© AFP / SITE Intelligence GroupElle avait, selon l'acte d'accusation, pris pour nom de guerre "JihadJane", un curieux mélange rappelant à la fois sa volonté de s'engager pour la "guerre sainte" en faveur de l'islam et ses origines américaines. Sur son profil MySpace, aujourd'hui supprimé, une photographie montrait une femme à la peau claire et aux yeux bleus, les cheveux couverts par un voile. Aujourd'hui "JihadJane", alias Colleen LaRose, est poursuivie aux Etats-Unis pour complot dans le but de recruter des terroristes en Europe et en Asie, et pour complot visant à tuer un individu non identifié en Suède.
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Publié le 13/03/2010
Cette inculpation, annoncée par le ministère américain de la Justice, est intervenue quelques heures après l'arrestation par la police irlandaise de sept personnes accusées d'avoir voulu assassiner un caricaturiste suédois, Lars Vilks, qui avait dessiné le prophète Mahomet avec un corps de chien en 2007. Selon la chaîne américaine CNN, un responsable de l'administration américaine a indiqué que le caricaturiste était aussi la cible de "JihadJane".
"Tue-le"
Agée de 57 ans, Colleen LaRose est une habitante de la banlieue de Philadelphie, née aux Etats-Unis. Elle nie farouchement les accusations portées contre elle, nie avoir envoyé le moindre message sur un site web terroriste et ne reconnaît pas ce pseudonyme de "JihadJane" ; pas davantage celui de "Fatima LaRose" qui lui est aussi attribué. Elle est soupçonnée d'avoir fourni en 2009 un "soutien matériel" au terrorisme, dont "un soutien logistique, des services de recrutement, un soutien financier, des documents d'identité et du personnel", de manière à préparer des attentats dans des pays d'Europe et d'Asie du Sud, selon l'acte d'inculpation. De même source, elle "recrutait des hommes par internet pour mener un jihad violent en Europe et en Asie du Sud" et, toujours en ligne, "des femmes qui possédaient des passeports et avaient la possibilité de voyager vers et à travers l'Europe pour soutenir un jihad violent".
Interpellée au mois d'octobre, la prévenue est accusée d'avoir noué des contacts avec au moins quatre hommes et femmes établis en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, et avoir accepté les ordres de l'un d'entre eux de l'épouser pour pouvoir se rendre en Suède et y commettre un meurtre. "Tue-le, c'est le message que je t'adresse", dit un des documents cités par l'acte d'inculpation. La réponse attribuée à Colleen LaRose donne froid dans le dos : "Ce sera mon objectif jusqu'à ce que j'y parvienne ou que je meure en essayant".
L'identité de la personne visée et les circonstances de l'arrestation de "JihadJane" n'ont pas été précisées. Le département de la Justice a refusé de faire le lien avec les arrestations en Irlande liées à un complot contre Lars Vilks. Colleen LaRose risque la prison à vie si elle est jugée coupable. Mais que cette habitante de Philadelphie soit coupable ou victime d'une confusion, le cas "JihadJane" montre déjà, selon le procureur, à quel point "les terroristes cherchent à ce que des Américains les rejoignent dans leur combat". Surtout, souligne-t-il, "cela fait voler en éclats tout reste de croyance selon lequel nous pourrions arrêter un terroriste en fonction de son apparence". Au cours des échanges sur internet de "JihadJane" ou de "Fatima LaRose", la candidate américaine au jihad assurait vouloir mourir en martyre et reconnaissait elle-même que son physique lui permettrait de "passer inaperçue" en Europe afin, disait-elle, de "mener à bien ce que j'ai à coeur de réussir".
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