© AFP / H. Retamal
- Retour de Duvalier: les images - 01 min 17 s
Haïti : "Bébé Doc" inculpé de corruption et vol
De retour à Haïti, l'ancien président Jean-Claude Duvalier a été officiellement inculpé mardi par la justice de son pays de corruption, vol et détournement de fonds pendant ses années au pouvoir (1971-1986).
Publié le 18/01/2011
Dimanche aurait dû marquer le deuxième tour de l'élection présidentielle en Haïti. Mais devant les soupçons de fraudes et le retard pris dans la proclamation des résultats définitifs du premier tour, il a été reporté sine die. Et pendant que le président René Préval gère la crise et se maintient à son poste, faute de mieux, c'est un autre président haïtien qui fait sa réapparition : Jean-Claude Duvalier, dit Baby Doc. "J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il lancé dimanche lorsqu'il a atterri, à la surprise générale, à Port-au-Prince, débarquant d'un vol Air France, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport. Pourquoi ce retour, pourquoi maintenant ? "Parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
Jean-Claude Duvalier avait été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était auto-proclamé président "à vie". Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis. Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
"Il a commis des crimes"
La fin de son exil a laissé de nombreux Haïtiens incrédules. "Duvalier, Duvalier", chantaient ses partisans. "Il a commis des crimes et a volé l'argent du peuple", leur criait un jeune en retour. "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a réagi le Premier ministre Jean-Max Bellerive. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il néanmoins ajouté.
Tout au long de son exil de près de 25 ans en France, où il a profité d'une retraite dorée dans de vastes demeures de la Côte d'Azur (Paris avait accepté en 1986 de l'accueillir "à titre temporaire", après son départ hâté par les Etats-Unis), Jean-Claude Duvalier a répété qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti. En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice". L'ex-dictateur a notamment été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
Retour MYTF1
Haïti : "Bébé Doc" inculpé de corruption et vol
Chargement en cours...




