Barack Obama, le 2 novembre 2010 © abacapress.comAndré Kaspi est historien, spécialiste de l'histoire des Etats-Unis. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le pays.
Après sa déroute, Obama est en Asie
Juste après la défaite des démocrates aux législatives de mi-mandat, le président américain effectue une longue tournée asiatique de dix jours. Il est arrivé en Inde samedi matin.
Publié le 05/11/2010
Le mea culpa de Barack Obama
"Il apparait que je dois mieux faire", a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse au lendemain de la défaite de son camp démocrate aux élections législatives.
Publié le 03/11/2010
La vague républicaine déferle sur Obama
Comme prévu par les sondages, les républicains ont largement pris le contrôle de la Chambre des représentants lors des législatives de mi-mandat. En revanche, les démocrates gardent de peu la majorité au Sénat.
Publié le 03/11/2010
La Californie rejette la légalisation du cannabis
Les électeurs de Californie ont rejeté mardi la proposition 19, qui prévoyait la légalisation complète de la consommation, de la culture et du commerce du cannabis.
Publié le 03/11/2010
Etats-Unis : les résultats des élections de mi-mandat
<b> Infographie -</b> Découvrez avec notre visuel animé la nouvelle situation à la Chambre des représentants et au Sénat après les législatives du 2 novembre 2010.
Publié le 03/11/2010
L'homme avec qui Obama va devoir composer
<b> Portrait -</b> John Boehner sera le leader des républicains à la Chambre des représentants, conquise ce mardi par le parti de l'éléphant lors des législatives. Ce farouche opposant du président s'en prend notamment au déficit budgétaire de Washington, qu'il met sur le compte de l'étatisation de l'économie.
Publié le 03/11/2010
Etats-Unis : le Tea Party fait une entrée remarquée au Sénat
Le mouvement ultra-conservateur issu du parti républicain a confirmé mardi son émergence sur la scène politique américaine, avec l'entrée au Sénat de plusieurs de ses membres.
Publié le 03/11/2010
Durpaire: "ça va être la guerre pendant deux ans"
Le spécialiste des Etats-Unis analyse la demi-défaite de Barack Obama. Quelle sera désormais la marge de manoeuvre du président américain ?
Publié le 03/11/2010
Boehner: "le message des américains, Obama doit changer de cap"
Le républicain John Boehner, qui devrait prendre la présidence de la Chambre des représentants, a lancé un message clair à Obama: les réformes, c'est terminé.
Publié le 03/11/2010
TF1 News : La Chambre des représentants aux républicains, le Sénat aux démocrates. Malgré son évidente défaite, Barack Obama a-t-il limité la casse ?
André Kaspi : La défaite aurait en effet être pu être plus cinglante avec l'installation d'une majorité républicaine au Sénat. Dans ce cas, on aurait pu parler de catastrophe pour Barack Obama. Mais garder de peu la majorité au Sénat en perdant la Chambre ne peut pas cependant être qualifié de victoire.
Néanmoins, il faut rappeler que dans la plupart des cas de l'histoire politique américaine, les élections de mi-mandat se soldent par une défaite du président en exercice. En dehors de quelques exceptions, comme John Fitzgerald Kennedy en 1962 après la crise des missiles à Cuba et George W. Bush en 2002 après le 11-Septembre, c'est même la norme. Evidemment, cette défaite peut être plus ou moins lourde.
TF1 News : Quelle est maintenant la marge de manœuvre de Barack Obama dans cette "cohabitation" à l'américaine ?
A.K. : Là aussi, il faut se rapporter à l'histoire des Etats-Unis : la cohabitation entre le président et le Congrès est habituelle. Barack Obama devra donc trouver des formules pour aboutir à des compromis avec les républicains. Cela nécessitera des efforts. Mais ses possibilités de gouverner existent. Si cela ne fonctionne pas, chacun devra assumer ses responsabilités. En 2012, pour la présidentielle, on verra ainsi si Obama n'a rien pu faire en raison d'une obstruction systématique du Congrès ou si les deux ont pu travailler ensemble. Il faut noter qu'en 2008, Obama voulait se coordonner avec les républicains. Cela n'a pas marché. Aujourd'hui, il va devoir faire preuve de plus d'habilité.
| "Un retour aux fondamentaux de l'Amérique" |
TF1 News : A quelles réformes peut-on s'attendre d'ici 2012 ?
A.K. : Obama se vante d'avoir déjà réalisé 70% de son programme. Il reste encore à régler les dossiers de l'immigration clandestine, très importante aux Etats-Unis, de la justice fiscale, notamment les baisses d'impôts, et de la défense de l'environnement. L'essentiel reste bien sûr la lutte contre le chômage et la relance de l'économie. C'est sur ce sujet qu'il sera jugé en 2012. Le président va donc continuer son programme, en tenant compte bien sûr de la nouvelle situation. Il ne peut pas en effet être sourd aux résultats des urnes. Mais il ne doit néanmoins pas arrêter ses réformes. Ce serait une faute politique.
TF1 News : Plus globalement, comment expliquer ce virage à droite et cette radicalisation de la société américaine ?
A.K. : Elle transcrit l'inquiétude des Américains : le taux de chômage -10%, avec même des pointes à 14%- est très élevé pour le pays. Cela fait peur car c'est inhabituel et que cela succède à une période de prospérité où ce taux n'était qu'à 5%. Vient s'ajouter la crise immobilière. Outre leur emploi, les Américains qui en sont victimes ont aussi perdu leur maison. Ils se demandent quand ils vont sortir de cette crise économique et des difficultés qui lui sont liées. Leur réaction est un retour aux fondamentaux de l'Amérique : moins d'impôts, moins d'intervention de l'Etat fédéral, plus d'individualisme et de chacun pour soi. Mais cette réaction d'inquiétude ne fait pas pour autant un programme politique.
| "Le Tea Party, un mouvement populaire comme il y en a déjà eu par le passé" |
TF1 News : L'entrée du Tea Party au Sénat est la concrétisation de cette inquiétude. Quel rôle peut-il avoir dans les mois qui viennent ?
A.K. : C'est en effet un mouvement spontané qui découle de cette inquiétude et qui l'explique. Néanmoins, son influence chez les républicains crée un malaise à l'intérieur même du parti car certains sympathisants du Tea Party sont excessifs. De même, il ne faut pas oublier que 40% des électeurs américains sont des indépendants. Le Tea Party peut en séduire, mais la plupart sont inquiets et peu enchantés par ses idées. Une chose est sûre : il ne remplacera pas le parti républicain. C'est avant tout un mouvement populaire comme il y en a déjà eu par le passé. D'ici 2012 et la présidentielle, de l'eau coulera sous les ponts.
Retour MYTF1
Après sa déroute, Obama est en Asie
Etats-Unis : les résultats des élections de mi-mandat

Chargement en cours...




