Rio : le bastion des narcos repris, chaque maison va être fouillée

Par D.H. (avec agence), le 28 novembre 2010 à 14h43 , mis à jour le 28 novembre 2010 à 18h37

Au 8e jour de la guerre contre les narcotrafiquants, des centaines de policiers d'élite et de parachutistes ont donné dimanche l'assaut et annoncent avoir repris le contrôle des favelas du nord de Rio dans lesquelles les narcos sont retranchés. Place maintenant à un lent travail de fouille.

Assaut dans les favelas du nord de Rio dans lesquelles les narcos sont retranchés, le 28 novembre 2010Assaut dans les favelas du nord de Rio dans lesquelles les narcos sont retranchés, le 28 novembre 2010 © TF1-LCI

Ce fut une offensive éclair d'une envergure jamais vue à Rio pour mettre fin à une vague d'attaques et d'incendies de véhicules lancées par les trafiquants de drogue il y a une semaine et d'affrontements armés avec la police qui ont fait 35 morts. Au lendemain de l'ultimatum de reddition rejeté de facto par les quelque 600 trafiquants retranchés au Complexo do Alemao, un grand ensemble de favelas au nord de la ville dominé par le gang criminel Comando vermelho (Commando rouge), un des plus anciens et un des trois plus puissants de Rio, quelque 2.600 parachutistes, fusiliers marins, membres des forces d'élite de la police et policiers militaires, appuyés par des blindés et des hélicoptères ont donné tôt dimanche matin l'assaut.
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"C'est notre jour J", déclarait alors le porte-parole de la police militaire, tandis que le début des opérations était retransmis en direct par les chaînes d'information locales. Résultat, dans la matinée, la police a annoncé avoir "reconquis le terrain" dans ces favelas et repris le contrôle du bastion. "Jusqu'à maintenant il n'y a pas eu d'affrontements armés", a assuré le commandant de la police militaire. Quatre tonnes de marijuana ont déjà été saisies, 16 fusils, une mitraillette et de nombreuses munitions, a rapporté la télévision citant la police. Symbole de cette victoire, la police militaire a planté le drapeau brésilien au point culminant du Complexo do Alemao.

"La paix que les habitants n'ont pas eue depuis 30 ans"
 
Mais ce n'est pas fini. "Maintenant, c'est un travail de patience. Nous allons fouiller maison par maison. Il n'y aura pas un seul endroit qui ne sera pas vérifié", a expliqué le commandant de la police militaire. La progression des soldats et policiers se fait lentement, car "c'est un terrain très accidenté et il y a des risques d'embuscades ou d'habitants pris en otage par les narcos. Nous pouvons avoir des foyers de résistance", a expliqué un autre policier. "Il est important maintenant que la population collabore pour que, finalement, ils (les habitants) aient la paix, ce qu'ils n'ont pas depuis 30 ans", a dit le porte-parole de la police militaire, appelant "les habitants à faire exactement ce que demande la police, et à ne pas faire de gestes brusques".
 
Après des années d'indifférence, le gouvernement de l'Etat de Rio soutenu par le président Luiz Inacio Lula da Silva a décidé de réagir aux actes de "terreur" des trafiquants qui ont lancé une vague d'attaques en réaction à leur exclusion des favelas pacifiées. Le temps presse pour les autorités qui veulent endiguer la violence endémique de Rio avant d'accueillir le Mondial de football en 2014 et les Jeux olympiques de 2016.

Par D.H. (avec agence) le 28 novembre 2010 à 14:43
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6 Commentaires

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  • cast12, le 29/11/2010 à 10h12

    Blinde et helicoptere d'assaut, ça rigole pas

  • zen1491, le 29/11/2010 à 10h01

    Il aura fallu attendre que le Brésil organise deux grandes manifestations sportives internationales pour qu'il engage, enfin, ce nettoyage des trafiquants, finalement, le sport a du bon politiquement !

  • mcg35, le 29/11/2010 à 07h16

    @valraissien - Exactement. Cela permettrait aux honnêtes gens des banlieues de revivre enfin normalement.

  • silverfox06, le 29/11/2010 à 00h05

    Ca arrivera... vers 2050 !

  • pagan29200, le 28/11/2010 à 17h26

    Une belle volonté politique, au delà des discours.

  • valrassien, le 28/11/2010 à 17h23

    Paris devrait s" inspirait de RIO pour nos banlieus ou le trafic de drogue devient de plus en plus insupportable pour la population qui vit sous la terreur de quelques un.

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