Colombie-Venezuela : assaut d'amabilités entre Santos et Chavez

Par , le 10 août 2010 à 23h08 , mis à jour le 10 août 2010 à 23h15

Les présidents colombien et vénézuélien, Juan Manuel Santos et Hugo Chavez, se sont rendus mardi dans la ville colombienne de Santa Marta pour tenter de résoudre la crise diplomatique qui oppose leurs deux pays depuis plus d'un an.

[Expiré] [Expiré] chavez santos 10 août 2010 © AFP

Après le "clash", l'apaisement ? Les présidents colombien et vénézuélien, Juan Manuel Santos et Hugo Chavez, se sont rendus mardi dans la ville colombienne de Santa Marta pour tenter de résoudre la crise diplomatique qui oppose leurs deux pays depuis plus d'un an.

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En effet, ce sommet fait suite à une période d'extrême tension entre les pays qui avait culminé le 22 juillet dernier lorsque le Venezuela avait rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie, après la présentation à l'Organisation des Etats américains (OEA) par Bogota de documents censés prouver la présence "active" en territoire vénézuélien de quelque 1500 membres de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes). Caracas avait jugé ces documents mensongers et estimé que ce geste montrait les intentions "guerrières" du précédent président colombien Alvaro Uribe.
 
Chavez et Santos, ancien ministre de la Défense qui a pris samedi la succession d'Uribe, se sont heurtés par le passé mais l'un comme l'autre ont fait voeu de renouer pour le bien de la région et pour l'intérêt de leur commerce bilatéral, évalué à sept milliards de dollars.  "Nous cherchons à rétablir les relations entre deux pays frères, le Venezuela et la Colombie", a dit le président Santos, qui a pris ses fonctions samedi, à son arrivée dans cet ancien port colonial sur la mer des Antilles. "Nous sommes optimistes et nous voulons lors de cette rencontre parvenir à de bons résultats."  Hugo Chavez, qui est arrivé plus tard, a dit dès sa descente d'avion son "affection" pour la Colombie, rappelant dans une brève allocution le souvenir de Simon Bolivar, le "Libérateur" du XIXe siècle, né au Venezuela mais mort justement à Santa Marta. Il a aussi salué le talent de l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez. "Malgré toutes les tempêtes, je viens dire mon amour éternel pour la Colombie", a lancé le bouillant président vénézuélien. "Chère Colombie, cher Venezuela, paix et unité entre nous !".
   
Mais malgré les échanges d'amabilité, la question centrale -Caracas soutient-elle réellement les Farc et leur donne-t-elle asile ?- reste sans réponse et il est difficile pour l'heure de savoir comment vont l'aborder les deux hommes.  Dimanche, Chavez avait insisté sur la fragilité de l'effort de réconciliation. "Soyons clair. Si le Venezuela est respecté, il y aura des progrès. Si on manque de respect au Venezuela, rien de neuf ni de bien ne sera possible", a-t-il écrit dans une tribune hebdomadaire. Soucieux de montrer malgré tout son attachement à l'apaisement, il a aussi appelé les rebelles colombiens à renoncer à la lutte armée et à rechercher une solution négociée.
 
La rupture diplomatique initiée par le Venezuela intervenait après un an de dégradation des rapports entre les deux pays, tendus par l'annonce de la conclusion entre Washington et Bogota d'un accord permettant à l'armée américaine de faire usage d'au moins sept bases militaires en Colombie. Le Venezuela, jugeant cet accord menaçant, avait en représailles décidé de suspendre ses importations en provenance de Colombie, qui ont chuté de 71,4% les cinq premiers mois de l'année.

Par Laurent Deschamps le 10 août 2010 à 23:08
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