Christine O'Donnell, le Tea Party et Obama

Par , le 25 octobre 2010 à 11h25 , mis à jour le 27 octobre 2010 à 10h19

Dossier : Élections USA

Portrait - Candidate du mouvement populiste issu du parti républicain pour un poste au Sénat lors des législatives de mi-mandat du 2 novembre, Christine O'Donnell est la nouvelle star de la droite dure américaine aux côtés de Sarah Palin. Sa cible préférée : le président.

Christine O'Donnell, le 16 septembre 2010, à Dover (Etats-Unis)Christine O'Donnell, le 16 septembre 2010, à Dover (Etats-Unis) © TF1/LCI

Inconnue il y a encore quelques mois, Christine O'Donnell est aujourd'hui, et au moins jusqu'au soir du 2 novembre, l'une des figures principales de la politique américaine. Agée de 41 ans, elle est la candidate emblématique du Tea Party, ce mouvement populiste de droite issu du parti républicain. Après avoir battu un républicain modéré dans la primaire du parti de l'éléphant, elle brigue désormais l'un des deux postes de sénateurs de l'Etat du Delaware à l'occasion des élections législatives de mi-mandat. Et pas n'importe quel siège : il s'agit en effet de celui détenu auparavant par Joe Biden, l'actuel vice-président de Barack Obama.

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Plus d'infos

Le Tea Party fait référence à la révolte des colons contre la monarchie britannique de 1773 qui déboucha ensuite sur la guerre d'Indépendance. Ses positions radicales contre les impôts fédéraux et pour le désengagement de l'Etat dans l'économie ont fait une entrée remarquée au 1er semestre 2009. Barack Obama, qualifié de socialiste (une insulte aux Etats-Unis), et l'establishment de Washington, sont ses cibles préférées. Sarah Palin, l'ancienne colistière de John McCain pour la vice-présidence en 2008, en est devenue l'égérie. Mais ayant passé son tour pour ces élections, c'est donc Christine O'Donnell qui symbolise actuellement le mieux ce basculement vers la droite du parti républicain.

Droite religieuse

C'est peu dire que les positions de Christine O'Donnell, dont le parcours universitaire est sujet à caution, sont tranchées. Proche de la droite religieuse, dont les thèses épousent celle du Tea Party sur les sujets de société, elle réfute la théorie de l'évolution et croit dur comme fer au créationnisme. Prônant l'abstinence sexuelle, cette célibataire, qui n'exclut pas de se marier,  est logiquement opposée à l'avortement. Il y a quelques années, dans une interview télévisée, elle avait également comparé la masturbation à l'adultère.  Sans surprise, elle bénéficie aussi du soutien du puissant lobby de la National rifle association (NRA).

Les médias et ses adversaires, aussi bien républicains que démocrates, mettent en avant son inexpérience politique et son extrémisme. Et ont trouvé quelques vidéos croustillantes, dont l'une (une interview remontant en 1999 où elle a annonçait avoir participé à des séances de sorcellerie) l'a obligée à expliquer qu'elle n'était pas une sorcière !  "Ce sont des politiciens de carrière, taillés pour diriger, qui ont placé le pays dans la situation où il est. Comme beaucoup de gens, je sais à quel point il est difficile de gagner le moindre dollar et c'est pour cela que je veux aller à Washington, pour aider à protéger ce dollar", réplique-t-elle. Il n'empêche : si elle a donc remporté la primaire républicaine dans le Delaware, elle est aujourd'hui moins bien placée, malgré sa médiatisation, que ne l'était le républicain qu'elle a battu pour la victoire finale face au candidat démocrate. C'est aussi souvent le cas pour sa dizaine de collègues du Tea Party en lice, sauf Marco Rubio en Floride.
 
Obama sauvé ou coulé ?
 
Et c'est là tout le paradoxe actuel du mouvement et de ses représentants. Nul doute qu'ils sont en train de bouleverser non seulement la donne future du parti républicain, qui peine à se relever et à trouver un nouvel héraut capable de tenir la dragée haute à Barack Obama en vue de la présidentielle de 2012, mais aussi celles de la société et de la politique américaines.

La question

Obama va-t-il gagner les législatives de mi-mandat ?

Oui
Non

 

Mais, ce 2 novembre, pour leur première grande sortie, leur 'extrémisme" pourrait permettre aux démocrates et au président, malmenés par les républicains "classiques" qui profitent du haut niveau du chômage (10%), de limiter la casse. Effrayés par ce virage à droite, les électeurs républicains modérés pourraient en effet s'abstenir, voire voter pour le parti de l'âne. 

Par Fabrice Aubert le 25 octobre 2010 à 11:25
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8 Commentaires

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  • lafronde07, le 31/10/2010 à 20h20

    Encore un mouvement réactionnaire qui ne mène nulle part ! Les chinois vont laminer les USA d'ici un demi-siècle !!!

  • jclo38, le 31/10/2010 à 08h34

    Tout a fait d'accord avec vous fred !

  • alaingb, le 26/10/2010 à 23h20

    L'émergence d'un troisième parti politique crédible aux Etats Unis est un phénomène nouveau, pour la première fois depuis Ross Pérot dans les années 80. Cette mergence du Tea Party démontre une méfiance accrue envers l'establishment et surtout envers ses ses deux partis établis depuis 150 ans. Un processus démocratique dans tous les cas.

  • diktatur, le 26/10/2010 à 18h40

    ET elle est séduisante en plus....

  • didierbretagne, le 26/10/2010 à 18h36

    Surprenant le silence de tout ceux qui ne voyait que par B.OBAMA en comparaison à notre Président. Que sont-ils donc devenus ?

  • iben770, le 26/10/2010 à 14h12

    Come on Christine! You can do it! Let's put Obama down for the count!

  • coosak, le 26/10/2010 à 10h55

    Les "Tea Parties" sont sans chef, sans organisation fédérale, ces mouvements de citoyens protestent contre ce qui cherche à remplacer la tradition américaine d'entreprise, d'indépendance et de responsabilité individuelle par une doctrine de redistribution et d'assistance. Le Tea Party n'a toujours pas de chef ou d'organisation fédérale. Il est en revanche parvenu à susciter un enthousiasme politique durable .Personne n'a cherché à devenir le chef national du mouvement (Sarah Palin est son porte-parole le plus célèbre, mais elle n'occupe aucune position de pouvoir). Leurs candidats se distinguent des candidats de l'establishment :ils sont plus jeunes, plus portés à défendre leurs principes et moins enclins aux compromis que les candidats traditionnels . Tea Party exprime un rejet populaire massif de l'interventionnisme de l'Etat dans l'économie .Les millions d'Américains qui y participent exigent, au moment même où l'incertitude économique est la plus grande et le chômage le plus élevé depuis une génération que le gouvernement laisse les citoyens prendre en charge leur propre destin. Les militants du Tea Party incarnent une particularité américaine qui n'a pas d'équivalent en Europe : la conviction que l'objectif des citoyens doit être de tenir les hommes politiques à l'écart de leur vie et non de leur soutirer des avantages ; on sort d'une crise par le travail et l'épargne, et non par la redistribution publique. En temps normal, ces Américains ne sont pas impliqués en politique, puisqu'ils considèrent que le rôle de la politique doit être limité . Il aura fallu, pour en faire des militants, que Obama et le Congrès Démocrate commencent à mettre en ?uvre, agressivement, une politique opposée à la leur : sortir d'une crise par la nationalisation de secteurs entiers de l'économie (santé, automobile), la multiplication du nombre des fonctionnaires, l'augmentation de la dette publique et la redistribution des revenus.

  • lenormand27, le 26/10/2010 à 09h42

    Pourquoi donc les médias Français insistent-ils autant pour parler des candidats minoritaires qui ne représentent pas le Parti républicain ? Selon les sondages, les Républicains vont gagner de très nombreuses élections. Christine O'Donnell est détestée, ridiculisée et méprisée par son propre parti. Nombre de républicains et de conservateurs refusent de s'associer à elle. Pourquoi ne parlez-vous pas des très nombreux républicains qui mènent les élections ? Pourquoi ne parlez vous pas des leaders du Parti Républicain ? Pourquoi vous attardez-vous sur les candidats anecdotiques qui n'ont aucune chance de l'emporter ? Et pourquoi ne parlez vous pas des sondages qui prévoient une grande victoire de la la droite US ?

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