Des centaines de policiers sont en grève dans la troisième ville touristique du Brésil : Salvador. Le 8/2/2011 © Christophe Simon/AFPDes bars fermés, des voyages annulés, des pillages et plus d'une centaine de morts, soit le double de la moyenne habituelle... A 15 jours du plus grand carnaval brésilien, qui débute officiellement le 18 février, la grève des policiers entraîne le chaos dans la ville brésilienne de Salvador et met à mal les autorités. Le gouvernement de Bahia, pressé de rétablir l'ordre dans la cité brésilienne, a échoué dans sa tentative de trouver un accord avec les centaines de policiers en grève, qui occupent depuis une semaine le Parlement local.
La grève des policiers militaires, chargés du maintien de l'ordre au Brésil, a provoqué une vague d'attaques et de pillages qui a fait au moins cent morts en sept jours, selon les autorités, dans la troisième ville du pays. Face à ces violences, l'ambassade des Etats-Unis au Brésil a recommandé lundi aux Américains de repousser leurs voyages à Salvador. Le visage de la cité coloniale au cœur de la culture afro-brésilienne a changé ces derniers jours. Tous les touristes, dans les hôtels du quartier historique du Pelourinho, sont avertis des risques de violences, les bars et les restaurants ferment plus tôt, le bord de mer, un lieu de fête et de musique en été, est silencieux et les rues sont quasi-désertes à la tombée de la nuit. Les concerts et les répétitions du carnaval ont été annulés et la rentrée des classes, qui devait avoir lieu mardi après les vacances d'été, a été reportée. "On nous a dit de faire très attention et de nous promener là où il y avait la police. C'est ce que nous avons fait et nous sommes restés dans le centre historique où la police patrouille", raconte Pierre, un touriste français de 23 ans.
Après Salvador, Rio ?
Selon les autorités, un tiers des 31.000 policiers de l'Etat se sont mis en grève. Ils réclament une augmentation de salaire et l'amnistie pour douze leaders contre lequels la justice a émis un mandat d'arrêt. Mardi matin, le gouverneur était confiant dans une "sortie négociée" du conflit avec les policiers rebelles. Mais les négociations n'ont pas abouti, après plus de sept heures de discussion. Le gouverneur de cet Etat, Jaques Wagner, a attribué l'échec de la négociation à la division des grévistes. "L'impasse vient d'un groupe absolument minoritaire, d'après les colonels et les (autres) officiers, qui en réalité veut étendre la grève à d'autres Etats", a-t-il expliqué à la chaîne de télévision Globo News. Pour le député d'opposition Ivan Valente, qui s'est entretenu avec les policiers mutins, la principale pierre d'achoppement est la question de l'amnistie des 12 leaders du mouvement. Une possibilité exclue par le gouvernement de Bahia.
"La négociation a pris fin sans accord. la grève continue", a déclaré dans un haut-parleur le policier Alexandre Leite aux manifestants qui campent dans les jardins du parlement. Le gouverneur de Bahia s'est dit prêt à concéder une hausse progressive de 17% des salaires des policiers dont les mieux payés gagnent environ 1.200 dollars par mois.
Pour rétablir l'ordre, 3.500 soldats et policiers d'élite ont été déployés dans la ville. Un millier d'entre eux ont été mobilisés pour mettre en place un siège hermétique du Parlement local où environ 200 policiers armés sont retranchés avec une centaine de leurs proches. Un appel à la grève à Rio a été lancé pour vendredi, selon les policiers.
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