© AFP/S. SHEPARDAhmed Khalfan Ghailani, premier détenu de Guantanamo jugé devant un tribunal civil américain, a été acquitté mercredi de la quasi-totalité des charges de terrorisme qui pesaient contre lui. La décision des jurés new-yorkais est un revers pour l'administration Obama, dont l'engagement à fermer le camp de détention militaire de Guantanamo, ouvert début 2002, se heurte à des résistances sur le front intérieur.
Guantanamo: Obama revient sur ses promesses de campagne
Dans une série de décisions lundi, le président américain a ordonné l'organisation de nouveaux procès militaires d'exception et encadré la détention illimitée de plus de 40 détenus de Guantanamo.
Publié le 08/03/2011
Obama en passage éclair en Afghanistan
Le président américain, en visite surprise en Afghanistan, a affirmé vendredi à des soldats US qu'ils allaient "réussir (leur) mission", tout en mettant en garde contre "des jours difficiles" à venir dans le combat contre les talibans.
Publié le 03/12/2010
Guantanamo : Londres indemnise les ex-prisonniers britanniques
Le gouvernement britannique versera des dommages et intérêts à 16 ex-détenus de la prison américaine qui accusent les forces de sécurité britanniques de complicité de torture.
Publié le 16/11/2010
Le premier ex de Guantanamo jugé au civil
Le procès du Tanzanien Ahmed Ghailani s'est ouvert mardi à New York. Il est le premier ancien détenu du camp militaire controversé à être jugé par un tribunal civil et non militaire.
Publié le 13/10/2010
L'heure de la sentence pour "l'enfant soldat" de Guantanamo
Après avoir plaidé coupable de crimes de guerre devant un tribunal militaire d'exception, Omar Khadr, capturé en Afghanistan en 2002 à l'âge de 15 ans, attend sa condamnation ce samedi. Il risque, théoriquement, la prison à vie. Dans les faits, sa peine ne devrait pas excéder les huit ans.
Publié le 30/10/2010
Ce Tanzanien, âgé de 36 ans, était accusé d'implication dans les attentats commis en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. L'opération, menée par Al-Qaïda, avait fait 224 morts. Au terme de cinq journées de délibérations, le jury n'a finalement retenu qu'une charge contre lui, celle d'avoir comploté en vue de détruire des biens américains au moyen d'explosifs. Elle pourrait néanmoins lui valoir une lourde condamnation - au minimum vingt ans de prison. Le procureur fédéral Preet Bharara demandera la réclusion criminelle à perpétuité. La peine sera annoncée le 25 janvier.
En revanche, Ahmed Khalfan Ghailani a été acquitté des 275 autres chefs d'homicide, tentatives d'homicide et des accusations de conspiration dont il devait répondre. Décrit par l'accusation comme "l'auteur d'un massacre", il était également accusé d'avoir rejoint en Afghanistan, la veille des attentats, Oussama ben Laden dont il était devenu un des gardes du corps.
Arguments pour les républicains
L'administration Obama, qui avait pris la décision de transférer Ahmed Khalfan Ghailani à New York pour un procès de droit commun dans le but de mettre un point final aux excès de la "guerre contre le terrorisme" de George W. Bush, a immédiatement réagi. "Nous respectons le verdict du jury et sommes satisfaits qu'Ahmed Ghailani encoure désormais 20 ans de prison minimum et une potentielle condamnation à perpétuité pour son rôle dans les attentats contre les ambassades", a déclaré le ministère de la Justice.
Le procès d'Ahmed Khalfan Ghailani était un test pour l'administration de Barack Obama, critiquée par l'opposition républicaine pour vouloir traduire certains accusés de terrorisme devant des tribunaux de droit commun et non uniquement devant des tribunaux militaires d'exception. Il reste actuellement 174 détenus à Guantanamo, où ont été emprisonnés sans statut juridique clair jusqu'à 765 "ennemis combattants" capturés lors de la "guerre contre le terrorisme" déclenchée par l'administration Bush après les attentats du 11-Septembre.
Le gouvernement fédéral entend les traduire, en fonction des cas, devant des tribunaux civils ou des tribunaux militaires. Mais la plupart des républicains, désormais majoritaire à la Chambre des représentants, estiment que tous les suspects de terrorisme doivent comparaître devant la justice militaire, dont ils espérent des jugements sévères. La décision des jurés new-yorkais est donc un argument allant dans leur sens, aux dépens de l'administration démocrate.
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