La Californie rejette la légalisation du cannabis

le 03 novembre 2010 à 08h20 , mis à jour le 03 novembre 2010 à 10h23

Dossier : Élections USA

Les électeurs de Californie ont rejeté mardi la proposition 19, qui prévoyait la légalisation complète de la consommation, de la culture et du commerce du cannabis.

Si les électeurs californiens sont allés à contre courant de la vague républicaine en élisant un démocrate comme gouverneur, ils ont tout de même un peu fait mentir leur réputation progressiste, en rejetant largement la légalisation  complète de la consommation, de la culture et du commerce du cannabis. Selon les premières projections des médias américains, la "Proposition 19", qui était soumise aux électeurs par référendum, n'aurait été approuvée que par  43% des Californiens, et rejetée par 57% d'entre eux.

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Le texte voulait autoriser les Californiens de plus de 21 ans à posséder jusqu'à une once (28,35 grammes) de marijuana et à la cultiver sur une surface maximum de 2,32 mètres carrés. Il proposait également de confier aux villes et aux comtés le soin d'organiser, à leur discrétion, la culture à grande échelle et la commercialisation du cannabis, puis sa taxation -- promesse de belles rentrées fiscales. Cette vaste dépénalisation aurait fait de la Californie -- où la culture et la consommation de la marijuana à des fins médicales sont légales depuis 1996 -- l'entité politique la plus en pointe dans le monde en termes de légalisation du  cannabis, devant les Pays-Bas ou la République tchèque.

Le débat légitimé, déjà une victoire pour certains

La "Prop 19" a sans doute été le référendum le plus commenté et le plus  controversé de ces élections, mais il a été relativement sous-financé, comparé  par exemple à la célèbre Proposition 8 sur le mariage gay, en 2008. Opposants et défenseurs ne sont vraiment entrés dans le vif du sujet qu'une  semaine avant le vote, avec quelques spots télévisés et le don d'un million de  dollars du milliardaire George Soros aux défenseurs de la légalisation. Mais les opposants au texte, bien que discrets, n'en étaient pas moins  nombreux... et puissants. En Californie, le démocrate Jerry Brown, largement élu  mardi soir au poste de gouverneur, était hostile au texte, à l'instar de tous  les principaux candidats aux postes de sénateur ou procureur général.

Et le ministre américain de la justice, Eric Holder, avait assuré qu'il "envisagerait toutes les options légales et politiques" en cas d'adoption du  texte, qui avait aussi suscité l'opposition de l'agence fédérale anti-drogue. Le texte avait aussi provoqué une levée de boucliers dans les pays  latino-américains, accusant les Etats-Unis de jouer un double-jeu, en voulant  d'un côté légaliser la marijuana sur leur territoire tout en exhorant les pays  d'Amérique latine à lutter contre le trafic de drogue. Mardi encore, le gouvernement mexicain affirmait par la voix de l'un de ses  porte-parole que la légalisation du cannabis, "particulièrement quand elle est  décidée de façon unilatérale et isolée", n'allait pas réduire le pouvoir des  cartels de la drogue au Mexique mais contribuerait au contraire à leur offrir de  nouvelles opportunités économiques. Les défenseurs du texte voulent croire pour leur part que la "Proposition 19" aura permis au sujet de la légalisation du cannabis d'atteindre le grand public. "Il y a désormais une vraie légitimation du débat sur la marijuana, comme on  ne l'avait jamais connue aupravant", a déclaré Ethan Nadelmann, directeur de la Drug Policy Alliance, une association militant pour la  dépénalisation des drogues.

le 03 novembre 2010 à 08:20
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3 Commentaires

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  • 421123, le 03/11/2010 à 17h47

    Ouf!

  • perth182, le 03/11/2010 à 16h57

    Enfin un pays qui bouge de manière pragmatique. Même si la réponse est négative, au moins les américains ont le courage de débattre de ce problème. Contrairement à la France qui ne veut rien entendre même quand on lui prouve par A + B qu'une politique de prévention et d'accompagnement des usagers de drogue est beaucoup plus efficace qu'une stricte interdiction qui n'a jamais fonctionné. Pour l'instant, on préfère voir les dealers de banlieue s'enrichir et s'organiser mieux que des professionnels à un tel point que même la police se sait impuissante. Peut-être que l'exemple de la Californie invitera certains de nos politiques a être plus pragmatique, mais franchement j'en doute.... la politique de l'autruche et surtout de l'hypocrisie sont tellement plus faciles.

  • chrisa380, le 03/11/2010 à 12h07

    On peut penser ce qu'on veut de l'Amérique et de la démocratie américaine, mais moi je dis qu'une nation qui soumet ce genre de question à l'approbation de ses électeurs ça ressemble sacrément à une vraie démocratie, nous en sommes encore très très loin...

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