L'annonce par Globo News de la fusillade dans une école de Rio (07/04/2011) © Globo News
C'est une tragédie sans précédent au Brésil. Un ancien élève a ouvert le feu jeudi dans une école publique de la zone ouest de Rio, tuant au moins dix écoliers, surtout des filles, et blessant 18 personnes, certaines grièvement. C'est le dernier bilan communiqué par le secrétaire à la Santé de l'Etat de Rio de Janeiro, Sergio Cortes, à l'agence officielle Brasil, un chiffre revu à la baisse par rapport au dernier communiqué des pompiers, qui faisait état de 13 morts.
La plupart des 18 blessés ont été transportés à l'hôpital le plus proche, Albert Schweitzer, dans le quartier de Realengo où se trouve aussi cette école primaire, "Tasso da Silveira", qui accueille des jeunes de de 9 à 14 ans. L'hôpital a lancé un appel en fin de matinée pour que la population fasse des dons de sang. La police a bouclé la zone pour contenir la foule venue en nombre après la tragédie survenue à l'ouverture des classes (08h00 heure locale, 11h00 GMT). De nombreuses mères d'élèves ont fait des crises de nerfs ou étaient en pleurs.
Pas d'antécédents criminels
Après la fusillade, le tireur a retourné l'arme contre lui. Agé de 24 ans, Wellington Menezes de Oliveira n'avait pas d'antécédents criminels. "Un agent qui est arrivé à l'école a réussi à le blesser (le tireur) dans un échange de coups de feu, mais l'homme s'est donné la mort en se tirant une balle dans la tête", a déclaré le commandant du 14e bataillon de Bangu, le colonel Djalma Beltrame. "Si les policiers n'étaient pas arrivés si vite, la tragédie aurait été encore plus grave, car l'homme avait beaucoup de munitions et portait deux armes."
L'alerte a été donnée par un élève, blessé au visage par le tueur, mais qui a réussi à prendre la fuite en profitant de la panique. La famille du tueur a déclaré à la télévision que Wellington était leur fils adoptif et avait quitté la maison il y a huit mois. Il a laissé une lettre, avec des phrases incompréhensibles, dans laquelle il disait qu'il avait le sida et voulait se suicider, a fait savoir le colonel Beltrame. "Des employés de l'école ont déclaré aux policiers que le jeune était arrivé bien habillé, avec un sac, et qu'il leur avait dit qu'il avait été appelé pour participer à une conférence avec les élèves. C'est ainsi qu'il a pu accéder au troisième étage de l'immeuble", où a eu lieu la fusillade, a raconté le colonel Bezerra.
Eluzia, mère de famille qui habite près de l'école, a raconté à l'AFP que son fils de 10 ans avait échappé à l'attaque. "Il a regardé par la fenêtre quand il a entendu les tirs, et même s'il n'a rien vu (du massacre), il a commencé à courir vers la porte et Dieu merci, il va bien (...) J'ai vu beaucoup d'autres gens courir, blessés par balle, c'était horrible", a-t-elle témoigné, en larmes.
Les larmes de Dilma Rousseff
En Amérique latine, seule l'Argentine avait connu un drame similaire, le 28 septembre 2004. Un élève de 15 ans avait tué trois de ses camarades de classe et en avait blessé cinq autres avec une arme de guerre dans la ville de Carmen de Patagones (30.000 habitants), à 920 km au sud de Buenos Aires. La présidente brésilienne Dilma Rousseff s'est déclarée "choquée et consternée". Dans une brève allocution télévisée, elle a déploré que "des enfants innocents aient perdu leur vie et leur avenir", sans réussir à contenir ses larmes.
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