© AFP/N. KRAMMCérémonie d'arrivée, rencontre dans le Bureau ovale avec Barack Obama, conférence de presse avant un somptueux dîner : la Maison Blanche déroule le tapis rouge pour le président chinois Hu Jintao. Arrivé mardi à Washington pour une visite de quatre jours aux Etats-Unis, le dirigeant de la grande puissance asiatique a partagé un dîner avec son homologue américain et un cercle restreint de proches collaborateurs. Mais c'est ce mercredi que le protocole américain va tourner à plein régime, avec une cérémonie formelle de réception à la Maison Blanche, conformément aux visites d'Etat les plus prestigieuses. Ce n'est que la troisième à être organisée depuis le début de la présidence Obama, il y a deux ans. Tranchant avec ce faste protocolaire, plusieurs centaines de Chinois et de Tibétains ont bruyamment manifesté devant la Maison Blanche, au moment même où le président chinois Hu Jintao arrivait à Washington pour sa visite d'Etat. "Nous sommes ici aujourd'hui pour réclamer nos droits", expliquait un leader du Parti pour la démocratie en Chine. Certains manifestants étaient munis de banderoles portant des mots d'ordre exhortant le président américain à "admonester Hu" lors des conversations officielles que les deux dirigeants doivent avoir ce mercredi.
Obama parle Droits de l'Homme devant Hu Jintao
Barack Obama, pourtant critiqué pour sa timidité sur les droits de l'homme lors de sa visite en Chine en 2009, a plus clairement évoqué ce dossier en recevant mercredi à la Maison blanche le président chinois Hu Jintao.
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Ces deux aspects de la visite du président chinois montrent toutes les ambigüités de la position américaine. La question des droits de l'homme est particulièrement scrutée aux Etats-Unis, à la fois par des associations puissantes et par des groupes d'élus, puisqu'elle est à la base même de la construction de l'identité américaine - à tel point que les droits humains sont souvent brandis comme un étendard par les Etats-Unis sur la scène internationale, y compris pour justifier des actions comme l'intervention militaire en Irak. Barack Obama est en outre lauréat du prix Nobel de la Paix 2009. Et c'est un dissident chinois, Liu Xiaobo, actuellement emprisonné dans son pays, qui lui a succédé en 2010, au grand dam de Pékin. La Maison Blanche assure que les droits de l'homme seront évoqués lors de la visite à Washington du président chinois mais des dissidents et des parlementaires en première ligne sur ce sujet le pressent d'en parler publiquement. Pour Chris Smith, qui préside une commission sur les droits de l'homme à la Chambre des représentants, il serait "presque impensable" qu'un lauréat du prix Nobel de la Paix rencontre "un dirigeant politique responsable de l'incarcération d'un autre lauréat et ne demande pas publiquement (sa) libération".
Ambigüités
Le porte-parole de la Maison blanche, Robert Gibbs, a fait savoir qu'Obama ferait part "directement de ses inquiétudes sur la question des droits de l'homme" lors de son dîner d'Etat avec le président chinois mercredi soir. Insuffisant, disent certains. "J'exhorte le président Obama à aborder les questions des droits de l'homme et de la liberté religieuse, pas seulement à huis clos mais également dans ses interventions publiques", a dit le représentant républicain Frank Wolf.
Barack Obama a reçu la semaine dernière cinq défenseurs des droits de l'homme en Chine, pour la première fois depuis son entrée en fonctions en 2009. Mais le président américain n'a jusqu'ici pas vraiment satisfait les défenseurs des droits de l'homme qui s'étaient réjouis de son élection. En 2009, il a reporté un rendez-vous prévu à la Maison Blanche avec le Dalaï Lama, le leader spirituel tibétain, pour ne pas fâcher Pékin. Il n'a pas encore appliqué certaines promesses de campagne comme la fermeture de la prison de Guantanamo, réservée aux personnes soupçonnées de terrorisme.
Pour ne rien arranger, la visite du président chinois intervient après une année marquée par de fortes tensions entre les deux puissances, les Etats-Unis mettant en particulier la Chine en cause sur sa politique monétaire. Parmi les autres sujets sensibles, la question tibétaine, les revendications maritimes de Pékin face à des alliés américains, la restriction par la Chine des exportations de minerais stratégiques, les ventes d'armes américaines à Taïwan, pourraient être mentionnés.
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