Obama brandit sa réforme face à l'épouvantail Goldman Sachs

Par TF1 News (D'après agence), le 22 avril 2010 à 07h27 , mis à jour le 22 avril 2010 à 10h03

Mettre de l'ordre dans les pratiques financières qui avaient conduit à la crise de 2008 : Obama s'y efforce depuis longtemps. La réforme qu'il réclame peine à franchir l'obstacle du Sénat. Mais le scandale Goldman Sachs pourrait changer la donne.

obama bidenBarack Obama et Joe Biden, le 13 janvier 2009 © TF1/LCI

Au moment où Wall Street, tout juste remise des derniers grondements de la tempête financière, est à nouveau ébranlée par le scandale de la banque d'affaires Goldman Sachs, Barack Obama va défendre ce jeudi à New York une réforme de la régulation financière censée éviter une crise similaire à celle de 2008. Le président des Etats-Unis doit effectuer une visite éclair à Manhattan, non loin du quartier de la bourse et des banques, et devrait prendre à témoin ses compatriotes sur la nécessité de mieux encadrer les activités des institutions financières. Une telle réforme a déjà été votée à la Chambre des représentants et une autre, préparée par le démocrate Chris Dodd, en commission au Sénat. Mais cette dernière doit encore franchir l'étape d'une adoption en séance plénière et donc convaincre des républicains dotés d'une minorité de blocage.

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Plus d'infos

Le Sénat s'est attaqué mercredi aux produits dérivés, un des éléments-clés de la réforme de Wall Street, chère au président américain. La proposition, qui vise à rendre "100% transparent" l'immense marché des produits dérivés, dont la valeur nominale est estimée à environ 600.000 milliards de dollars, est controversée mais l'idée reste populaire. Les démocrates de la commission ont même obtenu un vote républicain, celui du sénateur Chuck Grassley. Au final, cette mesure sera fusionnée avec le texte principal de la réforme. Pour pousser les républicains à adhérer davantage à leur projet de réforme, les démocrates ne se sont pas privés d'exploiter le scandale Goldman Sachs, qualifié dans la presse américaine d'affaire Enron de l'ère Obama. Selon Chris Dodd, le texte aurait empêché une affaire de fraude telle que celle impliquant Goldman Sachs, accusée d'avoir trompé des investisseurs.

Les points de désaccord

Le chef de la minorité républicaine Mitch McConnell a annoncé mardi que de "sérieuses discussions" avaient repris. Ces paroles rassurantes intervenaient après une semaine de tirs de barrage de l'opposition contre le projet de loi destiné à réformer les pratiques douteuses des établissements financiers qui ont mené à la crise de l'automne 2008. Mais mercredi, dans un communiqué, le chef de la majorité Harry Reid accusait toujours Mitch McConnell de s'être "concerté en secret avec des patrons de Wall Street" afin de travailler à "édulcorer" le projet de loi de réforme.

Pourtant, la majorité démocrate et l'administration Obama ont envoyé en début de semaine plusieurs signaux en direction des républicains. Ils se sont dits prêts à examiner l'un des points qui froissent les républicains : un fonds de 50 milliards de dollars "prépayé" par les banques en cas de difficultés. Le projet de loi prévoit la création d'une agence pour la protection du consommateur financier au sein de la banque centrale. Il propose une meilleure supervision de l'immense marché des produits dérivés. Les auteurs du texte entendent également mettre fin aux sauvetages des grandes institutions financières en difficulté aux frais des contribuables. En outre, le bureau du Budget du Congrès américain a estimé mercredi que la réforme réduirait légèrement, soit de 21 milliards de dollars sur dix ans, les déficits record des Etats-Unis.

Par TF1 News (D'après agence) le 22 avril 2010 à 07:27
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5 Commentaires

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  • vero94303, le 22/04/2010 à 23h37

    Il y a des commentaires qui montrent que les gens en France ignorent comment fonctionnent les Etats-Unis. Il est vrai qu'en France le président peut faire passer à peu près tout ce qu'il veut comme loi tant que son parti à la majorité au parlement. Ce n'est pas la même chose aux USA! Il a beau avoir la majorité au congrès, Obama n'y a pas la majorité à 60 voix au sénat. Or c'est ce qu'il faut pour pouvoir faire mettre un projet de loi au vote! En plus, il y a un ou deux "indépendants" non affiliés avec les démocrates, mais qui votent généralement avec, qui donnent souvent du fil à retordre à Obama, on l'a vu avec la réforme de la santé. Alors, ce n'est pas si simple que cela. Il ne lui suffit pas de dire "je veux" pour que ca se fasse. Ceci dit, je suis d'accord. Sa campagne électorale a été financée par Wall Street, et en plus il a des anciens de Wall Street dans son gouvernement. C'est pour cela que je ne vote ni républicain, ni démocrate, mais plus à gauche que cela quand il y a des élections.

  • hc46, le 22/04/2010 à 19h13

    Ce qui me fait marrer c'est que Goldman sachs est reputé pour avoir de tout temps financé les democrates et surtout Obama en 2008

  • yannickatl, le 22/04/2010 à 18h23

    Surtout quand on voit le "maitre d'oeuvre", il a de quoi avoir peur.

  • nicapae, le 22/04/2010 à 18h01

    Je reste sceptique , encore bien plus que chez nous le politique n a plus le pouvoir aux USA , les lobbys l ont in stallé a la maison blanche ils l en sortiront aussi vite

  • 421123, le 22/04/2010 à 14h21

    Sacré chantier!

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