Images d'archive: Conférence de presse commune entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy le 6 juin 2009 © TF1/LCIAttendu et même sollicité depuis des mois, le rendez-vous de Nicolas Sarkozy avec Barack Obama ne pouvait pas mieux tomber pour le président français. Depuis plusieurs jours, la sévère défaite de sa majorité a réveillé ceux qui, jusque dans son propre camp, critiquent le "style" du chef de l'Etat, jugé un peu trop iconoclaste. Le voilà donc aux Etats-Unis pour une courte parenthèse internationale en début de semaine.
Sarkozy et Obama d'accord sur tout, même les avions ravitailleurs
Après un entretien de plus d'une heure mardi après-midi, le chef de l'Etat et le président américain ont notamment affiché l'excellence de leur relation et réglé le différend opposant les deux pays sur l'appel d'offres de l'armée américaine.
Publié le 31/03/2010
Oubliées, les heures sombres de l'intervention américaine en Irak : après la période de refroidissement durant le mandat de George W. Bush, les deux actuels présidents ne ratent plus une occasion de souligner leur totale "convergence de vues" ou, sur les sujets plus délicats, leur volonté de "travailler ensemble". Le président français fera d'ailleurs de l'amitié franco-américaine, de sa vocation et son avenir le plat principal de la première prestation de son voyage, lundi matin à l'université Columbia de New York. Dès le lendemain, il passera aux travaux pratiques avec Barack Obama. Sur la plupart des grands dossiers, leur analyse est très proche. De la nécessité de renforcer les sanctions pour empêcher l'Iran d'accéder à l'arme nucléaire à celle de sortir le processus de paix au Proche-Orient de l'impasse.
Un dîner à quatre Barack-Michelle-Nicolas-Carla
Les deux présidents veulent aussi profiter de leur rencontre de Washington pour doper leur coopération dans la lutte contre le terrorisme islamique dans les pays africains du Sahel. "Les Américains constatent qu'on connaît la région et veulent qu'on y joigne nos forces", dit-on à Paris. Mais les sujets moins consensuels ne seront pas évités. Nicolas Sarkozy veut plaider pour la poursuite des efforts sur la régulation financière, la remise à plat du système monétaire international ou la relance des négociations sur le climat, après la déception de Copenhague. Pour encourager les Américains sur ce dossier, il rencontrera mardi matin le sénateur démocrate John Kerry, qui porte le projet de législation "verte" américaine, et les espoirs français. "Si les Etats-Unis ne sont pas en mesure d'adopter une loi, alors comment pourrons-nous entraîner la Chine, l'Inde, le Brésil ?", plaide l'Elysée.
De son côté, Barack Obama redira à Nicolas Sarkozy que des soldats français supplémentaires seraient les bienvenus en Afghanistan. L'Elysée a déjà fait savoir qu'il essuiera un refus. "Le niveau de nos troupes n'est pas déterminé pour faire plaisir à nos alliés", tranche-t-on à Paris. Les deux hommes évoqueront enfin le dossier controversé de l'appel d'offres pour la livraison d'avions ravitailleurs à l'armée américaine, jugé déloyal en Europe, dans lequel Airbus hésite à revenir défier Boeing.
Mais cette parenthèse internationale offre surtout à Nicolas Sarkozy une occasion inespérée de redorer rapidement son blason présidentiel. Outre des images symboliques attendues, comme l'entretien dans le bureau ovale et la conférence de presse aux côtés du président américain, Barack et Michelle Obama, cerise sur le gâteau, ont invité le président français et son épouse Carla Bruni-Sarkozy à conclure leur séjour par un dîner à quatre dans leurs appartements privés de la Maison Blanche. Une "première", "un témoignage d'amitié particulier", se plaît à souligner l'Elysée, qui veut y voir la fin des tensions qui ont parasité les débuts de la collaboration entre les deux dirigeants. "Un dîner est quelque chose d'intime", confirme un diplomate occidental, "vous invitez un homme d'Etat important à un dîner d'Etat, mais un ami vous l'invitez chez vous".
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