24 heures après, le "tabou gay" rétabli dans l'armée américaine

le 21 octobre 2010 à 11h04 , mis à jour le 21 octobre 2010 à 16h39

Contredisant une décision de 1re instance, une cour d'appel fédérale a de nouveau autorisé temporairement mercredi les autorités militaires à continuer à appliquer la loi interdisant aux soldats gays de révéler leur orientation sexuelle.

A chaque jour son rebondissement judiciaire dans la bataille pour la fin de la loi "Don't ask, don't tell", qui autorise les gays à servir dans l'armée américaine à condition de taire leur orientation sexuelle. Votée en 1993 sous Bill Clinton, elle fait aujourd'hui l'objet d'un large rejet. Barack Obama, défavorable à cette loi, a demandé son abrogation en janvier dernier.  Mais il souhaite une abolition en bonne et due forme au Congrès, plutôt qu'une décision de justice. La Chambre des représentants a accédé à sa demande au mois de mai. Mais le Sénat a ensuite refusé le d'ouvrir le débat sur la question.

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Le dossier est donc repassé par la phase judiciaire à l'initiative d'un groupe d'homosexuels, au grand dam de l'administration. Au début du mois, une juge fédérale de Californie avait déclaré "Don't ask, don't tell" anticonstitutionnelle et avait exigé qu'elle ne soit plus appliquée. L'administration Obama avait fait appel, en demandant à ce qu'il soit suspensif en attendant la seconde décision. Elle avait été déboutée mardi. Dans la foulée, le Pentagone avait demandé à ses instructeurs d'accepter ouvertement les gays, en leur précisant que ce n'était que temporaire. Plusieurs en avaient profité en se rendant dans des centres de recrutement.
 
Mais, mercredi, la décision de la cour d'appel fédérale de San Francisco est tombée : elle a invalidé le jugement de première instance, ce qui  autorise donc de nouveau l'application de "Don't ask, don't tell".  "L'administration n'est pas favorable à la loi et est profondément convaincue que le Congrès devrait l'abroger", rappelle l'administration américaine. "Mais le ministère de la Justice, comme cela a toujours été le cas, défend la constitutionnalité des lois fédérales tant que celle-ci peut être raisonnablement défendue", ajoute-elle. Elle insiste aussi sur le manque de "préparation" de l'armée et affirme que l'"intrusion non justifiée" de la justice dans les affaires militaires "risque de porter un préjudice important et immédiat à l'armée dans ses efforts pour préparer l'abolition en bonne et due forme de la loi".

le 21 octobre 2010 à 11:04
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