© AFP/S.LoebAttendu depuis de longs mois côté français, le rendez-vous à la Maison Blanche venait réparer un oubli : Nicolas Sarkozy était le dernier grand dirigeant européen à y être reçu. Et le dîner privé entre les deux couples présidentiels et dans les appartements de Barack Obama s'annonçait comme celui de la réconciliation. Des honneurs pour compenser ce qui avait été considéré par certains observateurs comme des manifestations de froideur du dirigeant américain vis-à-vis de son homologue lors de visites en France l'année dernière.
Sarkozy et Obama d'accord sur tout, même les avions ravitailleurs
Après un entretien de plus d'une heure mardi après-midi, le chef de l'Etat et le président américain ont notamment affiché l'excellence de leur relation et réglé le différend opposant les deux pays sur l'appel d'offres de l'armée américaine.
Publié le 31/03/2010
En attendant Obama, Sarkozy s'adresse aux étudiants de Columbia
Nicolas Sarkozy a entamé lundi une visite de deux jours aux Etats-Unis avec un discours prononcé à la prestigieuse université Columbia à New York. Mardi, il doit rencontrer le président américain Barack Obama à Washington.
Publié le 29/03/2010
Nicolas Sarkozy a-t-il convaincu les étudiants américains?
Dans le mix info d'LCI Radio, Géraldine Ang, une étudiante française à l'Université américaine Columbia nous dit ce qu'elle a pensé de l'intervention du Président. Le Président pourrait avoir réussi à séduire les jeunes américains.
Publié le 29/03/2010
Pas du tout, répondait-on à la Maison Blanche : point besoin de réconciliation... car point de malaise. "Il existe des relations très solides entre les deux dirigeants", avait assuré peu avant le porte-parole de la présidence américaine, Robert Gibbs, qualifiant le président français d'"allié important" des Etats-Unis. Et un dîner dans les appartements présidentiels "ne semble pas être quelque chose qui sorte complètement de l'ordinaire", avait-il ajouté.
Dîner ordinaire ou pas, Nicolas Sarkozy n'était en tous les cas pas venu les mains vides. Il devait offrir une lettre de créance de Benjamin Franklin à Barack Obama, ainsi que des albums d'Astérix destinés aux filles du président américain, selon une source élyséenne. La lettre de créance de Benjamin Franklin remonte à l'époque où l'inventeur du paratonnerre était le premier ambassadeur des Etats-Unis en France, entre 1778 et 1785. Quant aux albums du petit Gaulois amateur de potion magique, héros totalement inconnu aux Etats-Unis, ils sont destinés aux deux filles de Barack et Michelle Obama, Sasha, 8 ans, et Malia, 11 ans.
Bons amis ou bons acteurs ?
Le dîner était précédé d'un entretien d'environ une heure entre les deux présidents dans le fameux Bureau ovale où ils devaient approfondir leur dialogue sur les grands dossiers internationaux et tourner la page donc des malentendus qui ont parasité leurs premiers pas. Entrevue à l'issue de laquelle les deux dirigeants ont donné une conférence de presse commune. Au menu entre autres : l'Iran, dossier sur lequel USA et France sont "unis" pour l'empêcher d'acquérir l'arme atomique, a assuré Barack Obama suivi par Nicolas Sarkozy. Autre sujet sensible : le contrat des avions ravitailleurs. Le processus de sélection sera "libre et juste", a assuré le président Obama. Il a également été question de régulation économique, à propos de laquelle Barack Obama a dit vouloir une réglementation.
Mais ce qui a finalement surtout marqué cette conférence de presse, c'est une image. Celle que les deux hommes ont voulu donner de leur relation. Celle de deux hommes qui veulent montrer combien ils sont proches, sans dissensions, "amis", comme l'a dit Nicolas Sarkozy. Remerciements très appuyés du président américain, plaisanteries du président français qui tutoie son homologue, sourires complices... Les deux hommes ont tellement rivalisé d'amitié que les journalistes sur place peinaient à distinguer le jeu d'acteurs de la réalité, expliquait sur LCI Gilles Bouleau présent à la Maison Blanche.
Exemple, pour mieux comprendre, de la surenchère de bons mots : "Et puisque Barack a tenu à dévoiler un secret", a commencé Nicolas Sarkozy évoquant le restaurant où il avait déjeuné, Ben's Chili Bowl, connu pour ses hot-dogs, "un bon ami me l'a recommandé. Quand je suis entré, j'ai vu une grande photo du président Obama et j'ai bien peur que lors de votre prochaine visite, vous voyiez une photo bien plus petite, celle du président français", a-t-il dit sous les rires de son homologue qui venait d'affirmer que "les Français sont connus pour leur cuisine, alors le fait que Nicolas soit allé chez Ben's Chili Bowl pour le déjeuner montre qu'il a un palais raffiné". Quelques minutes plus tard, Barack Obama plaisantait de nouveau en décidant de répondre à une question de journaliste : "Je passe mon temps à écouter Nicolas". Dernière image de cette amitié (re)trouvée : à l'issue de cette demi-heure de conférence de presse, les deux hommes ont quitté la salle, Barack Obama tenant Nicolas Sarkozy par les épaules.
Ils ont interrompu leurs vacances scolaires pour Carla
Avant la Maison Blanche, le chef de l'Etat français a entamé sa visite à Washington -après un lundi à New York- en se rendant au Capitole pour un entretien avec le sénateur John Kerry, président de la commission des Affaires étrangères, puis avec la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi. Parmi les sujets évoqués, Nancy Pelosi a cité les armes de destruction massive, l'Iran, l'Afghanistan, la réforme de la régulation financière et les changements climatiques. Nicolas Sarkozy souhaite que les Etats-Unis s'associent à la France pour exercer des "pressions" sur les pays qui hésitent à combattre le changement climatique, a d'ailleurs déclaré John Kerry.
Pendant ce temps, l'épouse du président a visité dans un quartier défavorisé du sud-est de Washington une école publique "modèle" qui fait partie d'un réseau de plus de 80 établissements répartis sur tout le territoire américain. La Première dame de France a été accueillie par l'épouse du maire de la capitale fédérale, Michelle Fenty, et la directrice de l'école Kipp (Knowledge Is Power Program - programme "la connaissance, c'est la force") de Washington, Susan Schaeffler, qui lui a présenté sa pédagogie. Carla Bruni-Sarkozy a ensuite lu une histoire en anglais à une classe d'enfants de 6 et 7 ans, qui ont interrompu leurs vacances scolaires pour l'occasion. Ils lui ont répondu en lui interprétant "Ain't no mountain high enough" de Marvin Gaye.
Carla Bruni-Sarkozy a ensuite été invitée à répondre aux questions d'une autre classe, d'adolescents cette fois, qui préparent un petit guide de Paris. A une question sur son restaurant parisien préféré, Carla Bruni-Sarkozy a répondu : "l'Elysée n'est pas un restaurant mais le chef est vraiment, vraiment bon". La First lady française a également vanté devant les jeunes élèves les mérites artistiques de la Joconde et du musée du Louvre. "Si vous venez un jour à Paris, je vous emmènerai au Louvre et je vous montrerai la Joconde", leur a-t-elle promis, "et puis nous irons au restaurant". A l'issue de la visite, Carla Bruni-Sarkozy s'est dite "très impressionnée par le travail qui est fait ici" et par "l'énergie de la directrice, des enseignantes et des enfants" de l'école, avant de regretter auprès de ses invités de "ne pas pouvoir rester plus longtemps à Washington".
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