Argentine : raz-de-marée électoral pour Cristina Kirchner

le 24 octobre 2011 à 07h52 , mis à jour le 24 octobre 2011 à 10h22

La présidente sortante Cristina Kirchner a été confortablement réélue dimanche en Argentine, portée par les succès de sa politique économique et son caractère bien trempé.

[Expiré] La présidente argentine Cristina Kirchner faisant le "V" de la victoire après sa réélection triomphale (23/10/2011) © AFP / A. Pagni

La présidente argentine Cristina Kirchner, élue dimanche dès le premier tour pour un nouveau mandat de quatre ans, dans un véritable raz-de-marée électoral, s'est déclarée "impressionnée" par son résultat et "reconnaissante". Et de lancer : "Si j'avais parlé de ces chiffres-là il y a à peine deux ans, on nous aurait traité de fous !". Elle a obtenu 53,08 % des voix contre 17,11 % des voix à son principal rival, le socialiste Hermes Binner, et 12,48 % au radical Ricardo Alonsin, selon les résultats officiels, alors que 41,60 % des urnes étaient déjà dépouillées. Son rival malheureux a reconnu sa défaite en félicitant "Mme la présidente". Toutefois, il a fait valoir que sa formation était désormais la deuxième du pays, en soulignant qu'un socialiste venait de dépasser un radical, du jamais vu en Argentine. Cristina Kirchner a, elle, appelé ses militants à se montrer généreux. "Dans la victoire, il faut toujours se montrer plus grand encore", a-t-elle dit, alors que certains huaient les noms de ses rivaux. Il est vrai qu'aucun dirigeant argentin n'a atteint un tel score depuis Juan Domingo Peron, vainqueur en 1973 avec 62% des suffrages.

  • Qui sont les femmes au pouvoir dans le monde ?

    INFOGRAPHIE - Dix-sept femmes sont aujourd'hui au pouvoir dans le monde, comme présidente ou chef de gouvernement. Découvrez qui sont ces femmes avec notre visuel animé.

    Publié le 08/08/2011 Qui sont les femmes au pouvoir dans le monde ?
Plus d'infos

A 58 ans, la présidente sortante a réussi un retour impressionnant après avoir vu sa cote de popularité dégringoler au début de son premier mandat. Elle sort renforcée de ce scrutin pour poursuivre sa politique économique interventionniste, qui plaît à une majorité de la population mais mécontente les investisseurs. Elle a notamment conquis ses concitoyens avec une politique généreuse de redistribution sociale, notamment pour les retraités et en matière de prestations familiales. S'exprimant brièvement devant les journalistes au moment de son vote dans la province de Santa Cruz, elle a défendu sa politique économique en période de crise mondiale : "Quand on voit ce qui se passe dans le monde, on peut être fier de l'Argentine."

La recette du "Kirchnérisme"

Un spectaculaire revirement alors que, quelques mois après avoir pris les rênes de la troisième économie d'Amérique latine en décembre 2007, Cristina Kirchner avait dû affronter la colère des agriculteurs, dans un bras de fer concernant la hausse des taxes sur les exportations de soja qui avait fait dégringoler sa popularité à 20%. Beaucoup pensaient alors que les jours du "Kirchnérisme", dernier avatar du péronisme, étaient comptés. D'autant qu'une sévère défaite lors des élections de mi-mandat lui avait fait perdre le contrôle du congrès. A la mort de son époux, en octobre 2010, des rumeurs disaient même Cristina Kirchner sur le point de quitter la vie politique. Nestor Kirchner, son prédécesseur à la Casa Rosa, la résidence de la présidence argentine, était son principal conseiller politique et, pour beaucoup, le vrai leader du pays. Mais c'était mal connaître le solide tempérament de cette avocate originaire de Patagonie, la province la plus méridionale du pays. La popularité de la "viuda" (la veuve) a rebondi après les funérailles nationales de son mari, qui ont bouleversé le pays.

Cristina Kirchner, qui porte toujours le deuil, impressionne par sa stature et son courage. Il faut également rechercher les raisons de son soutien populaire élevé du côté de l'économie - la croissance atteindra 8% cette année, le chômage est à son plus bas niveau depuis vingt ans, la confiance des ménages à un plus haut historique - et des divisions de l'opposition. Cristina Kirchner applique une politique interventionniste - contrôle des prix, quotas agricoles, financement de la dette par une partie des réserves de la banque centrale - qui lui vaut l'animosité de Wall Street. Mais cette présence de l'Etat dans la vie économique rassure une partie des Argentins, encore traumatisés par la "banqueroute" du pays dans les années 2001-2002, après des années de libéralisme forcené comme lors de la présidence de Carlos Menem. Les principales critiques de ses détracteurs visent sa façon de gouverner et la forte inflation, qui atteindrait plus de 25% selon certains économistes. Une chute des cours du soja, "l'or vert" de l'Argentine, ou un ralentissement de la croissance du Brésil pourraient également mettre en péril les fondements du "kirchnérisme".

le 24 octobre 2011 à 07:52
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

7 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • ilesmarquises, le 24/10/2011 à 15h43

    @looky92.... Faut pas vous sentir visé !... Mais quand on lit tous les commentaires concernant les femmes politiques (de Morano à Royal en passant par Dati...), ou quand on voit les faits divers récurrents d'hommes qui massacrent femmes et enfants, voire une joggeuse ou promeneuse, force est de constater le machisme ambiant !

  • le bearnais, le 24/10/2011 à 13h49

    Comme quoi une politique autre que l utra liberalisme et dereglemention est possible mr sarkosy , et cette droite si donneuses de lecons sur la gauche . vous vous en europe la majeure partis des gauches font des politiques de droite ( ESPAGNE , PORTUGAL , GRECE ) et il faut voir les resultats sue ca a donne , le meme que celui de la france LA RUINE POUR CES 4 PAYS , et argentine une femme de droite fait une politique de gauche avec que de tres bons bons resultats sa va enfin pouvoir vous remettre en questions les speculateurs sur le redistribution sociale , du partage des richesses etc ect qui sont les demagogues vous avez une preuve flagrante que la politique de satkosy decriee par la gauche francaise n etait pas la bonne comme en grece en espagne au portugal sarkosy s en n est assez vantait que ces pays faisaient la meme politique que lui et critique la gauche francaise de son manque de vision mais vu les resultats de ces 4 pays , la gauche francaise avait mille fois raison

  • le juste, le 24/10/2011 à 13h31

    Elle a fait une politique sociale quand ditent vous les droitistes

  • looky92, le 24/10/2011 à 13h02

    Arreter de mettre tous les hommes dans le même sac @ilesmarquises, merci.

  • ilesmarquises, le 24/10/2011 à 12h37

    Bibi32000, peut-être que 50% des électeurs sont des femmes, mais certaines se sont tellement laissées conditionnées qu'elles ne sont pas non plus prêtes à mettre une femme au gouvernement. C'est dû à la culture machiste ambiante en France.

  • bibi32000, le 24/10/2011 à 09h50

    Ce serait peut-être possible avec des candidates de cette trempe... Perso, je suis un mâle et je voterai pour elle. Et puis 50% des électeurs au moins sont des femmes...

  • ilesmarquises, le 24/10/2011 à 09h20

    C'est pas demain que l'on aura une femme présidente en France (quel que soit son parti). Les Français mâles sont beaucoup trop machos et pas assez mûrs intellectuellement pour çà...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience