. Le président américain a consacré la majeure partie de son discours de mercredi devant le Congrès à l'économie, et promis de ne pas abandonner la réforme sur l'assurance maladie.
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L'emploi au coeur du premier discours sur l'état de l'Union d'Obama

TF1 News : Les 70 minutes d'intervention de ce premier discours sur l'état de l'Union de Barack Obama peuvent être résumées en une formule : "jobs, jobs, jobs".
Steven Ekovich : Actuellement, la principale préoccupation des Américains est l'emploi. Les critiques de la première année concernent notamment la trop grande place accordée par Barack Obama à sa réforme de la santé aux dépens justement des questions de chômage et d'économie. En janvier dernier, le chômage était à 8%. Il est désormais à 10%, malgré les promesses du président qui avait affirmé qu'il ne dépasserait pas les 8% sous son mandat.
Comme c'est la règle aux Etats-Unis, les courbes du taux de chômage et du taux de popularité du président, aujourd'hui tombé à 48-49% contre les 60% et plus du début, sont liées. Les défaites des démocrates dans les élections partielles prouvent qu'il n'a pas réussi à répondre aux attentes et aux préoccupations. Dans ce discours, il a donc essayé d'y remédier. Comme d'habitude, avec ses talents d'orateur incontestable, son intervention a été très bonne. Mais il doit désormais obtenir des résultats probants.
TF1 News : En admettant ses erreurs -par exemple sur l'assurance maladie-, Barack Obama a fait profil bas. Pourquoi ?
S.E. : Il fallait qu'il admette des erreurs. Sinon, il lui aurait été reproché de ne pas être à l'écoute. C'est d'ailleurs intéressant de noter que certains au parti démocrate assurent que tout va bien. En agissant ainsi, Obama les désavoue et donne de fait raison aux républicains et aux sondages qui pointent non seulement un problème de communication mais aussi des mauvais choix sur le fond.
TF1 News : Au vu de ce discours, le projet d'assurance-santé sera-t-il relégué face à l'urgence du chômage ?
S.E. : Oui. Il n'est pas du tout prioritaire -il n'arrive qu'en 6e ou 7e préoccupation-, même chez les démocrates. Barack Obama a perdu trop de temps et de capital
- Obama fixe sa priorité: l'emploi - 01 min 07 s
"Il sera moins présent sur la scène internationale en 2010"
TF1 News : La politique étrangère a été reléguée au second plan, voire au troisième, du discours. Doit-on s'attendre à un Barack Obama moins entreprenant sur la scène internationale en 2010 ?
S.E. : C'est probable. En dehors d'une menace extérieure précise, les questions de politique étrangère ne sont pas la priorité des Américains. En ce moment, c'est le cas. Donc s'il n'y a pas de crise majeure internationale cette année, il sera certainement moins présent sur ces problèmes. Ce qui est intéressant de noter, c'est que sa cote de popularité n'a pas baissé sur deux dossiers : l'Irak et l'Afghanistan. Et ce sont en fait les deux sujets où la continuité avec George W. Bush est la plus marquée et où il reçoit le plus de soutien chez les républicains et le plus de critiques à gauche.
TF1 News : Ce discours peut-il permettre à Barack Obama de reconquérir les classes populaires et les indépendants en vue des élections de mi-mandat en novembre prochain ?
S.E. : Il est trop tôt pour le dire. Généralement, dans les jours qui suivent un grand discours comme celui sur l'Etat de l'Union, le président gagne généralement quelques points dans les sondages. Une chose est sûre : aujourd'hui, la Maison-Blanche est paniquée puisque, au-delà des spécificités régionales, sur le plan purement générique, les Américains préfèrent les républicains aux démocrates. Et c'est surtout le cas de ceux qui suivent la politique et qui sont plus susceptibles d'aller voter. Barack Obama a donc dix mois pour redresser le cap sur l'emploi pour éviter une défaite aux élections parlementaires.
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