Face au tollé, Betancourt renonce à sa demande d'indemnisation

le 13 juillet 2010 à 21h35 , mis à jour le 13 juillet 2010 à 21h38

Taxée de "Prix mondial de l'ingratitude" par le vice-président, l'ex-otage des Farc a finalement renoncé mardi à demander à l'Etat colombien une indemnisation de près de huit millions de dollars pour son enlèvement.

Ingrid Betancourt : "Je me porte merveilleusement bien"Un an jour pour jour après sa libération, Ingrid Betancourt a affirmé sur TF1 avoir "retrouvé une vie normale". Elle est revenue sur les critiques à son encontre, son livre à "paraître en 2010" et le film qui se prépare sur ses 6 ans de détention. © eTF1

Après avoir déclenché une vague d'indignation en Colombie pour son "ingratitude", elle a donc jeté léponge. L'ex-otage franco-colombienne de la guérilla des Farc, Ingrid Betancourt, a renoncé mardi à demander à l'Etat colombien une indemnisation de près de huit millions de dollars pour son enlèvement, a annoncé la branche administrative du parquet. L'avocat représentant l'ex-otage, Gabriel Devis, a "manifesté qu'il renonçait aux requêtes aux fins de conciliation extrajudiciaire" présentées le 30 juin, a annoncé la section du parquet en charge du contentieux administratif, en précisant que cette procédure était désormais "close". Me Devis a également confirmé à l'AFP que la plainte avait été retirée.

Plus d'infos

 
Ingrid Betancourt et ses proches avaient présenté le 30 juin une requête estimant que l'Etat devait leur verser quelque 15 milliards de pesos (environ huit millions de dollars) pour les dommages économiques et moraux entraînés par ses six années passées aux mains des Farc. L'ex-otage de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) a estimé que l'Etat avait insuffisamment assuré sa sécurité le 23 février 2002. "On m'a enlevé mes gardes du corps. Si l'Etat considérait que c'était si dangereux ils auraient dû me les laisser (...) et s'ils considéraient que c'était vraiment dangereux, on aurait dû me bloquer au poste de contrôle et ne pas me laisser aller", sur la route où la guérilla l'attendait, a-t-elle expliqué dimanche lors d'un entretien depuis New York avec la chaîne colombienne Caracol.
 
"Prix mondial de l'ingratitude"
 
La requête, révélée vendredi, a déclenché en Colombie une vague d'indignation. Le principal hebdomadaire politique du pays, a ainsi consacré dimanche sa Une à l'ex-otage, avec sa photo accompagnée d'un seul mot : "honteux". Le vice-président Francisco Santos l'a pour sa part qualifiée de "prix mondial de l'ingratitude", tandis que le ministère de la Défense rappelait que l'ex-candidate à la présidentielle de 2002 avait été libérée lors d'une opération militaire durant laquelle "des femmes et les hommes avaient risqué leur vie", le 2 juillet 2008.
 
La requête avait en outre été déposée deux jours avant la cérémonie marquant les deux ans de l'opération militaire Jaque, où l'ex-otage a été libérée. Mme Betancourt avait participé à Bogota à cette cérémonie au côté des 14 autres ex-otages qui avaient retrouvé la liberté ce jour-là et s'était tue sur cette procédure, de même que l'état-major de l'armée qui avait organisé la cérémonie.
 
Les autorités avaient tenté de la dissuader
 
Plusieurs officiers ayant eu à voir avec sa sécurité ont en outre rappelé depuis dimanche que l'armée et la police avaient tenté de la dissuader d'emprunter la route sur laquelle elle avait été enlevée au côté de sa directrice de campagne Clara Rojas. En outre, selon le gouvernement colombien, l'ex-candidate à la présidentielle avait à l'époque signé un document dans lequel elle admettait qu'elle prenait ce chemin à ses risques et périls.
 
Attaquée de toutes parts, Ingrid Betancourt a tenté dimanche soir de se défendre, en accordant un entretien au journaliste Dario Arizmendi, l'un de ses amis proches, au cours duquel elle a admis que la somme demandée était "astronomique" et "absurde" et qu'elle avait seulement cherché à ouvrir la voie à l'indemnisation d'autres otages. Durant cet entretien où le journaliste s'est montré très dur, elle a fini par déclarer, en larmes, qu'elle regrettait son geste et précisé qu'elle n'irait de toutes manière pas au-delà d'une démarche de conciliation.

le 13 juillet 2010 à 21:35
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7 Commentaires

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  • bruno-velizy, le 14/07/2010 à 12h28

    Tous ceux qui se sont mobilisés pour sa libération doivent pleurer devant tant de vénalité ! Je la plains ! Elle était une héroïne, elle est devenue ridicule...

  • thlera, le 14/07/2010 à 11h21

    Ca ne m etonne pas du tout d elle!

  • giovanni., le 14/07/2010 à 09h55

    J'annonce : le film sera un fiasco total.

  • tuterai17, le 14/07/2010 à 09h54

    Venale, veule egoiste sans coeur intéressée par l'appat du gain etc etc on s'est bien fait avoir!

  • misterpatrick, le 14/07/2010 à 09h28

    Trop tard ingrid tu as montrée ta véritable personnalité

  • thierrybordeaux, le 14/07/2010 à 09h27

    Business is business!

  • tipoussy01, le 14/07/2010 à 02h59

    Qui est derrière cette demande absurde?? Car il est vrai qu'Ingrid Bétencourt s'est exposée à l'époque au risque d'être enlevée par les FARC.

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