Barack Obama à Hyattsville, dans le Maryland, le 2 avril 2011 © Abacapress.com
François Durpaire est chercheur associé au Centre de Recherches d'Histoire Nord-Américaine de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l'auteur de plusieurs livres sur les Etats-Unis, dont L'Amérique de Barack Obama (Editions Michalon, 2007) et Obama face à la crise (Editions Demopolis, 2009).
Obama utilise l'état de l'Union pour esquisser son programme
Le président américain a prononcé mardi soir devant le Congrès le traditionnel discours annuel sur l'état de l'Union. Il a notamment annoncé des réformes fiscales visant les plus riches, une manière à peine voilée de critiquer les candidats républicains à l'investiture, et notamment Mitt Romney.
Publié le 25/01/2012
Aux Etats-Unis, ça débat aussi avant les primaires
Alors que la bataille pour l'investiture républicaine ne commencera dans les urnes qu'en janvier, les prétendants déclarés affinent leurs arguments à la télévision. Après les 7 et 12 septembre, leur prochaine confrontation est programmée dès la semaine prochaine.
Publié le 14/09/2011
Primaires : à sept contre Obama, pour l'instant...
Sept mois avant le début effectif de la course à la Maison-Blanche, sept prétendants républicains ont participé lundi soir au premier débat télévisé en vue de l'investiture du parti de l'éléphant. Le vainqueur sera opposé à Barack Obama, dispensé de primaires chez les démocrates.
Publié le 14/06/2011
2012 : voici l'homme qui devance Obama
Selon une enquête Washington Post-ABC, le président américain serait battu, pour la première fois, à la présidentielle si Mitt Romney était le candidat républicain. Il s'imposerait en revanche devant tous les autres représentants du parti de l'éléphant.
Publié le 08/06/2011
2012 : Obama candidat
Un an et demi avant l'échéance de novembre 2012, le président américain a confirmé ce lundi qu'il était bien candidat à sa propre succession à la Maison-Blanche. Ce 4 avril est un jour symbolique aux Etats-Unis : il s'agit de l'anniversaire de la mort de Martin Luther King, assassiné en 1968.
Publié le 04/04/2011
Obama dans les starting blocks ?
Selon des sources bien informées, le président américain va lancer au début de la semaine prochaine sa campagne de réélection 2012, via un message électronique à ses militants.
Publié le 03/04/2011
Obama candidat en 2012 : la vidéo
Découvrez la vidéo (sous titrée en français) diffusée par le président américain lundi 4 avril 2011 pour annoncer sa candidature à sa propre succession en novembre 2012. Lui-même n'y apparaît pas.
Publié le 05/04/2011
Obama candidat en 2012 : la première vidéo
Découvrez la vidéo diffusée par le président américain lundi 4 avril 2011 pour annoncer sa candidature à sa propre succession en novembre 2012. Lui-même n'y apparaît pas.
Publié le 04/04/2011
Obama 2012, le site de campagne déjà au point
Mise en ligne d'une vidéo, possibilités de faire des dons en ligne, achats de t-shirts ou de casquettes : à peine candidat à sa succession, le président américain possède déjà son attirail de guerre de communication politique.
Publié le 04/04/2011
TF1 News : Barack Obama se déclare candidat à sa propre succession un an et demi avant l'élection. Cela semble très tôt.
François Durpaire : Tout à fait. C'est même inédit. En règle générale, un président sortant, s'il est candidat à sa succession, comme c'est la tradition (seul Lyndon Johnson a passé son tour depuis 50 ans), se lance dans la course au maximum un an à l'avance.
Il faut cependant noter qu'il ne s'est pas vraiment lancé 18 mois avant l'échéance, mais plutôt quatre ans. Il avait en effet quasi-annoncé cette candidature lors de sa première conférence de presse après sa victoire. Il avait alors déclaré : "j'inscris ma politique dans les huit ans", en expliquant qu'étant donné la crise économique et sociale, il aurait besoin de deux mandats pour appliquer tout son programme. Aucun nouveau président ne l'avait exprimé aussi clairement auparavant.
TF1 News : Pourquoi ce départ en campagne a-t-il été aussi anticipé ?
F.D. : Tout d'abord, pour des raisons financières. Ces derniers temps, ses conseillers ont prévu qu'il s'agira d'une élection à un milliard de dollars, contre 750 millions en 2008 ! Ils estiment en effet que les républicains vont réussir à lever beaucoup plus de fonds qu'il y a quatre ans. Barack Obama va donc devoir mobiliser pour rivaliser. Cela nécessite beaucoup de temps. Plus il part tôt, plus il récoltera d'argent.
- Obama 2012, le site de campagne déjà au point - 01 min 23 s
Ensuite, pour des raisons purement politiques. Il s'agit là de mettre la pression sur les républicains. Malgré leur victoire aux élections législatives de mi-mandat, ils étaient divisés en raison de l'apparition de la mouvance du Tea Party. Obama veut utiliser cet avantage en les forçant à faire campagne pour la présidentielle en ordre dispersé.
D'un côté, il y a désormais un parti démocrate en ordre de marche, qui soutient un président dont la popularité n'est en fait pas si mauvaise que l'on veut bien le dire, et qui, de fait, court en tête. De l'autre, les républicains vont être obligés de se découvrir alors que le Tea Party, et les problèmes qu'il crée à l'intérieur même du parti, est encore fort.
| "Un double message indirect pour l'électorat noir et les jeunes" |
TF1 News : Cette tactique ne ressemble pas trop à Obama, qui avait justement bâti sa campagne de 2008 sur l'abandon des vieilles querelles.
F.D. : Entre-temps, il a perdu les élections législatives de mi-mandat. Il prévient ainsi que désormais, lorsqu'on lui mordra la main, il rendra coup pour coup à l'opposition. En agissant ainsi, Obama se transforme en quelque sorte en Machiavel politique qui ne va plus de faire de "policy", c'est-à-dire de la grande politique (réforme de la Santé...), mais de la "politics", c'est-à-dire de la politique politicienne. Et d'ailleurs ça marche : aujourd'hui, tous les journalistes s'interrogent sur les raisons de cette déclaration précoce, au lieu de commenter, par exemple, ses mesures pour l'emploi, comme ils le faisaient auparavant.
TF1 News : La date choisie pour annoncer cette candidature est très symbolique. Nous sommes le 4 avril, date anniversaire de l'assassinat de Martin Luther King, tué en 1968.
F.D. : Oui. Il s'agit là d'un message indirect envoyé à la communauté noire. Il leur dit ainsi : "je reste votre candidat".
TF1 News : La forme est aussi intéressante : c'est une déclaration via Internet et toutes ses déclinaisons (site de campagne, compte twitter, page Facebook...).
F.D. : Sur ce point, le message indirect est également très clair. Après la population noire avec Martin Luther King, il vise l'autre grande partie de son électorat : les jeunes, gros consommateurs des nouvelles technologies.
| "Impossible de pronostiquer le candidat républicain" |
TF1 News : Quels pourraient être ses adversaires ?
F.D. : Pour ce qui concerne son propre camp, l'affaire est réglée : lorsque le président sortant est candidat, la tradition veut que personne ne se présente contre lui -institutionnellement c'est bien sûr possible. Sans passer par la case "primaires", il sera donc désigné candidat démocrate lors de la convention du parti.
TF1 News : Et côté républicain ?
F.D. : Impossible à dire. Il ne s'agit pas d'une réponse pour se défausser et éviter de faire des pronostics. Mais, autant, en France, on peut déjà estimer qui sera en compétition dans chaque camp pour 2017, autant cela n'a aucun sens avec les Etats-Unis, même un an avant. Les favoris du début n'y sont jamais les gagnants de la fin de la campagne. Les Américains ne s'identifient pas aux personnes qu'ils connaissent déjà et qui ont déjà une certaine aura médiatique. On l'a encore vu en 2008 avec les primaires démocrates où la grande favorite, Hillary Clinton, a été battu par un sénateur quasi-inconnu quelques mois avant. Il s'agissait d'un certain... Barack Obama.
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Obama utilise l'état de l'Union pour esquisser son programme
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