Le renseignement américain perd sa tête

Par TF1 News (D'après agence), le 21 mai 2010 à 06h46 , mis à jour le 21 mai 2010 à 06h53

Sur un siège éjectable après des échecs retentissants, dont l'incapacité de ses services à prévenir la tuerie de Fort Hood, Dennis Blair passe la main. Son départ pose la question de l'utilité d'une "tête" unique pour le renseignement américain.

Dennis Blair, ancien chef du renseignement américainDennis Blair, ancien chef du renseignement américain © www.abacapress.com

Dennis Blair, chef du renseignement américain, a annoncé jeudi qu'il quitterait ses fonctions la semaine prochaine, ce qui constitue le premier changement d'envergure dans l'équipe en charge de la sécurité au sein de l'administration Obama. Il aura passé en tout 16 mois à son poste, au cours d'une période qui aura été marquée par des conflits internes avec la CIA et par des critiques virulentes contre le renseignement américain. Un responsable américain a précisé que la Maison Blanche auditionnait "plusieurs candidats solides pour assurer le remplacement".

Plus d'infos

Le président Obama a réagi dans un communiqué en rendant hommage aux "remarquables états de service" de Dennis Blair, soulignant que ce dernier avait accompli "admirablement et avec efficacité" sa mission à la tête du renseignement américain. Cependant, d'après d'insistantes rumeurs ces derniers mois, l'amiral à la retraite aurait perdu la confiance de la Maison Blanche. De graves dysfonctionnements au sein du système de renseignement américain ont ainsi été mis au jour dans un rapport publié mardi sur la tentative d'attentat de Noël. La commission du Renseignement du Sénat, estime que des "failles systémiques" ont permis au suspect dans cette affaire, le jeune Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, de monter à bord de l'avion puis de tenter d'actionner des explosifs. La Maison Blanche avait, dès la révélation de cet attentat raté, vertement critiqué la communauté du renseignement, en fustigeant ses manquements - manque de recoupements des informations et mauvaise communication entre services.

Une "tête" à la légitimité chancelante

Mais avant même cette affaire, la fusillade commise en novembre par un commandant de l'armée de Terre sur une base militaire au Texas, qui avait fait 13 morts, avait déjà mis les services de renseignement sur la sellette. L'espionnage américain s'est vu reprocher de n'avoir pas su détecter à temps les signes avant-coureurs, alors que l'auteur de la tuerie était en contact avec un imam extrémiste.

Au-delà des récents ratages de la communauté des agents secrets, le départ de Blair promet de provoquer un débat sur le bien-fondé du poste de directeur du renseignement, créé en 2004 après le fiasco des armes de destruction massive soi-disant détenues par l'Irak. Créé afin d'avoir une direction unique et forte à la tête d'une vaste bureaucratie, et garantir une synergie entre des services parfois en concurrence, le poste de DNI n'a paradoxalement jamais bénéficié d'une autorité directe sur les membres et le budget des différents services, ni sur les missions d'espionnage de la CIA. Alors que Dennis Blair cherchait à obtenir plus de contrôle sur la célèbre agence d'espionnage de Langley, en particulier sur les frappes conduites par les drones et autres opérations au Pakistan, la Maison Blanche aurait tranché fin décembre en faveur de la CIA, en maintenant son autorité directe sur les missions secrètes menées à l'étranger, selon la presse américaine.

Par TF1 News (D'après agence) le 21 mai 2010 à 06:46
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

3 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • donpatillo20, le 21/05/2010 à 15h52

    Holà, soit vous voulez nous faire croire que vous en savez davantage, mais alors n'hésitez pas, soit vous nagez en pleine fiction, ce qui me semble plus réaliste

  • tuterai17, le 21/05/2010 à 13h03

    Apres son âme elle perd sa tête, que restera t il?

  • xavbad, le 21/05/2010 à 08h09

    Il fallait bien trouver une victime a tout ca ! Fort wood n'a pas ete l'oeuvre d'un terroriste, du moins malgre certaines alleguation dans ce sens, personne n'a ete capable de le prouver. IL s'agirait simplement d'un soldat qui en a eu marre de brimades de ses camarades sur le fait qu'il soit musulman et donc terroriste.. En fait, pas bien different que Columbine. Ensuite l'histoire du Nigerian est quelque peu troublante, meme si plus personne n'en parle. En effet, celui-ci avait ete arrete par la douane car il n'avait pas son passeport avec lui, juste a la porte d'embarcation. Ensuite, il est soudain reapparu dans l'avion accompagne de policier.. Bon je vais pas m'amuser a demonter toute leurs strategie du "terrorisme", car je voulais juste dire que malgre son renvoi, rien ne changera. Il n'est pas le probleme de la securite interieure, le probleme vient de bien plus haut place. Et rien ne nous dit que ce sont reellement des "erreurs"..

Lire tous les commentaires

      logAudience