Barack Obama, à la Maison-Blanche, le 16 octobre 2010 © Abacapress.com
Deux ans après, Obama sauvera-t-il ses majorités ?
A mi-mandat, le président américain affronte ce mardi les traditionnelles élections législatives. Les démocrates sont aujourd'hui majoritaires dans les deux chambres du Congrès, le Sénat et la Chambre des représentants. Les conserveront-ils ? Rien n'est moins sûr. Réponse mercredi matin.
Publié le 02/11/2010
Déguisements et dérision pour contrer l'ultra-droite américaine
Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies ce week-end près de la Maison Blanche pour une grande fête costumée et parodique, pour tenter d'enrayer la poussée des conservateurs avant les élections de mi-mandat.
Publié le 31/10/2010
Les Américains de Paris à l'heure des mid-terms
<b> Reportage -</b> Six jours avant le scrutin législatif outre-Atlantique, les Américains de la capitale se sont retrouvés mercredi soir pour un débat animé entre les représentants en France des partis républicain et démocrate.
Publié le 28/10/2010
Christine O'Donnell, le Tea Party et Obama
<b> Portrait -</b> Candidate du mouvement populiste issu du parti républicain pour un poste au Sénat lors des législatives de mi-mandat du 2 novembre, Christine O'Donnell est la nouvelle star de la droite dure américaine aux côtés de Sarah Palin. Sa cible préférée : le président.
Publié le 25/10/2010
Tout pour comprendre l'enjeu des élections américaines
<b> Infographie -</b> Découvrez avec notre visuel animé le fonctionnement du scrutin législatif dit de "mi-mandat", dont le résultat sera primordial pour Barack Obama avant ses deux dernières années à la Maison-Blanche.
Publié le 28/10/2010
Elections de mi-mandat : que vont voter les électeurs noirs ?
Pour les élections de mi-mandat, Barack Obama compte sur la mobilisation des électeurs noirs. S'ils s'étaient largement mobilisés lors de la présidentielle, eux aussi ont été déçus par les résultats économiques de l'administration Obama.
Publié le 27/10/2010
Etats-Unis : cette association qui aide les propriétaires en faillite
Les Etats-Unis connaissent un niveau de chômage inédit : 15 millions de demandeurs d'emplois... avec le risque de perdre leur maison, faute de pouvoir en rembourser le crédit. Une association tente en Californie de les remettre à flot financièrement.
Publié le 26/10/2010
François Durpaire est chercheur associé au Centre de Recherches d'Histoire Nord-Américaine de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l'auteur de plusieurs livres sur les Etats-Unis, dont L'Amérique de Barack Obama (Editions Michalon, 2007) et Obama face à la crise (Editions Demopolis, 2009).
TF1 News : Barack Obama est-il dans la même situation que Bill Clinton en 1994, qui avait perdu sa double majorité au Sénat et à la Chambre des représentants à mi-mandat ?
François Durpaire : Sur le plan comptable, oui. Avec une cote oscillant entre 45 et 49%, il est à peu près au même niveau de popularité, ou plutôt d'impopularité, que Bill Clinton à l'époque, voire de Ronald Reagan en 1982. Or avec ce chiffre inférieur à 50%, la sanction est souvent la même : le président, s'il y dispose bien sûr de la majorité, perd soit la Chambre des représentants (ndlr : l'équivalent de notre Assemblée nationale), soit le Sénat, soit les deux à la fois.
Il faut aussi relativiser la probable défaite de Barack Obama annoncée par les sondages : dans l'histoire politique américaine, il est courant de voir le président perdre les élections de mi-mandat alors qu'il possède la majorité au Congrès. Depuis les années 60, seuls Lyndon Johnson (1966) et Jimmy Carter (1978) l'ont emporté. Le premier ne s'est pas représenté à la présidentielle de 1968, le second a été battu en 1980. Bref, aboutir à une cohabitation après les deux ans du premier mandat est la norme.
TF1 News : Pourquoi cette défiance et cette déception de nombreux "obamaniaques" de 2008 ?
F.D. : La principale raison, c'est la crise économique. Les économistes ont beau expliquer que, techniquement, la récession est terminée depuis juin 2009, ce qui compte, c'est la perception de la situation par les Américains moyens. Or ils n'ont toujours pas retrouvé leur maison et le chômage reste aux alentours de 10%. Plus qu'un choix entre démocrates et républicains, le scrutin est donc surtout un référendum pour ou contre les deux ans de l'administration Obama dans la lutte contre la crise.
Cette défiance peut également être interprétée de manière plus sévère. Barack Obama n'a pas été un leader comme on l'attendait de lui. En voulant trop ménager la chèvre et le chou et en voulant pratiquer l'ouverture, il n'a pas su trancher à plusieurs reprises. Sur l'assurance-santé, il s'est ainsi souvent perdu en route en donnant des gages une fois sur sa gauche puis l'autre sur sa droite. Résultat : il est apparu comme quelqu'un de faible.
| "Un référendum pour ou contre les deux ans d'Obama" |
TF1 News : Peut-on imputer les mauvais résultats économiques à sa politique ?
F.D. : On ne peut pas dire qu'il ait pris de mauvaises décisions. Les républicains mettent en avant les emplois perdus. La Maison-Blanche parle en contrepartie d'au moins trois millions d'emplois sauvés. En résumé, Barack Obama n'a pas aggravé la crise, il ne l'a pas résolue non plus. Bien que les premiers éléments de la reprise économique soient là, il faudra attendre 2011 pour qu'ils soient vraiment visibles.
Mais cela suffit pour que les nouveaux électeurs de 2008, ceux-là même qui s'étaient déplacés en masse pour voter Obama, soient déçus. Et pour qu'ils restent chez eux cette année. Or pour ce scrutin de mi-mandat, ce sont eux qui ont le plus d'importance puisque leur vote manquera aux candidats démocrates. Tout comme leur manquera les jeunes de moins de 30 ans, qui, traditionnellement, ne s'intéressent pas aux mid-terms et qui s'étaient mobilisés il y a deux ans en faveur de Barack Obama.
TF1 News : Quid des électeurs noirs ?
F.D. : Ce n'est pas réellement une question de déception ou non. Ils ne sont pas surpris qu'il n'y ait pas eu de dispositifs raciaux spécifiques puisque Barack Obama l'avait annoncé dès la campagne. Comme tout le monde, ce qui les intéresse, c'est la crise économique. D'où le risque pour Obama d'un retour à la situation d'avant-2008. Les Noirs ont toujours voté démocrate à environ 90%. Ce fut encore le cas il y a deux ans et cela le sera encore cette année.
Ce qui est important, ce n'est donc pas le pourcentage, mais le nombre. En 2008, Obama avait bénéficié d'une mobilisation massive de l'électorat noir. Cela ne sera probablement pas le cas ce 2 novembre. Mécaniquement, cela fera des voix en moins pour les candidats démocrates. Pour essayer de mobiliser cet électorat noir, Barack Obama a utilisé son atout principal : sa femme Michelle, comme il l'avait fait pendant les primaires démocrates face à Hillary Clinton.
| "Avec le Tea Party, défaite assurée pour les républicains en 2012" |
TF1 News : Le Tea Party, atout ou fossoyeur de Barack Obama pour ce scrutin ?
F.D. : Difficile à dire. Il est impossible de savoir si les candidats du Tea Party qui ont gagné les primaires républicaines feront mieux mardi que le républicain classique qu'ils ont battu ne l'aurait fait face au représentant démocrate. Une chose est sûre : l'émergence du Tea Party va déterminer l'avenir du parti républicain, et donc de la présidentielle de 2012.
A court terme, ses conséquences seront négatives pour le président car c'est une force d'appoint pour le parti républicain qui va tenter de l'ingérer, quitte à se transformer lui-même. A long terme, ce serait plutôt un avantage car si le parti républicain se droitise trop, il perdra d'office la présidentielle de 2012. L'Amérique d'aujourd'hui est en effet une Amérique multi-culturaliste. Ce n'est plus l'Amérique des cow-boys et des westerns, sauf dans l'esprit de Sarah Palin.
TF1 News : Quoi qu'il en soit, même en cas de succès démocrates, l'ère des réformes profondes est-elle terminée pour ce premier mandat ?
F.D. : En cas de défaite, Barack Obama sera en effet limité dans son action. En revanche, s'il gagne alors qu'il était donné battu, ce serait un formidable succès, qui n'est donc arrivé que deux fois depuis les années 60. Dans ce cas, même avec une majorité courte, il sera renforcé. Il s'est en effet impliqué dans la campagne. C'est lui qui aura fait gagner le parti et ce dernier le lui rendra. Or il reste de grandes réformes à réaliser pour compléter le programme de 2008 : l'économie, les questions fiscales ou bien encore le climat. Reste à savoir où se situera le curseur et si Obama pourra entamer ou non un second New Deal comme Franklin Roosevelt en 1935.
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