© AFPDilma Rousseff, la dauphine du président Luiz Inacio Lula da Silva, a dominé de la tête et des épaules le premier tour de l'élection présidentielle au Brésil, conformément aux prévisions. Là où les sondages se sont trompés, en revanche, c'est sur l'ampleur de son avance. Donnée gagnante dès le premier tour, elle ne pourra, au final, pas faire l'économie d'un nouveau passage devant les urnes, le 31 octobre. Et elle fait face à un ballottage surprise contre le social-démocrate José Serra.
Marina Silva, l'écolo qui tient le destin du Brésil
<b> Portrait -</b> Forte de ses 20% obtenus au premier tour, la candidate des Verts, même éliminée du second, détient les clés de la bataille présidentielle entre Dilma Rousseff et José Serra. Une sacrée revanche pour cette femme issue d'un milieu très pauvre.
Publié le 06/10/2010
Brésil : Lula soigne sa succession
A une semaine du premier tour de l'élection présidentielle au Brésil, Dilma Rousseff, que le président Lula, porté par un taux de popularité record, a désignée pour prendre la présidence, semble ne rencontrer aucune opposition sérieuse. Seule incertitude : sera-t-elle élue dès le premier tour ?
Publié le 26/09/2010
Brésil : portrait de Dilma Rousseff, la dauphine de Lula
Près de 136 millions de Brésiliens sont appelés à choisir dimanche le successeur du président Luiz Inacio Lula da Silva dont la dauphine, Dilma Rousseff, semble en passe d'être élue dès le premier tour pour devenir la première femme à diriger la 8e économie du monde. Portrait.
Publié le 02/10/2010
Le Brésil, ce géant de l?énergie
Huitième économie de la planète, le Brésil, déjà autosuffisant en pétrole, sera d?ici à 2030 l?un des plus gros producteurs d'or noir au monde et un grand exportateur. On l'appelle aussi la "ferme du monde". Tour d'horizon des atouts du pays.
Publié le 02/10/2010
Présidentielle au Brésil : plongée dans les favelas
Le président Lula, qui passera la main après les élections de dimanche, a engagé la reconquête des favelas, ces zones de non-droits aux mains des trafiquants. Un chantier immense.
Publié le 30/09/2010
Dimanche soir, le seul sondage de sortie des urnes, réalisé par l'institut Ibope et diffusé par la chaîne GloboNews, avait donné Dilma Rousseff gagnante au premier tour, avec 51% des voix. Mais la perspective d'un second tour s'est précisée au cours de la soirée, au fur et à mesure de la publication des résultats officiels partiels qui montraient que Dilma Rousseff n'atteindrait pas les 50% nécessaires pour l'emporter dès ce dimanche. Au final, selon les résultats quasi définitifs communiqués par le Tribunal électoral supérieur, elle n'a obtenu que 46,5% des suffrages exprimés, et son principal opposant José Serra 32,7%. La candidate écologiste Marina Silva a créé la surprise en recueillant 19,5% des voix, soit près de six points de plus que prédit par les sondages.
Quatre semaines où tous les coups seront permis
Dans quelle situation aborde-t-elle le second tour ? En favorite, bien évidemment. Mais Dilma Rousseff pourrait néanmoins être en difficulté si elle n'obtient pas le soutien des Verts. L'incertitude grandirait si ces derniers nouaient une alliance avec le parti de José Serra, autre candidat qualifié pour le second tour. Les analystes anticipent toutefois une répartition équitable du vote écologiste. Mais les quatre semaines qui s'annoncent vont permettre au camp de Serra de durcir le ton et de dépeindre Rousseff en idéologue désireuse de mener une politique plus à gauche que Lula. Si ces nouvelles attaques n'empêchent pas sa victoire, elles pourraient en réduire la portée et in fine affaiblir Dilma Rousseff tant aux yeux de l'opposition que des membres de sa coalition, constituée de dix partis. Moins charismatique et soutenue avec moins de force que Lula, Rousseff n'est pas à l'abri d'une fronde dans ses propres rangs, où l'indiscipline de la coalition a déjà tué dans l'oeuf des projets du président sortant. Or elle veut réformer le système fiscal, ce qui nécessitera un soutien très solide.
Quatre semaines de campagne de plus donnent aussi du temps aux médias et à l'opposition pour déterrer d'éventuelles nouvelles affaires touchant le Parti des travailleurs. Le pire scénario verrait émerger un scandale pire encore que celui impliquant Erenice Guerra, successeur de Rousseff à la direction du cabinet de Lula, accusée d'être liée à un système de pots-de-vin. Cette affaire a terni le dernier mois de campagne présidentielle. Les analystes estiment que seul un scandale d'ampleur l'affectant directement pourrait priver Rousseff de la victoire. Mais une affaire, même d'importance moindre, aurait des effets néfastes pour le PT, régulièrement accusé d'employer des méthodes illicites depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Un scandale d'achat de voix avait poussé plusieurs hauts dirigeants du parti à la démission en 2005 et failli entraîner une procédure d'"impeachment" contre Lula.
Si Dilma Rousseff remporte au final la présidentielle, ce qui reste le plus probable, elle aura donc divers défis à relever, dans des conditions plus ou moins bonnes selon l'ampleur de sa victoire. Le gouvernement de Lula a multiplié les dépenses cette année pour tenter de favoriser sa candidate et la poursuite de la campagne pourrait signifier de nouvelles ponctions dans un budget déjà déséquilibré. Les dépenses dépassent à ce jour les recettes fiscales malgré une forte croissance économique. En excluant le remboursement de la dette, les dépenses s'élevaient à 2,01% du PIB sur 12 mois en août. Cela signifie que l'objectif d'un déficit public de 3,3% du PIB pour 2010 ne sera pas tenu sans recourir à des astuces de comptabilité. Bien que le Brésil semble à l'abri d'une crise financière majeure grâce à une charge de dette relativement faible et à  d'importants flux d'investissement, des risques demeurent. En outre, plus le Brésil s'habituera aux effets des mesures de stimulation économique, plus il sera difficile pour Rousseff de les limiter.
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