Tout a commencé à Wall Street, avec quelques centaines de manifestants. C'était le 17 septembre dernier. Depuis, le mouvement n'a fait que croître, malgré les arrestations. A New York même, il prend de l'ampleur, et il fait des émules dans d'autres grandes villes américaines. Ses cibles désignées : les dérives du système financier américain, vues comme à l'origine de la crise, et, plus largement, les inégalités économiques. Ce qui n'était à l'origine qu'un mouvement marginal se transforme ainsi peu à peu en phénomène de société, au point d'avoir trouvé des échos au sommet même de l'Etat.
Barack Obama et le vice-président Joe Biden affirment avoir compris la frustration et la colère qui animent une partie de la population des Etats-Unis. "Ces manifestants expriment une suspicion plus largement partagée envers la manière dont fonctionne notre système financier", a déclaré le président américain. Et selon le vice-président Joe Biden, "les Américains ne pensent pas que le système est juste".
"Nous sommes les 99%"
Depuis le rassemblement initial de Wall Street mi-septembre, des rassemblements ont eu lieu à Tampa, Trenton, Jersey city, Philadelphie, Norfolk, Chicago, Saint Louis, Houston, San Antonio, Austin, Nashville, Portland, Seattle et Los Angeles. Lors de la dernière manifestation de New York, mercredi, des syndicats, fait nouveau, ont rallié les rangs du cortège, ce qui laisse à penser que le mouvement pourrait encore prendre de l'ampleur. Près de 5000 personnes ont ainsi arpenté les rues de la Grosse Pomme, ce qui a fait de ce défilé le plus important depuis le début du mouvement.
"Ce n'est que le début", prédit John Preston à Philadelphie, cadre dans une société de transport. "Les camionneurs vont apporter leur soutien de ville en ville". A Philadelphie, un millier de personnes ont arboré des pancartes où l'on pouvait lire sur l'une d'entre elles : "je ne pensais pas que 'par le peuple, pour le peuple' représentait 1%" (sous-entendu : 1% de la population). Une référence implicite aux traders et représentants d'un système financier désigné comme responsable des maux qui frappent l'économie américaine. Et ce slogan faisait écho au cri de ralliement des protestataires new-yorkais la semaine dernière, qui avait fait route à travers le quartier de Wall Street vers un centre de la police pour protester contre plusieurs centaines d'arrestations, au cri de : "Nous sommes les 99%".
A Los Angeles, une centaine de protestataires se sont réunis devant la Bank of America dans le centre ville, tandis que d'autres ont tenté de monter une tente. Onze personnes ont été arrêtées après avoir refusé de la démonter.







