Bruce Ivins, l'auteur des lettres empoisonnées à l'anthrax qui avaient fait 5 morts en 2001 aux Etats-Unis, était un déséquilibré ayant agi pour se venger de la société et par souci de "valorisation personnelle", selon un rapport d'experts. Ce rapport, rédigé à la demande d'un juge de Washington et publié mardi, est le travail d'un groupe d'experts indépendants composés de psychiatres qui ont fouillé dans le passé de Bruce Ivins, un scientifique du gouvernement américain, pour évaluer ses "motivations et les liens éventuels entre sa santé mentale et les crimes commis". L'ambassadeur des taliban au Pakistan a affirmé qu'il n'y avait pas de lien entre l'anthrax et le régime du mollah Omar. Un plan de cessez-le-feu aurait été évoqué, lors de sa visite auprès du mollah Omar. Des consultations avec le Pakistan devraient maintenant avoir lieu. Les alertes aux lettres suspectes se multiplient. Pour la première fois, quatre cas de contamination au bacille de la maladie du charbon ont été signalés hors des Etats-Unis : il s'agit de la famille d'un homme d'affaires résidant à Nairobi. Le FBI offre un million de dollars à toute personne pouvant fournir des informations. Trente-et-un cas positifs au test de la maladie du charbon ont été signalés parmi le personnel du Sénat. Par précaution, la Chambre des Représentants restera fermée jusqu'à nouvel ordre. Le président Bush va demander le déblocage de 1,5 milliard de dollars pour lutter contre la menace du bioterrorisme.
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L'enquête décrit Bruce Ivins comme un homme cassé par une enfance difficile et par des relations chaotiques avec autrui. "Sa mère frappait et maltraitait son mari (...) et il semblerait qu'elle ait agressé le Dr Ivins quand il était petit garçon, tandis que son père l'humiliait en public", écrivent les auteurs du rapport. L'enquête de la police fédérale américaine (FBI) avait conclu que Bruce Ivins était le seul responsable de l'envoi des lettres empoisonnées au bacille du charbon (anthrax), juste après les attentats du 11-Septembre. Bruce Ivins s'était suicidé peu avant que la justice ne rende ses conclusions. L'enquête avait été critiquée, accusée de reposer essentiellement sur des preuves indirectes.
"Esprit de revanche"
Le rapport du groupe d'experts accrédite la thèse du FBI et affirme que Bruce Ivins était "guidé par un besoin désespéré de valorisation personnelle" et "un esprit de revanche" sur la société. Envoyer des lettres à l'anthrax constituait ainsi un moyen pour Bruce Ivins de mettre en avant son propre travail, assurent les experts: "En lançant ces attaques, le Dr Ivins montrait que l'anthrax était une menace et que le traitement qu'il avait aidé à mettre au point était nécessaire pour protéger la population". Le rapport souligne également qu'une série de manquements ont permis à Bruce Ivins d'être engagé dans un laboratoire militaire, où il avait accès à l'anthrax, malgré la présence de nombreux signaux d'alerte sur ses troubles de comportements.
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