Pour l'heure, des photos de débris repérés (notamment les 2 moteurs, une partie de la voilure et les trains d'atterrissage) par un robot sous-marin lors de la 4e phase de recherches en mer depuis l'accident samedi soir, vers minuit heure de Paris, par 3.900 mètres de fond, ont été montrées lundi lors d'une conférence de presse du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA). Cet organisme de l'aéronautique civile enquêtant sur l'accident n'a en revanche pas montré de clichés des corps. "Près de deux ans après l'accident, un espoir arrive pour essayer de la comprendre", a dit Jean-Paul Troadec, directeur du BEA, rappelant toutefois que pour l'heure les boîtes noires n'ont pas été repérées.
Le repêchage des corps, un problème "épineux"
"Trouver, c'est une forme de choc, un moment très important pour tous, pour le deuil, pour la recherche de la vérité, pour la recherche d'une sécurité toujours meilleure dans le domaine aéronautique", a commenté Nathalie Kosciusko-Morizet. On voit notamment sur les photos des moteurs et le train d'atterrissage, des morceaux de voilure et de carlingue posés sur un fond marin plat, une "plaine abyssale" située au nord de la dernière position connue du vol.
Les autorités restent discrètes sur les corps. "Ces corps seront remontés et seront identifiés", a seulement dit la ministre. Cela pose un problème "épineux", a de son côté estimé l'association française Entraide et Solidarité AF447. "Il y a un aspect traumatisant. Cela pose des problèmes d'identification. On ne sait pas dans quel état ils sont", a déclaré à l'AFP Robert Soulas, vice-président de l'association des familles de victimes. "Cela risque de susciter un débat entre les familles qui voudront laisser les corps au fond de l'Atlantique et celles qui voudront les remonter à la surface", a-t-il ajouté, alors que seule une cinquantaine de corps avait été repêchée quelques jours après l'accident. L'Association brésilienne des victimes de l'Airbus A330 d'Air France a quant à elle déclaré qu'il était "très encourageant" d'avoir retrouvé des corps. "Nous allons enfin pouvoir les enterrer."
Un problème des sondes de mesure de vitesse de type Pitot, fabriquées par Thales, qui équipaient les A330 et A340, a été avancé comme une cause possible du crash. Ces petits tubes placés à l'avant de l'appareil givraient à haute altitude. Le BEA pense cependant que cette défaillance, si elle est confirmée, ne suffit pas à expliquer l'accident. La réponse au mystère de cette catastrophe comporte des enjeux judiciaires et industriels. Le constructeur Airbus et la compagnie Air France ont été mis en examen mi-mars pour "homicides involontaires" par un juge d'instruction de Paris.








