Thuram est retourné en Haïti : "les choses avancent"

Par , le 22 juin 2011 à 05h45 , mis à jour le 22 juin 2011 à 10h46

Dossier : Séisme en Haïti

Après un premier voyage en octobre dernier, l'ambassadeur de l'Unicef-France s'est rendu une nouvelle fois dans le pays au début du mois. L'agence des Nations unies a notamment reconstruit 200 écoles depuis le séisme de janvier 2010.

Lilian Thuram avec un élève haïtien, juin 2011Lilian Thuram avec un élève haïtien, juin 2011 © UNICEF

 
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En octobre dernier, Lilian Thuram, alors tout juste nouvel ambassadeur de bonne volonté de l'Unicef (Fond des Nations unies pour l'enfance),  s'était rendu en Haïti pour découvrir sur place les missions de l'agence de l'Onu en matière d'éducation. 

Huit mois plus tard, l'ancien footballeur est retourné sur place une semaine début juin pour vérifier les progrès accomplis et les points qui restent à améliorer. "Ce voyage était important pour moi afin de voir à quoi servent concrètement nos actions pour les enfants", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Paris.

A son arrivée dans le pays, Lilian Thuram admet avoir tout d'abord ressenti un sentiment mitigé. "Dès l'aéroport de Port-au-Prince, on a l'impression qu'il n'y a pas eu beaucoup d'amélioration générale", souligne-t-il. Il est vrai qu'à peine 20% des huit millions de mètres cubes de gravats, les séquelles les plus visibles du séisme de janvier 2010, ont été déblayés. "Et puis, nous sommes arrivés à l'école Saint-Gérard (ndlr : l'une des écoles construites par l'Unicef). Elle semble être une oasis. Et là,  on se dit : 'heureusement que quelqu'un essaye de reconstruire les écoles".

"Des enfants heureux d'être à l'école"

Tout au long de son séjour, Lilian Thuram s'est ensuite rendu dans plusieurs établissements, un peu partout dans le pays et notamment à Léogâne, l'épicentre de la catastrophe.  Comme en octobre dernier, il y a découvert une nouvelle fois des enfants friands de pouvoir apprendre, quelles que soient les conditions.  

Lilian Thuram avec des enfants haïtiens, juin 2011
 © UNICEF

"Nous sommes par exemple passés dans une école au lendemain de pluies torrentielles. Les enfants avaient les pieds dans la boue. Mais ils étaient heureux d'être là.  Ils ont compris la chance qu'ils ont d'aller à l'école", relève le champion du monde 1998.  "Quand je demandais à des élèves pourquoi l'éducation est importante, ils me répondaient : 'pour changer mon pays'. Les enfants se projettent dans l'avenir et savent que l'éducation est la clé pour s'en sortir. Et surtout, les parents ont la volonté de les envoyer à l'école", ajoute-t-il.

"Le changement doit passer par les Haïtiens"

Evidemment, les élections et le changement dans les administrations ont un peu compliqué la tâche de l'Unicef, qui travaille en partenariat avec les pouvoirs publics. Jusqu'à présent, l'agence onusienne est à l'origine de la construction de 200 écoles environ (175.000 dollars chacune, soit 120.000 euros), tandis qu'une centaine supplémentaires sont attendues d'ici à la fin de l'année dans les zones rurales. Ces structures en dur, aux normes antisismiques et anticycloniques, permettent d'étudier dans des conditions sereines et sûres. "Nous essayons aussi d'amener  dans le système des enfants qui n'étaient pas forcément scolarisés avant le tremblement de terre", explique Nathalie Hamoudi, la responsable des programmes "Education" de l'Unicef sur l'île.

"Depuis le début 2011, on note une réelle amélioration pour les enfants dans le pays en matière d'éducation, comme de santé ou de protection d'ailleurs. Mais le gouvernement doit désormais prendre la direction des opérations", remarque Nathalie Hamoudi. Pour l'instant, le secteur strictement public  ne représente en effet que 20% de l'ensemble du secteur primaire, contre 80% au "non-public" (qui  regroupe à la fois le privé, les écoles religieuses ou communautaires).  "On espère que Michel Martelly (ndlr : le nouveau président) va accélérer les choses", indique Nathalie Hamoudi. "Le changement doit avant tout passer par les Haïtiens", conclut Lilian Thuram.

Le Premier ministre rejeté par le Parlement

Le Parlement haïtien a rejeté mardi la nomination du Premier ministre Daniel-Gérard Rouzier. Il inflige ainsi un camouflet politique au président Michel Martelly, qui avait désigné cet homme d'affaires après son arrivée au pouvoir le mois dernier.

Lors des débats,  les députés se sont inquiétés du fait que Daniel-Gérard Rouzier, fondateur de la compagnie  électricité E-Power, était un entrepreneur et ont souligné le risque d'un éventuel conflit d'intérêts. E-Power est notamment sous contrat avec l'Etat haïtien.

Par Fabrice Aubert le 22 juin 2011 à 05:45
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