Les survivants quittent Port-au-Prince en proie à la violence

Par TF1 News, le 14 janvier 2010 à 07h22 , mis à jour le 16 janvier 2010 à 22h24

Dossier : Séisme en Haïti

Synthèse - Des milliers d'habitants craignant des répliques du séisme, la famine et les émeutes ont commencé samedi à fuir la capitale haïtienne pour gagner les campagnes.

Tout peut dégénérer: ici, des rescapés s'affrontent dans les ruines d'un magasin qu'ils pillent.Tout peut dégénérer: ici, des rescapés s'affrontent dans les ruines d'un magasin qu'ils pillent. © C. Barria / Reuters

 

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Plus d'infos

- L'exode

Les tensions s'avivent samedi en Haïti, où la population s'impatiente devant la lenteur et la désorganisation des secours, près de cinq jours après le séisme dévastateur, un des plus meutriers de l'histoire. Une solution s'offre alors aux survivants : la fuite. Quatre jours après le séisme qui a ravagé la région de Port-au-Prince, des milliers d'habitants craignant la famine et les émeutes ont commencé samedi à fuir la capitale haïtienne pour gagner les campagnes. Ils n'en peuvent plus de dormir dans la rue et sont terrifiés à l'idée que la terre se mette de nouveau à trembler ou que des pillards ne leur dérobent le peu de biens qu'ils ont pu récupérer après la catastrophe. Pour beaucoup d'entre eux, la seule solution est de faire appel à l'hospitalité d'un parent ou d'un ami qui vit dans une région moins affectée par le séisme.

- Encore une réplique

La crainte d'un nouveau tremblement de terre est justifée puisque Port-au-Prince, a été secoué samedi matin par un séisme d'une magnitude de 4,5 degrés, réplique du tremblement de terre qui a détruit mardi dernier une grande partie de la ville, a annoncé l'institut géologique américain (USGS).

- Des bandes de pillards s'en prennent aux rescapés

De fait, depuis vendredi, des bandes de pillards ont commencé à s'organiser et à s'en prendre à des survivants qui occupent des abris de fortune sur les trottoirs et dans les rues de la capitale. Le désespoir se transforme en violence et cette évolution commence à sérieusement inquiéter les autorités. Pour le moment, l'ordre est globalement respecté, estime le sous-secrétaire général de l'Onu Alain Le Roy, mais la faim risque de provoquer des émeutes si l'aide n'arrive pas très vite.

- Plus de 100.000 morts ?
Alors que l'aide internationale commence à parvenir en Haïti mais qu'elle peine à s'organiser face à l'étendue des dégâts, le bilan des victimes du séisme ne cesse de s'alourdir, le ministre haïtien de l'Intérieur parlant de 100.000 à 200.000 morts au total. Un décompte précis des victimes est pour l'instant impossible, mais tous les chiffres fournis pointent vers une catastrophe gigantesque, et d'ores et déjà, 50.000 cadavres ont été comptabilisés et ramassés, selon le ministre de l'Intérieur Paul Antoine Bien-Aimé. "Nous débarrassons les rues des cadavres et nous les mettons dans des fosses communes. Nous avons enterré 40.000 personnes. Nous pensons qu'il y en a 100.000 de plus", a déclaré Aramick Louis, secrétaire d'Etat à la Sécurité publique. "Il y a encore beaucoup de gens sous les décombres". 
 
Retrouvez notre sossier sur le séisme en Haïti - Port-au-Prince : comme une ville bombardée
Les trois quarts de la capitale Port-au-Prince devront être reconstruits, selon le ministre de la Santé haïtien. Le président René Préval a pour sa part comparé la situation de son pays à celle d'une guerre. "Les dégâts que j'ai pu constater ici sont comparables aux dégâts que l'on aurait pu voir dans un pays qui aurait été bombardé pendant 15 ans", a souligné le chef de l'Etat haïtien, qui s'est installé dans un commissariat de police qui lui sert de résidence et de bureau. Mais des experts mettent en garde contre une reconstruction trop hâtive et trop fragile alors que les risques de nouveaux séismes majeurs sont importants.
 
- Hors de Port-au-Prince, des villes martyres
L'une des difficultés auxquelles se heurtent les secours est la suivante : comment savoir quelles zones ont besoin en priorité d'une aide ? Jusqu'à présent, les équipes se sont concentrées sur Port-au-Prince, et c'est également la capitale haïtienne qui a été le mieux balisée pour les groupes de sauveteurs. Ils commencent à peine à explorer le reste du pays. Ils ont ainsi pu voir que la ville de Leogane, à l'ouest de Port-au-Prince, a aussi été terriblement endommagée par le séisme. Une équipe de recherche de l'ONU qui s'y est rendue a estimé qu'elle était "la zone la plus touchée avec 80 à 90% des bâtiments qui ont été endommagés", selon la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires, Elisabeth Byrs. "Selon la police locale, entre 5000 et 10.000 personnes y ont été tuées", a-t-elle ajouté, soulignant que la majorité des corps des victimes étaient toujours coincés sous les bâtiments effondrés. Les équipes de sauveteurs se sont également rendus dans les villes de Gressier (d'une population d'environ 25.000 personnes) et de Carrefour (334.000 habitants) à l'ouest de Port-au-Prince et ont estimé qu'elles avaient toutes deux été détruites à 40-50%.
 
- Le "pire des désastres" selon l'ONU
Samedi, en fin de journée, Barack Obama n'a pas hésité à désigner l'engagement américain en Haïti comme "l'une des plus grandes opérations de secours" de l'histoire des Etats-Unis. Et de fait, les Etats-Unis agissent en force : environ un millier de soldats américains se trouvent sur place et entre 9000 et 10.000 sont attendus d'ici lundi. L'administration Obama, qui a promis une aide de 100 millions de dollars, a assoupli les conditions de résidence des Haïtien vivant illégalement sur le sol américain, les autorisant à rester pour une période de 18 mois.

Très mobilisés depuis le début de la catastrophe, les Américains jouent un rôle moteur dans la gestion de cette crise. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton est arrivée Haïti samedi soir tandis que le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, devrait arriver demain dimanche pour évaluer les besoins et l'étendue des dégâts.  Ce dernier a par ailleurs qualifié le séisme en Haïti de pire désastre auquel l'organisation ait été confrontée de toute son histoire. Pire encore que le tsunami de 2004 car il a décapité les structures locales d'appui à l'aide internationale.

- Il reste des survivants à secourir sous les ruines
Plus de trois jours après le tremblement de terre de magnitude 7 dont l'épicentre se trouvait à quelque 17 km de la capitale, l'aide internationale afflue. Mais l'ONU reste concentrée sur la recherche des survivants. "Le climat favorable et les structures des bâtiments ont augmenté les chances des survivants", selon la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires. "C'est pourquoi les opérations de recherches et de sauvetages restent la priorité. La phase de sauvetage va encore durer". Les quelque 27 équipes de recherches sur place comprenant 1500 personnes et 115 chiens sont parvenues vendredi à extraire des débris 34 personnes portant le nombre total de personnes sauvées par ces équipes à 58.

- Petit incident franco-américain à l'aéroport

La prise en charge de la gestion de l'aéroport de Port-au-Prince, à Haïti, par les autorités américaines a provoqué un mini-incident avec la France. Le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet, présent sur place, a déclaré aux médias avoir élevé une protestation auprès des autorités américaines après qu'un vol humanitaire français apportant un hôpital de campagne a été dérouté vers Saint-Domingue. "J'ai dû faire une intervention auprès de l'ambassadeur des Etats-Unis pour émettre une protestation pour que cet avion qui a à son bord un hôpital de campagne arrive ici d'urgence (...) Tout cela est en train de rentrer dans l'ordre", a-t-il déclaré sur France 2. Il n'y a pas eu de protestation officielle au plan diplomatique, a cependant ensuite assuré une source proche du Quai d'Orsay.

Par TF1 News le 14 janvier 2010 à 07:22
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60 Commentaires

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  • danou34110, le 17/01/2010 à 20h23

    Très bonne idée, il y aurait de quoi subvenir à tous les besoins des haïtiens, sans faire appel à l'aides des petites gens.

  • danou34110, le 17/01/2010 à 20h21

    J'ai mon brevet de secourisme, qui mepermet d'aider chaque fois que je trouve sur ma route quelqu'un en détresse physique. Mais en m'apprenant les gestes qui sauvent, mon instructeur m'a appris aussi de connaître mes limites pour n'intervenir que si je suis en sécurité et en état d'aider pour ne pas devenir une autre personne à secourir moi-même. Le sauvetage dans le cas d'un séisme n'est pas à la portée de tout le monde, il faut avoir reçu une formation spécifique, c'est un travail en équipe, sous le contrôle d'un coordinateur car si chacun fait ce qu'il pense bon dans son coin, il risque de faire pire que mieux, comme de faire s'ébouler des pans de murs, condamnant irrémédiablement ceux qui sont en-dessous. Il en est de même pour le volet médical qui suppose non seulement les gestes utiles et nécessaires pour soigner les plaies, mais aussi une préparation psychologique pour pouvoir donner la réponse appropriée aux traumatisés. il faut aussi, pour être secouriste, avoir le coeur bien accroché et savoir garder son sang froid et un visage impassible face aux pires blessures, pour ne pas provoquer la panique. Vous aurez compris que cela n'est pas à la portée de tout le monde. C'est pourquoi, avec beaucoup d'humilité, je sais que je ne serais guère utile là-bas et je ne culpabilise pas de ne pas songer à me rendre en Haïti. Là-bas, ce dont ils ont besoin, c'est de professionnels aguerris, ce que nous ne sommes pas, selon toute évidence. Ne vous sentez donc pas inutile en restant ici, étant donné que vous seriez, tout comme moi, parfaitement inutile là-bas et gêneriez les secours. J'ignore la nature de votre handicap mais je suis certaine qu'il doit exister des associations où vous pourriez faire du bénévolat, en fonction de vos possibilités, si ce n'est pour Haïti, en tout cas, pour d'autres personnes en détresse et il y en a beaucoup. Chaque petit geste compte.

  • danou34110, le 17/01/2010 à 19h50

    Ah bon, parce que nous sommes loin, et dans l'impossibilité d'apporter notre aide, malgré tout le désir que nous en avons, face à cette détresse, nous n'avons pas le droit de réfléchir ? Nous ne pouvons pas nous étonner de la lenteur des secours qui ne sont toujours pas opérationnels 5 jours après le séisme, alors qu'il existe des moyens aéroportés qui pourraient acheminer secouristes, denrées et matériel, si les routes ? Nous ne pouvons être scandalisés par le comportement indigne de certains des sinistrés qui utilisent leurs morts pour faire des barrages, montrant le peu de respect qu'ils ont pour eux ? C'est une chose de se révolter parce qu'on a faim et piller les réserves alimentaires, c'en est une autre de voler tout et n'importe quoi histoire de voler et profaner les morts.

  • danou34110, le 17/01/2010 à 19h38

    Pas tout à fait d'accord avec vous. Lors du tsunami, nous n'avons pas entendu parler de telles scènes avec utilisation des cadavres pour élever des barricades en protestation, pas de violences, pas de pillages, pas d'agressivité, de la souffrance, ça oui. Pourtant, les secours ont mis autant de temps à se mettre en route. Mais en Asie, la dignité est restée de mise, malgré la faim, la soif, les cadavres s'entassant, l'angoisse des familles n'ayant aucune nouvelle les uns des autres...

  • gilou663, le 17/01/2010 à 02h38

    Lançons un appel à la générosité des banquiers suisses qui détiennent une partie du trésor Haïtien ramené par baby Doc Duvalier

  • landamaika, le 17/01/2010 à 02h04

    Mais il n'y a pas que Port au Prince, les autres villes n'ont toujour vu aucun sauveteurs, docteurs...

  • tchan_59, le 17/01/2010 à 01h30

    Madame Bachelot, vouloir déclencher la paranoïa vis à vis du H1N1, cela semblait déjà odieux vis à vis des 2 millions de morts annuels que fait le paludisme dont personne ne parle. Mais face à ce drame qui bouleverse toute la planète sans vous entendre, votre vaccin devient du pipi de chat.

  • fusillier2, le 17/01/2010 à 00h58

    Je remercie tout d abord le site d avoir mis en place un moyen de pouvoir s exprimer librement, sur cette catastrophe. A défaut de ne pas pouvoir être présente sur place a donné de mon temps de mon énergie et de mon c?ur a des personnes humaines touché en plein c?ur démunie de tout. Je vais essayer de votre comprendre pourquoi.De surnom Fouse 26 ans, de profession invalide pensionné de l'armer Française, je me sent inutile depuis la découverte a la télévision de cette catastrophe a Haiti, je ne connaissais pas du tout cette ile en ait entendu parler vaguement mais restait inconnue dans le fond pour moi. Quelque minute après avoir vu les images au infos, des être humains choqué des tas de gravas, des gens dans la rue sans plus rien, des pleurs des enfants, des regards meurtrie lointain dans la douleur plus aucune structure debout plus un seule toit ou la dignité de l être humains prends son sens.Des images de chaos.J'ai était touché en plein c?ur, de voir ces scènes d image qui était réelle et non des scène joue dans une pièce de théâtre. Cela veut dire pour moi, que j'ai eu très mal car ceci était en train de se passé a peut être des centaine de km de moi ou je vit la France mais pas si loin qu'en je sait que nous sommes sur la même planète. Donc humains, de voir autant de souffrance et surtout savoir que peut être il y a avait des gens vivant sous tout ces tas de décombres. Et moi jetait la a la maison au chaud avec un robinet d'eau a 10 pas de mon salon de la nourriture et un toit. Un sentiment de honte me submerge, quand je sais que si seulement je pouvait basculer le destin, avoir assez d'argent pour prendre l'avion et me rendre directement dans les lieux pour aider et peut être sauver une personnes, un enfant, une femme qui accouche, une personne âgée ou même handicapé peut m importe être la pour pouvoir l aider a sortir de ses gravas lui donner un peu de lumière. Lui sauver la vie. Je me sent tellement inutile quand je regarde ces image et j'ai honte de moi quand Claire Chazal passe a un autre sujet, car rien a cote et aussi chaotique que se qui se passe actuellement en Haiti, donc je ne prêtre pas trop oreille, et c'est la ou un sentiment de ne servir a rien m envahi. Il y a peut être des gens encore vivant la dessous faut se focaliser sur les recherches. Voila ce que je pense, La France et présente logique, les Américains aussi et bien d'autres, très bien il ramène tout nourriture eau médecin machines etc.... Mais les vivants ne vont pas sortir tout seule, il faut de l' aide, humaines DES BRAS DES HOMMES DES FEMMES TOUT HUMAINS EN PLEIN FORMES,avec un c?ur.Pour trouvait et sortir au plus vite des vivants, de chaque décombres, même les décombres des village un peu plus pauvre que d autre,des villages éloigné. Toutes personnes a droit a du secours riche pauvres beau belle gros grosse jeune vieux etc....Très bien,la nourriture l eau ainsi que les médicament mais cela vient après, ils serviront pour les vivants, alors des bras sont primordial.Voila ou j'aurais moins mal au c?ur en agissant la bas a aider a retrouver des vivant les aider a sortir leur crée un chemin leur mener une raison de continue a vivre la lumière la délivrance. Winnie 18 mois a était sortie sans aide de machines ou autres, juste des journalistes, partant chercher une place faire un tournage,un cris d enfant, des hommes des bras. Aucun diplôme de secouriste, et un ange de sauver. Mon regret, pas de structure bénévolat pour les pensionné armé pour ces missions.

  • mberle, le 17/01/2010 à 00h00

    Vous avez raison Marieastridette..un peu de " retenue " serait bienvenu .

  • champaloux87, le 16/01/2010 à 23h53

    @"C'est toujours plus simple, devant son écran devant son écran, bien au chaud, de refaire le monde, de faire des leçons, de donner des avis, le vivre, c'est autre chose..." e que faites-vous de différent , madame ??

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