Guérilleros des Farc en Colombie © TF1/LCILa tension monte de nouveau entre les voisins ennemis - et toujours pour le même motif : des accusations de Bogota sur la présence de dirigeants de guérillas colombiennes au Venezuela ont entraîné le rappel de l'ambassadeur de ce pays en Colombie. Le chef de la diplomatie vénézuélienne a fait état d'une "note de protestation officielle du gouvernement vénézuélien rejetant les mensonges (...) du gouvernement du président Alvaro Uribe". Auparavant, la présidence colombienne avait menacé de "recourir à des instances internationales" pour régler le problème de la présence présumée de chefs rebelles colombiens sur le sol vénézuélien, le dialogue "pendant six ans" avec Caracas sur ce sujet s'étant révélé "infructueux".
Caracas a rejeté cette "nouvelle attaque du président sortant colombien" Uribe, qui quittera le pouvoir le 7 août, cherchant ainsi à achever "son oeuvre de destruction des relations colombo-vénézuéliennes entreprise avec une obsession maladive ces dernières années". Alvaro Uribe a pour sa part demandé à l'OEA de convoquer en urgence son conseil permanent, "pour examiner la présence de terroristes colombiens en territoire vénézuélien".
La main tendue du futur président
Bogota avait diffusé jeudi une liste de cinq hauts dirigeants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) et de l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste) se trouvant au Venezuela. L'annonce est intervenue à un moment où les relations colombo-vénézuéliennes sont au plus bas depuis que Bogota a annoncé il y a un an un accord permettant à l'armée américaine d'utiliser au moins sept bases aériennes en Colombie. Hugo Chavez, jugeant cet accord menaçant, a annoncé fin juillet 2009 le "gel" des relations diplomatiques avec Bogota - une mesure sans conséquence réelle puisque son ambassadeur est resté en Colombie - et son intention de remplacer les produits importés de Colombie. Les exportations colombiennes vers son voisin se sont effondrées depuis (-71,4% de janvier à mai 2010 par rapport à la même période de 2009).
Les accusations du président Uribe ont aussi suscité des réserves en Colombie, non sur leur véracité, mais sur le moment choisi pour les lancer. "Ce qui attire mon attention c'est qu'à vingt jours de la prise de fonctions d'un nouveau président et alors que des démarches très importantes sont en cours pour tenter de normaliser les relations, on fasse ainsi éclater un scandale médiatique avec ces preuves présumées probablement en possession du gouvernement depuis plusieurs mois", a déclaré l'ex-président colombien Ernesto Samper. "On cherche ainsi à entraver ce processus de normalisation entamé par le président (Santos) lorsqu'il a invité (...) Hugo Chavez à sa prise de fonctions", a-t-il ajouté.
Chavez a pour sa part estimé que les accusations colombiennes étaient le produit "du désespoir du groupe d'extrême droite entourant Uribe pour tenter d'entraîner un grand conflit et empêcher Santos de rétablir des relations respectueuses avec le Venezuela".
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