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L'étau judiciaire américain sur Lance Armstrong débarque en France

Fabrice Aubert par
le 17 novembre 2010 à 12h30
Temps de lecture
4min
Lance Armstrong

Lance Armstrong en septembre 2008/Image d'archives / Crédits : ABACA

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Amériques L'enquête lancée cet été aux Etats-Unis après les révélations et les accusations de Floyd Landis, le vainqueur déclassé du Tour 2006, se rapproche petit à petit du Texan. Des membres de l'agence française antidopage sont auditionnés cette semaine au siège d'Interpol à Lyon.

L'US Postal sera-t-elle au cyclisme ce que le scandale Balco, qui a conduit notamment à la déchéance de Marion Jones, a été à l'athlétisme ?  Toujours est-il que l'enquête menée par la Food and Drug administration (FDA), l'autorité américaine des denrées alimentaires et des médicaments, se rapproche dangereusement, à chaque nouveau développement ou témoignage, de l'équipe organisée à 100% autour de Lance Armstrong pendant ses sept années de domination sur le Tour de France entre 1999 et 2005.

Tout est parti du témoignage de Floyd Landis. Après quatre ans de dénégations suite à son contrôle positif pendant le Tour 2006, l'ancien membre de l'US Postal a tout balancé au printemps dernier dans la presse américaine. Et pour obtenir probablement l'immunité judiciaire, l'ex-coéquipier de Lance Armstrong n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Il a donc affirmé que c'est son ancien patron qui l'a initié aux normes du dopage version 21e siècle (notamment les fameuses autotransfusions sanguines) et, qui, plus globalement, organisait le système de manière organisée et précise dans l'équipe.

Deux hommes déterminés

Problème : il n'a pas vraiment de preuve tangible à apporter. Peu importe. Les preuves, la justice américaine, qui a décidé d'enquêter sur l'affaire dans la foulée, tout comme l'agence antidopage américaine (Usada), a chargé un homme d'en trouver. Et elle n'a pas confié la mission à n'importe lequel de ses employés. Il s'agit en effet de Jeff Novitzsky, celui-là même qui  a fait tomber Balco et Marion Jones.  Dans son entreprise, il est appuyé par Doug Miller, un procureur fédéral, qui a travaillé également sur le dossier Balco. Il est spécialement chargé d'étudier les comptes en banque des différents protagonistes. Objectif du duo : amener le plus grand nombre de personnes, accusateurs ou défenseurs de Lance Armstrong, à témoigner devant un "grand jury", l'institution chargée de décider s'il y a oui ou non matière à organiser un procès.

Pour l'instant, comme dans les affaires où des malfrats sont renvoyés en justice non pas pour leurs activités illicites mais pour fraudes fiscales, les enquêteurs ont trouvé un angle d'attaque plutôt original. En l'absence de contrôle positif ou de saisie de produits dopants en flagrant délit, ils se penchent essentiellement sur l'utilisation de fonds publics ou institutionnels. L'US Postal étant une entreprise publique, Jeff Novitzsky et Doug Miller ont en effet un boulevard pour enquêter sur la manière dont l'argent de la société a été utilisé pour et par l'équipe cycliste. Et donc pour vérifier s'il y a eu oui ou non fraude et détournement de fonds pour acheter des produits dopants. La fondation de Lance Armstrong contre le cancer est également dans le collimateur pour les mêmes raisons.

Analyses en France ?

Plus l'enquête se poursuit, plus elle se tourne vers l'Europe et la France. Cette semaine, plusieurs membres de l'agence française de lutte contre le dopage (AFLD) sont auditionnés par Jeff Novitzky à Lyon au siège d'Interpol au nom de l'entraide internationale. En septembre, le patron de l'AFLD, Pierre Bordry, qui a quitté depuis ses fonctions, s'était dit prêt à collaborer avec Jeff Novitzsky en lui fournissant les échantillons B d'urine et les prélèvements sanguins de Lance Armstrong sur le Tour 1999 (ceux, qui selon un article de L'Equipe publié en 2005, contiennent des traces d'Epo), voire à les analyser spécialement pour l'occasion.

 

Pour la justice sportive, quel que soit le résultat de ces éventuelles analyses, il est trop tard car le délai de prescription est dépassé.  Mais pas pour la justice ordinaire, d'autant plus si elle est américaine.  Néanmoins, le dossier avance à la vitesse de la justice. Donc beaucoup moins vite que Lance Armstrong dans les cols du Tour. L'agence mondiale antidopage (AMA) parle ainsi de 2016 comme point final au dossier.

Commenter cet article

  • dom145 : Il est important de savoir s'il a triché ou pas et s'il mérite ou pas ses 7 couronnes du tour de france !!!

    Le 17/11/2010 à 18h10
  • bonscott12 : "la justice avance moins vite que L Armstrong dans les cols", j'aime bien l'ironie finale du journaliste mais je crains que ça traine encore plus pour ne pas discréditer l'organisation du TdF

    Le 17/11/2010 à 17h14
  • gabiolo59 : Je pense que des boites comme uci et d'autres organisme anti dopage on du souci à se faire on est plus sur les terres européennes ici. aux usa lance devra démontrer son innocence, en france on devait trouver de quoi l'inculper, et les moyens financiers d'investigation seront plus important, autre chose Lance A serait intéressé pour devenir gouverneur du texas, il y a qquechose la dessous.

    Le 17/11/2010 à 15h55
  • candidebucarest : Que d'argent dépensé pour un résultat (éventuel) si futile dans le désordre du Monde !

    Le 17/11/2010 à 15h25
  • mer78 : La justice americaine !!!!!

    Le 17/11/2010 à 15h20

      Elles sont arrivées par dizaines de milliers: invasion de chauves-souris dans une ville australienne

      logAudience